Un personnage virtuel créé par IA pour diffuser une annonce du ministère des Finances. Capture d’écran de la vidéo publiée par le ministère des Finances sur X le 14 septembre
La délégation du Fonds monétaire international (FMI), menée par le chef de mission Ernesto Ramirez Rigo, a entamé mardi 15 septembre une visite de quatre jours à Beyrouth consacrée au suivi des réformes. Le ministre des Finances Yassine Jaber a annoncé qu’il se rendrait à Washington avant la fin du mois avec le Premier ministre Nawaf Salam pour rencontrer les dirigeants du FMI et de la Banque mondiale.
Une fois n’est pas coutume, le ministère des Finances a largement communiqué en amont de la visite, notamment sur les réseaux sociaux. Il y a publié le programme de la mission – sans les traditionnelles étapes à Baabda et à Aïn el-Tiné –, ainsi qu’une vidéo pédagogique réalisée avec l’intelligence artificielle sur les enjeux des discussions. « L’une des principales priorités est la réforme bancaire, afin de reconstruire un secteur bancaire solide qui puisse rétablir la confiance, contribuer à la restitution des droits des déposants et favoriser la sortie du Liban de la liste grise du GAFI », dit notamment l’employée virtuelle.
Pas d’« impasse » des discussions
Arrivée au Liban la veille, la délégation, composée notamment du nouveau représentant du FMI au Liban, Yahia Saïd, a commencé sa visite par des réunions techniques au ministère des Finances et avec la Banque du Liban (BDL), dont l’une sur le cadre budgétaire pluriannuel (Medium Term Fiscal Framework, MTFF), qui fixe les grandes orientations des finances publiques à moyen terme et est intégré à l’avant-projet de loi de finances pour 2027.
À l’issue des réunions du matin, M. Jaber a déclaré que le vote des amendements à la loi de résolution bancaire en août dernier avait envoyé « un message important au monde et à tous les amis du Liban : (le pays) avance sur la voie de la véritable réforme, notamment celle du secteur bancaire », en crise depuis fin 2019. Assurant que les discussions avec le FMI « n’étaient pas dans l’impasse », il a indiqué qu’il accompagnerait le Premier ministre Nawaf Salam « et peut-être d’autres ministres » à Washington avant la fin du mois pour rencontrer les dirigeants du FMI et de la Banque mondiale et mobiliser un soutien international accru. Cette visite interviendra à quelques semaines des assemblées annuelles des deux institutions, du 12 au 18 octobre à Washington, où le Liban devrait également envoyer une délégation.
À 14h, la mission s’est réunie avec des responsables de la Banque du Liban (BDL) pour discuter des réformes et des progrès nécessaires pour un accord avec le Fonds. La loi sur le secret bancaire, adoptée en avril 2025, figure parmi les textes jugés satisfaisants, mais le projet de loi sur la stabilité financière et la restitution des dépôts (communément appelée « loi sur le trou financier ») reste en chantier. « Le Liban est le seul pays où sept années se sont écoulées depuis le début d’une crise bancaire à laquelle nous n’avons toujours pas trouvé de solution », a déclaré Yassine Jaber, rappelant qu’il n’était pas possible de restituer tous les dépôts en une seule fois. Les pistes envisagées comprennent un échelonnement des remboursements et la conversion d’une partie des dépôts en actions (« bail-in »). Mercredi et jeudi, les discussions porteront notamment sur les finances publiques, le budget 2027, la reconstruction, les dépenses sociales et la réforme de l’électricité. Elles s’achèveront vendredi par une réunion sur la dette et le financement.
Ces discussions interviennent à un moment crucial : outre les réunions d’automne à Washington, le Liban devra ensuite affronter, fin octobre à Paris, l’évaluation du Groupe d’action financière (GAFI), qui l’a placé sur sa liste grise en octobre 2024. Il devra démontrer les progrès accomplis dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, notamment dans des dossiers comme celui d’el-Qard el-Hassan.
