Des bénévoles et des secouristes transportant un corps extrait des décombres d'un immeuble endommagé par des frappes israéliennes s'étant effondré dans le quartier de Tal al-Hawa, à Gaza-ville, le 16 septembre 2026. Photo Omar al-Qattaa/AFP
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé mercredi que l'armée était prête à « terminer le travail » à Gaza pour ensuite vider le territoire palestinien de ses deux millions d'habitants,
Le ministre, habitué de ce genre de déclarations, répondait à un adversaire politique, en pleine campagne électorale pour les législatives de fin octobre en Israël. Ce dernier avait moqué les autorités qui avaient annoncé la veille avoir tué un commandant de brigade du Hamas palestinien à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. « Trois ans de guerre, cinq divisions qui se sont battues à Gaza, et il y a encore un commandant et une brigade (du Hamas) à Rafah ? » avait fait mine de s'interroger Ofer Winter, candidat d'une nouvelle formation de droite.
Israël a « vidé 70 % de Gaza »
Israël a déjà « vidé de leurs habitants Rafah, et 70% de Gaza », depuis le début de l'offensive génocidaire d'Israël contre l'enclave assiégée, a alors rétorqué Israel Katz en retour. Le ministre a affirmé que l'accord de « cessez-le-feu » annoncé en octobre 2025 à Gaza sous égide américaine avait une « valeur précieuse pour tous les Israéliens », car il avait permis le retour des derniers otages détenus à Gaza et marqué « l'engagement » de Washington à désarmer le Hamas.
Mais « nous avons tous compris que cela n'allait pas arriver, et l'armée est prête, quand l'ordre viendra, à éliminer le Hamas, à finir le travail, pour qu'on puisse aussi mettre en œuvre le plan de migration », a déclaré Israël Katz dans un communiqué. Il avait déjà dit plus tôt dans le mois qu'Israël était prêt à vider Gaza de sa population mais que les autorités attendaient un feu vert des États-Unis - qui selon lui cherchaient d'abord à déterminer où envoyer les deux millions de Gazaouis.
L’ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee a démenti tout projet visant à « déplacer des personnes hors de Gaza contre leur volonté ». Israel Katz avait décrit ce plan comme volontaire, affirmant que la plupart des Palestiniens « voulaient partir », sans en apporter de preuves.
La quasi-totalité de la population de Gaza a été déplacée à l'intérieur du territoire, ravagé par plus de deux années de guerre dévastatrice ayant fait au moins 73 789 morts et 174 798 blessés depuis le 7 octobre 2023.
En dépit du « cessez-le-feu » annoncé le 11 octobre 2025, les frappes et les tirs israéliens se sont poursuivis quotidiennement dans l'enclave, dont près de 70 % du territoire est occupé par l'armée israélienne. Selon le dernier bilan officiel du ministère de la Santé, au moins 1 375 Palestiniens ont été tués et 4 686 autres ont été blessés par le feu israélien depuis l'entrée en vigueur du « cessez-le-feu ».
Les assassinats de cadres du Hamas se sont également poursuivis durant cette période, alors que le Hamas a cessé ses tirs de roquettes vers le territoire israélien et annoncé cet été la dissolution de son gouvernement et de ses administrations à Gaza, avant de s'engager à respecter un plan américain prévoyant son désarmement.
La deuxième étape du « plan de paix » parrainé par Donald Trump lie le désarmement du Hamas à un retrait progressif des troupes israéliennes du territoire palestinien, chose refusée catégoriquement jusqu'ici par Israël, qui affirme qu'aucun retrait n'aura lieu avant un désarmement complet du mouvement islamiste palestinien.

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