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Normalisation lascive


Entre les gesticulations diplomatiques qui donnent le tournis aux Libanais et les dérouillées israéliennes successives que se prend le Parti des dernières barbes, la guirlande de la normalisation déroule lascivement ses branches à travers le Moyen-Orient. Forcément, puisque chez nous elle ne fait plus tousser que Naïm Kassem, et accessoirement son joyeux drille Mohammad Raad.

Ces deux-là en sont encore à pinailler sur le point de savoir qui des Arabes ou des Juifs ont commencé en 1948, alors que pour les Libanais normaux l’essentiel est d’en finir en 2025. Ils sont probablement les derniers spécimens d’une espèce rare et protégée, qui en ces temps de disette n’ont plus que les guerres à tiroirs pour en faire commerce et se goinfrer, tout en promettant aux bonnes poires l’effondrement imminent d’Israël. Mais la compta est cruelle : deux proches voisins du Liban sont déjà en paix avec les Hébreux, le troisième halète pour rattraper le train, sans compter les quelques confettis du Golfe et d’Afrique qui roucoulent discrètement avec l’ancien ennemi.

Même si le discours diplomatique américain à l’adresse de notre troïka au pouvoir paraît enrobé, Washington leur balance au final la même patate chaude : du balai, les barbus et leur quincaillerie militaire ! Argument aussitôt zappé par le Aoun 2.0 du Château, obligé d’adopter un discours hezbo-compatible sur le hasard et la nécessité du consensus et de l’entente nationale. Car c’est bien connu, les Libanais n’ont plus que l’impôt sur les os, ploient sous les affres de la destruction, de la cherté et du chômage, mais il leur tarde follement de voir leurs dirigeants se peloter et se rouler des pelles.

Qu’on ait fini par admettre que la négociation avec les voisins du Sud soit devenue inéluctable n’empêche pas que le pays revienne de loin. Déjà depuis 1948, le Liban pratiquait avec eux la distanciation sociale et les gestes barrières, bien avant les premières ventes promotionnelles de masques sanitaires jumelées avec les slips et les sous-tifs.

Suivait ensuite pour la population une liste d’interdits aussi longue qu’un inventaire de devises disparues dans une banque locale : interdit d’apostropher les Hébreux et d’échanger avec eux le moindre selfie ; interdit de sniffer le même oxygène qu’eux et apnée obligatoire pour tous ; interdit de prononcer le mot « Israël » sous peine de voir Istiz Nabeuh faire une embolie gazeuse face à l’infâme vocable. « Gare à la normalisation », fanfaronnait-il l’autre jour, donnant à croire que les pieds nickelés d’Amal, torse nu aux vents, ont toujours été aux avant-postes du combat contre l’État hébreu. Bibi le Netaniais en tremble encore…

Certes, il peut paraître dégradant de négocier avec un pays qui au fil des ans a bouffé de l’Arabe jusqu’à l’indigestion. Même s’il est le seul dans nos contrées à avoir déjà jeté en prison un chef d’État, un ex-Premier ministre, et pourrait peut-être juger l’actuel en exercice. Bref, tout le contraire de nos mœurs politiques où l’on insiste à caresser les truands dans le sens du missile… et les noceurs de grotte dans le sens du stalactite.

gabynasr@lorientlejour.com

Entre les gesticulations diplomatiques qui donnent le tournis aux Libanais et les dérouillées israéliennes successives que se prend le Parti des dernières barbes, la guirlande de la normalisation déroule lascivement ses branches à travers le Moyen-Orient. Forcément, puisque chez nous elle ne fait plus tousser que Naïm Kassem, et accessoirement son joyeux drille Mohammad Raad.Ces deux-là en sont encore à pinailler sur le point de savoir qui des Arabes ou des Juifs ont commencé en 1948, alors que pour les Libanais normaux l’essentiel est d’en finir en 2025. Ils sont probablement les derniers spécimens d’une espèce rare et protégée, qui en ces temps de disette n’ont plus que les guerres à tiroirs pour en faire commerce et se goinfrer, tout en promettant aux bonnes poires l’effondrement imminent d’Israël. Mais la...
commentaires (4)

Un édito qui relate surtout la réalité de nos chefs d’état qui se suivent et se ressemblent et à fortiori lorsqu’ils ont le même homonyme… Ils s’étranglent de promesses la main sur le cœur pour nous prouver leur sincérité, avant d’accéder au pouvoir, pour ensuite nous étrangler avec leur manque de courage et de volonté de sauver notre pays et nous par ricochet. Bravo M. Nasr, vous êtes le seul journaliste objectif dans ce pays.

Sissi zayyat

15 h 43, le 09 novembre 2025

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Commentaires (4)

  • Un édito qui relate surtout la réalité de nos chefs d’état qui se suivent et se ressemblent et à fortiori lorsqu’ils ont le même homonyme… Ils s’étranglent de promesses la main sur le cœur pour nous prouver leur sincérité, avant d’accéder au pouvoir, pour ensuite nous étrangler avec leur manque de courage et de volonté de sauver notre pays et nous par ricochet. Bravo M. Nasr, vous êtes le seul journaliste objectif dans ce pays.

    Sissi zayyat

    15 h 43, le 09 novembre 2025

  • Excellent éditorial Mr Nasr, cela rattrape l'éditorial de Mr Samrani du 28 octobre.

    Dorfler lazare

    11 h 01, le 07 novembre 2025

  • Un peu décevant comme article. Ça manque beaucoup de recul et de travail. On dirait un post Facebook. On est habitué à mieux OLJ, c'est dommage.

    Libanese

    01 h 00, le 07 novembre 2025

  • ""Bref, tout le contraire de nos mœurs politiques où l’on insiste à caresser les truands dans le sens du missile…"" Oh my god ! Oh mon dieu. Que God bless you encore.

    nabil

    00 h 24, le 07 novembre 2025

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