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Politique - cessez le feu au liban 2026

Une dizaine de tués sous les bombes israéliennes au Liban-Sud, nouveaux ordres d'expulsion en dehors de la « zone tampon »

Le centre de la Défense civile de Nabatiyé touché par plusieurs tirs de drones : trois morts au moins.

Une dizaine de tués sous les bombes israéliennes au Liban-Sud, nouveaux ordres d'expulsion en dehors de la « zone tampon »

Un panache de fumée après une frappe de l'aviation israélienne contre le village de Kfartebnir, dans le caza de Nabatiyé, le 12 mai 2026. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Le feu israélien ne cesse de s'abattre sur le Liban-Sud, où les bombardements d'aviation et de drone ont tué une dizaine de personnes au total au cours de la nuit dernière et aujourd'hui, tandis que les destructions des villages occupés continuent de s'étendre, notamment jusqu'au village chrétien de Deir Mimas (caza de Marjeyoun).

Ces bombardements israéliens meurtriers ont tué trois personnes à Jibchit (Nabatiyé), trois autres dans la ville même de Nabatiyé dont deux secouristes, quatre à Kfar Dounine (Bint Jbeil) et une dernière personne à Tayr Debba (Tyr), selon notre correspondant dans la région Mountasser Abdallah, qui fait également état d'une dizaine de blessés.

Des secouristes délibérément ciblés à Nabatiyé

Parmi ces attaques, les trois frappes israéliennes de drone successives ayant ciblé Nabatiyé ont touché l'entrée du centre de la Défense civile de la ville, faisant deux morts parmi les volontaires, comme l'a confirmé l'organisation de secouristes dans un communiqué.

Les deux hommes, Ahmad Noura et Hussein Jaber, tous deux originaires de Kfar Tebnit, ont été pris pour attaqués par un drone alors qu'ils essayaient de porter secours à la troisième victime de ce raid (également tuée), alors coincée sous les décombres du bâtiment touché par la première frappe. Une autre secouriste a été blessée au cours de cette même attaque, a précisé le ministère de la Santé.

Déjà perpétrées à de multiples reprises à Gaza, ces doubles frappes (connues sous le nom de « double-tap » en anglais) sont régulièrement menées par l'armée israélienne pour cibler délibérément des secouristes arrivant sur les lieux d'une frappe précédente.

À Jibchit, ce sont encore des drones qui ont fait trois tués et cinq autres blessés. Un sergent-chef de l'armée, Mohammad Obeid, a été identifié parmi les victimes. À Tayr Debba, c'est un conducteur de deux-roues de nationalité syrienne, dont l'identité n'a pas été publiée, qui a été tué alors qu'il circulait sur une route de la localité. Enfin, à Kfar Dounine, trois membres de la famille Nizameddine, dont un enfant, ainsi qu'une quatrième personne ont péri dans un raid de l'aviation israélienne qui a bombardé la maison dans laquelle ils résidaient.

Ordre d'évacuation en pleine nuit

En parallèle de ces frappes mortelles, de nouveaux ordres d'évacuation, pouvant être considérés comme des ordres de « transfert forcés » de population au regard du droit international humanitaire, ont été publiés par l'armée israélienne. Le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a diffusé à deux reprises des avertissements destinés à quatre villages du Liban-Sud : el-Haouch, Tayr Debba, Bazouriyé (Tyr) et Arnoun (Nabatiyé), au nord du fleuve Litani, tous situés en dehors de la « zone tampon » instaurée de facto par Israël au Liban-Sud.

Un autre avertissement concernant le village de Sohmor, dans le sud-ouest de la Békaa, a été diffusé à l'aube à 4h, en pleine nuit, avant que des frappes soient effectuées par l'aviation israélienne aux alentours de 7h, comme l'a rapporté notre correspondante dans la région, Sarah Abdallah, mais sans faire état de victimes. La veille, lundi matin, l'armée israélienne avait déjà ordonné l'évacuation du village voisin de Machghara, ainsi que Kleyaa plus au sud.

Les autres localités touchées par les frappes israéliennes sont Deir Qanoun, Ras el-Aïn, Mansouri, Arzoun (Tyr), Zaoutar el-Charquiyé, Qsaybé, Harouf, Kfar Tebnit (Nabatiyé), Kafra, Haris et Srifa (Bint Jbeil), tandis que des tirs d’artillerie ont également atteint Houla (Marjeyoun), Habbouche (Nabatiyé), ainsi que Mansouri, Majdel Zoun, Chaatiyé, Hanniyé et Qlaïlé (Tyr).

À Arzoun, la frappe s'est abattue à proximité d'une autre équipe de secouristes. Cinq unités résidentielles, dont un bâtiment appartenant à l'association des scouts de la mission islamique (al-Rissala, affiliée au mouvement Amal), ont été détruites, tandis que deux ambulances et un camion de pompiers ont été mis hors service. Aucun blessé n'a été signalé.

Pendant la nuit, d'autres villages ont été bombardés, dont Jmeijmé (Bint Jbeil), Majdel Selm, Blat (Marjeyoun), ainsi que les hauteurs de Rihane et les environs de Aïchiyé (Jezzine).

Puits détruit à Deir Mimas

Le rythme des opérations de dynamitage que mènent quotidiennement les troupes israéliennes au Liban-Sud dans les villages qu’ils occupent dans la « zone tampon » n'ont pas faibli non plus. Après avoir de nouveau dynamité un quartier de la ville de Khiam (Marjeyoun), déjà très largement détruite, le village chrétien de Deir Mimas, dans le même secteur et inclus dans la « zone tampon » a également été touché par ces démolitions.

Selon Georges Nakad, ancien président du conseil municipal de Deir Mimas, l'armée israélienne a dynamité au petit matin le puits du village, privant ainsi les habitants encore sur place d'une de leurs principales sources d'approvisionnement en eau, a-t-il confirmé auprès de notre correspondant Mountasser Abdallah. Ce dernier précise que ces attaques ont également touché un immeuble résidentiel de quatre étages comprenant huit appartements, appartenant à la fondation grecque-orthodoxe de la ville qui a été entièrement détruit.

Des dynamitages similaires ont eu lieu plus tard dans le village côtier de Bayyada (Tyr), où les troupes israéliennes ont établi un avant-poste fixe, régulièrement pris pour cible par les drones suicide du Hezbollah.

Au moins 380 personnes tuées au Liban pendant le « cessez-le-feu »

De son côté, la milice chiite a revendiqué cinq attaques au total depuis minuit. Selon les communiqués publiés sur la chaîne Telegram de son « média de guerre », ses combattants ont touché un char Merkava à Bayyada (Tyr), un groupe de soldats israéliens à Houla, et à Deir Seriane « près du cours du fleuve Litani » (Marjeyoun), au moyen de salves de roquettes. Le Hezbollah a par ailleurs indiqué avoir effectué deux nouvelles attaques de drones suicide à fibre optique contre des soldats et des blindés israéliens dans le même secteur.

Depuis le début du cessez-le-feu théorique au Liban, censé être entré en vigueur le 17 avril, les bombardements israéliens ont tué au moins 380 personnes au Liban, selon un décompte du ministère de la Santé. Selon le dernier bilan officiel publié lundi par le ministère, au moins 2 869 personnes ont été tuées au Liban par les attaques israéliennes depuis la reprise de la guerre le 2 mars, auxquels s’ajoutent 8 730 blessés. Il avait fait état de 2 294 morts dans son bilan 17 avril, et a donc enregistré 575 décès supplémentaires depuis cette date.

Le feu israélien ne cesse de s'abattre sur le Liban-Sud, où les bombardements d'aviation et de drone ont tué une dizaine de personnes au total au cours de la nuit dernière et aujourd'hui, tandis que les destructions des villages occupés continuent de s'étendre, notamment jusqu'au village chrétien de Deir Mimas (caza de Marjeyoun).Ces bombardements israéliens meurtriers ont tué trois personnes à Jibchit (Nabatiyé), trois autres dans la ville même de Nabatiyé dont deux secouristes, quatre à Kfar Dounine (Bint Jbeil) et une dernière personne à Tayr Debba (Tyr), selon notre correspondant dans la région Mountasser Abdallah, qui fait également état d'une dizaine de blessés.Des secouristes délibérément ciblés à NabatiyéParmi ces attaques, les trois frappes israéliennes de drone successives...
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