Le camp de réfugiés palestiniens de Chatila, le 10 mai 2023. Photo d’archives João Sousa/L’Orient-Le Jour

Chère lectrice, cher lecteur,
Il y a un an, pour accompagner ma « Sélection de la rédaction », les mots avaient précédé mes pensées et mes doigts sur le clavier pour rendre un modeste hommage aux « soldats inconnus » du « service Actu» que je dirige.
Cette année, l'exercice s'est avéré plus difficile, parce que plus personnel. On m’a demandé de partager avec vous un événement qui m’a marquée pendant cette année « d’après-guerre » au Liban. Marquée d’un point de vue professionnel m’a-t-on précisé. J’ai un peu ri tant le personnel et le professionnel, en ces temps compliqués au Liban, sont intimement mêlés…
Mais justement, me voici prête à vous raconter un moment que j'ai vécu, paradoxalement, en déconnexion totale de mon « service Actu ». De l'actualité en général même.
Le 1er avril 2025, à 3h30, Israël bombardait un immeuble de la banlieue sud de Beyrouth. « Vous avez entendu quelque chose ? », a demandé une collègue, dans le premier d'une longue série de messages sur ce groupe WhatsApp qui est devenu une de nos plateformes de communication et de travail.
Ce jour-là, j'étais au bout du monde, dans un bus à l'entrée de la Joint Security Area, à la frontière entre les deux Corées. Était-ce la distance avec mes enfants restés à Beyrouth, dont la présence oblige habituellement à dédramatiser et rationaliser ? Le décalage horaire ? L'absence de responsabilités pour décortiquer les informations et recouper les sources (je savais que le service était en de bonnes mains) ? Quelle qu'en soit la raison, ce bombardement en particulier m'a secouée plus que les milliers d’autres d’avant.
Alors que je perdais tout recul sur les événements, un comble lorsque l'on est à 8 000 kilomètres, et que l’anxiété gagnait du terrain, j'ai dû me déconnecter pour les contrôles de sécurité puis les visites. Celles-ci, entre barbelés de la frontière et musée de la réconciliation, se sont déroulées dans le brouillard de ce qu’il s’était passé dans la banlieue sud de Beyrouth. Qui avait été tué ? S’était-il passé autre chose ? Y avait-il un risque que le cessez-le-feu craque ?
Lorsqu'enfin, j'ai pu me reconnecter et tenter de rattraper tout ce que j'avais « raté », je me suis gavée des moindres détails. Le CV de Hassan Bdeir, le responsable du Hezbollah ciblé, l'âge de ses enfants tués dans le bombardement, les réactions, les analyses.
Avec chaque morceau d’information que je recevais alors comme n’importe quel lecteur, j'ai pris encore plus conscience de la responsabilité que nous avions, nous journalistes du « service Actu » de L’Orient-le Jour, envers vous. De la confiance que vous nous accordez pour vous rapporter l'actualité, de l'importance qu'ont nos articles pour que, sous n'importe quelle latitude, vous puissiez comprendre ce qu'il se passe au Liban ou dans la région, prendre du recul ou bien au contraire, vous laisser emporter par l'actualité.
Forte de cette mission, je vous propose de (re)découvrir les articles suivants.
Claire Grandchamps


« C’est la même trêve qu’au Liban » : Gaza à bout de nerfs après les dernières frappes israéliennes

Depuis près de trois semaines, une trêve délicate est en vigueur à Gaza, ponctuée de frappes israéliennes constantes, qui rappellent que le cessez-le-feu reste ténu et laisse les habitants sur le fil. Gabriel Blondel et Ghadir Hamadi ont parlé à des Gazaouis et vous racontent leur vie, alors que la bouffée d’oxygène apportée par l’accalmie se heurte déjà à la reprise frappes sur le territoire ravagé.

Le mystérieux « prince » russo-polonais de Zokak el-Blat dévoilé au grand jour

L’histoire du palais Hneiné, dans le quartier de Zokak el-Blat, à Beyrouth, est restée longtemps imprécise. On racontait que ce bâtiment, aux décors inspirés de l’Alhambra et de l’architecture de l’Égypte mamelouke, a été édifié par un noble russe qui y résida jusqu’à sa mort, sans que l'on ne sache qui il était. Une enquête inédite menée par Gérard Martayan livre l’identité du personnage qui s’était fait construire le palais Hneiné à Beyrouth. May Makarem vous en livre les détails.

À el-Facher, « toute personne que les FSR trouvaient chez elle, à l’hôpital ou dans la rue, était exécutée »

L'actualité au Soudan revient sur le devant de la scène, de la pire des façons. Sous les massacres et exécutions perpétrés par les paramilitaires, les habitants sont contraints de fuir el-Facher, la capitale soudanaise du Darfour du Nord. Noura Doukhi a récolté les témoignages de certains d'entre eux, qui lui ont raconté leur fuite et leur arrivée à Tawila.

En soutien à la Palestine, le cofondateur de Ben & Jerry's veut lancer une glace à la pastèque

L'un des fondateurs de la marque américaine de glaces Ben & Jerry’s, Bennett Cohen, s'est lancé dans une nouvelle campagne pro-palestinienne, après en avoir été empêché par les géants de l'agroalimentaire Unilever et Magnum. Il propose au grand public sur ses réseaux sociaux de choisir le nom, la recette et l’emballage d'une nouvelle glace « Free Palestine » pour « mettre en lumière » ce que vivent les Gazaouis depuis le 7-Octobre et la guerre entre le Hamas et Israël. Lisa Goursaud vous parle de cette campagne et des initiatives précédemment lancées par la marque de glace pour la défense des droits humains.

Berry à l'heure du choix : lâcher les armes ou risquer le perchoir ?

Un peu de politique, avec le dilemme face auquel se trouve Nabih Berry, l'homme qui depuis 1992 préside le Parlement, tandis que se sont succédé 10 Premiers ministres et 5 présidents de la République. À l'approche des élections législatives de mai 2026, le chef du mouvement Amal semble, pour la première fois, fragilisé... À moins qu'il ne saisisse la main tendue par le camp anti-Hezbollah et ne devienne un allié – tacite mais utile – de la cause du monopole des armes aux mains de l'État. Salah Hijazi décortique pour vous toute cette question.

Dans le camp palestinien de Chatila, la mort de trop

Au lendemain de l'assassinat, retentissant, du jeune Elio Abou Hanna à Chatila, le meurtre d’une femme dans un point de deal du camp, devenu plaque tournante de la drogue, a provoqué l’émoi des habitants de ce quartier miséreux. Emmanuel Haddad s'est rendu sur place et vous raconte la vie dans ce camp après les deux affaires qui ont ravivé les débats sur la lutte anti-drogue et la question du désarmement.

Octobre rose : visualisez comment le nombre de cas de cancer du sein a explosé au Liban en 20 ans

Selon le Registre national du cancer, les diagnostics de cancer du sein ont bondi de 126 % entre 2005 et 2022. De l’avis d'experts consultés par L'Orient-Le Jour, le nombre de cas recensés par le ministère de la Santé serait même sous-estimé. Enzo Quenescourt vous explique, tout en visuels, ces chiffres et leurs enjeux.

