Rechercher
Rechercher

Société - Humanitaire

Réfugiés syriens au Liban : le HCR mettra un terme à sa couverture médicale fin novembre

La mesure, mise en place de façon progressive, fait suite à d’importantes réductions budgétaires au sein de l'organisme onusien.

Réfugiés syriens au Liban  : le HCR mettra un terme à sa couverture médicale fin novembre

Un camp informel de réfugiés syriens près de Ersal, dans la Békaa, en décembre 2020. Photo d'archives Karine Pierre/Hans Lucas via AFP

Le dernier jour pour qu’un réfugié syrien voit sa prise en charge médicale au Liban couverte par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) sera le 30 novembre courant. La date a été confirmée à L’Orient-Le Jour par la porte-parole du HCR au Liban, Lisa Abou Khaled. « En raison d’importantes réductions budgétaires, le HCR sera contraint de mettre fin à son aide pour les frais d'hospitalisation des réfugiés d'ici à la fin novembre 2025 », explique la porte-parole. « Nous ne pouvons pas dépenser des ressources que nous n’avons pas », résume-t-elle, rappelant qu'au 31 août dernier, les besoins financiers du HCR n’étaient ainsi assurés qu’à 26 %.

L’arrêt de la couverture médicale par le HCR s’est fait progressivement. En juin 2024, l’organisation baissait déjà la couverture des soins médicaux « non urgents », où « sans risque immédiat pour la vie », de 60 à 70 % par rapport à son niveau de prise en charge antérieur, la différence pour la couverture des frais des soins de santé devant être assurée par les bénéficiaires eux-mêmes. Parmi les soins encore couverts à l’époque, on dénombrait les accouchements, les soins néonatals et pédiatriques, ainsi que les interventions urgentes. Ceci ne sera donc plus le cas d'ici à la fin du mois.

Les ONG « s’attendent à remplacer le HCR »

Interrogé sur cette mesure, le président du syndicat des propriétaires d'hôpitaux au Liban, Pierre Yared, alerte sur le fait que « les réfugiés syriens vont se présenter sans couverture pour des urgences extrêmes, comme des traumatismes, des fractures ou une crise cardiaque », créant selon lui « un vrai problème dans la relation entre patients syriens et hôpitaux », qu'il s'agisse d'établissements publics ou privés. Sur la possibilité d’une prise en charge ou d’une participation de la part du ministère libanais de la Santé, Pierre Yared affirme qu’« aucun programme » n’est prévu pour pallier la mesure du HCR. Il rappelle qu’à ce jour, le ministère « ne couvre rien ».

Contacté, le ministère de la Santé n'a pas donné suite à notre sollicitation pour un commentaire.

Les hôpitaux publics n’ont « pas les moyens d’assurer des dépenses pour du matériel, des médicaments, des prothèses ou des opérations », rappelle Pierre Yared. Selon les registres du ministère de la Santé, 35 000 bébés syriens sont nés au Liban en 2024. Un nombre vraisemblablement plus élevé, selon le syndicaliste, qui explique que « certains nourrissons n’ont pas été enregistrés ». Il met en garde contre un risque de tension au sein de la branche obstétrique.

Lire aussi

Après la levée des sanctions, le retour des réfugiés syriens est-il possible ?

Une source familière du milieu hospitalier au Liban, ayant souhaité rester anonyme, affirme que les ONG opérant dans le secteur de la santé « s’attendent toutes à remplacer le HCR ». Selon elle, des hôpitaux au nord et au sud de Beyrouth accueillant des Syriens disent déjà « sentir une différence » quant au nombre de patients. « Les Syriens viennent moins se faire soigner et on constate moins de naissances », des médecins assurant que « certaines femmes partent en Syrie pour accoucher car la prise en charge y est meilleure ».

Le nombre de réfugiés syriens officiellement enregistrés au Liban est de 722 173, selon une estimation du HCR du 31 mars 2025. Le nombre réel de Syriens résidant au Liban est toutefois estimé à 1,4 million, le HCR ayant cessé d'enregistrer de nouveaux réfugiés depuis mai 2015. D'ici à la fin de l'année, environ 400 000 Syriens, migrants et réfugiés, pourraient être rentrés chez eux. Un retour facilité par la chute du régime de Bachar el-Assad le 8 décembre 2024 aux mains des islamistes du président intérimaire Ahmad el-Chareh.

« On s’attend à recevoir des patients syriens enregistrés et non enregistrés », poursuit la source, qui rappelle que sa patientèle, composée à 90 % de Syriens avant 2019, en compte désormais 20 %.

Le 10 octobre, plusieurs hôpitaux publics du Liban-Nord avaient exprimé leur vive inquiétude face à l’arrêt annoncé de la couverture médicale du HCR. Selon eux, la mesure « doublerait les charges financières et opérationnelles » des hôpitaux publics, « déjà sous forte pression. » Le communiqué, signé par l’hôpital gouvernemental de Tripoli, l’hôpital de Minié, l’hôpital Abdallah Rassi, à Halba, l’hôpital de Sir Denniyé et l’hôpital Orange Nassau, appelait dans ce cadre les Nations unies et les bailleurs de fonds à reconsidérer leur décision.

Le dernier jour pour qu’un réfugié syrien voit sa prise en charge médicale au Liban couverte par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) sera le 30 novembre courant. La date a été confirmée à L’Orient-Le Jour par la porte-parole du HCR au Liban, Lisa Abou Khaled. « En raison d’importantes réductions budgétaires, le HCR sera contraint de mettre fin à son aide pour les frais d'hospitalisation des réfugiés d'ici à la fin novembre 2025 », explique la porte-parole. « Nous ne pouvons pas dépenser des ressources que nous n’avons pas », résume-t-elle, rappelant qu'au 31 août dernier, les besoins financiers du HCR n’étaient ainsi assurés qu’à 26 %.L’arrêt de la couverture médicale par le HCR s’est fait progressivement. En juin 2024, l’organisation baissait déjà la...
commentaires (1)

Bonne chance à ceux qui retournent en Syrie, leur pays semble se relever plus rapidement et mieux que le nôtre. Il faudra qu'ils y restent quoi qu'il arrive....

Avette

21 h 41, le 04 novembre 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Bonne chance à ceux qui retournent en Syrie, leur pays semble se relever plus rapidement et mieux que le nôtre. Il faudra qu'ils y restent quoi qu'il arrive....

    Avette

    21 h 41, le 04 novembre 2025

Retour en haut