Hannibal Kadhafi, fils de l'ancien dictateur libyen, lors d'une visite à Rome en 2011. Photo d'archives AFP
L'état de santé de Hannibal Kadhafi, l'un des fils de l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, est « alarmant », a affirmé mercredi à l'AFP son avocat Laurent Bayon, appelant à la libération de son client, détenu depuis près de dix ans au Liban sans jugement. Hannibal Kadhafi a été arrêté en décembre 2015 par les autorités libanaises, qui exigent des informations sur la disparition du dirigeant chiite libanais Moussa Sadr en Libye en 1978.
Alors que L'Orient-Le Jour avait appris jeudi dernier que M. Kadhafi avait été transporté jeudi dernier aux urgences d’un hôpital de Beyrouth, son avocat a indiqué mercredi que cette hospitalisation avait eu lieu « à la demande du procureur général en raison de douleurs abdominales extrêmement violentes, avec un fond dépressif sévère ». « Les juges, le médecin (...), expliquent que cet état de santé alarmant est lié à son état d'isolement en lien avec sa détention qui dure depuis dix ans », a-t-il ajouté. Hannibal Kadhafi, 49 ans, est revenu en prison mardi, a précisé l'avocat, mais il va désormais « bénéficier d'un suivi extrêmement fréquent ».
En août, Human Rights Watch avait appelé à la « libération immédiate » de Hannibal Kadhafi, détenu sur la base « d'allégations apparemment non fondées selon lesquelles il aurait des informations » sur Moussa Sadr. Les autorités libanaises accusent Mouammar Kadhafi de la mystérieuse disparition de l'imam Sadr et de deux de ses compagnons en 1978. Hannibal avait deux ans à l'époque.
Hajjar « pas opposé » à la libération de Hannibal Kadhafi
Mouammar Kadhafi a été tué lors d'un soulèvement en Libye en 2011. Hannibal, marié à une mannequin libanaise, avait fui en Syrie. En 2015, il avait été enlevé par des hommes armés qui l'avaient transféré au Liban, où les autorités l'ont sorti des mains de ses ravisseurs avant de l'arrêter. Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, qui a succédé à l'imam Sadr à la tête du mouvement chiite Amal, a accusé les nouvelles autorités libyennes de ne pas coopérer dans ce dossier.
« On peut estimer que Hannibal Kadhafi est un détenu politique », a dit son avocat, estimant que « la seule raison qui justifie qu'il soit détenu, c'est qu'il porte le nom de son père ». « J'estime que sa libération s'impose. » Il a indiqué avoir rencontré mardi le procureur général près la cour de cassation, Jamal Hajjar, « qui l'a assuré avoir rendu son avis au juge d'instruction à qui il revient désormais de se prononcer » sur une nouvelle demande de remise en liberté. Une source judiciaire libanaise a indiqué à l'AFP que le procureur Hajjar « n'était pas opposé » à sa libération. Mardi, les avocats du détenu avaient demandé que cette demande de libération soit tenue à l'écart de toute « ingérence politique » ou négociation avec la Libye.
Dans un communiqué lundi, le ministère libyen de la Justice avait « fait assumer aux autorités libanaises la responsabilité » de la détérioration de son état de santé. Il a souligné que la Libye avait « fait preuve de coopération » dans cette affaire et avait « envoyé un mémorandum officiel par les canaux diplomatiques » à la justice libanaise en avril, proposant un règlement de cette affaire.



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