Hannibal Kadhafi, fils de l'ancien dictateur libyen, lors d'une visite à Rome en 2011. Photo d'archives AFP
Hannibal Kadhafi, l’un des fils de l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi, détenu sans procès au Liban depuis 2015, a été transporté jeudi aux urgences d’un hôpital de Beyrouth, a appris L’Orient-Le Jour auprès d’une source informée.
Selon cette source, l’un de ses avocats, qui souhaitait le voir jeudi matin dans son lieu de détention, au siège de la branche des renseignements situé dans le bâtiment de la direction générale des Forces de sécurité intérieure (FSI), à Beyrouth, s’est vu refuser l’accès. Quelques heures plus tard, Hannibal Kadhafi a été transféré à l’hôpital, où son conseil a pu lui rendre visite, après autorisation du parquet de cassation, pendant une dizaine de minutes.
Le fils de Mouammar Kadhafi souffrirait de douleurs à l’estomac et doit subir plusieurs examens afin de déterminer s’il sera admis à l’hôpital.
Enlevé à la frontière libano-syrienne en 2015 puis arrêté par la police libanaise, Hannibal Kadhafi est poursuivi pour avoir prétendument dissimulé des informations sur la disparition en Libye, en 1978, de l’imam chiite Moussa Sadr, fondateur du mouvement chiite Amal. Hannibal Kadhafi avait deux ans au moment des faits.
Il y a deux semaines, le ministre libanais de la Justice, Adel Nassar, avait déclaré qu’« une demande de remise en liberté a été déposée par son avocat » et qu’elle est « en attente d’une décision » du juge d’instruction. En juillet, Tripoli avait vivement critiqué le manque de coopération de Beyrouth, accusant les autorités libanaises d’« instrumentaliser politiquement » ce dossier.
Human Rights Watch (HRW) avait pour sa part appelé, fin août, à la libération immédiate de Hannibal Kadhafi, dénonçant une détention « injuste ». Le 12 août, un chercheur de l’ONG avait pu lui rendre une visite inédite dans sa cellule. Le détenu y avait décrit des conditions de vie précaires – une cellule souterraine sans fenêtre mais ventilée –, ainsi que des problèmes de santé aggravés par la malnutrition. Il avait affirmé souffrir de douleurs chroniques, d’un nez fracturé et de violentes céphalées liées à une fracture du crâne subie lors de tortures infligées par ses ravisseurs en 2015. Selon nos informations, Kadhafi est détenu dans une chambre de 4 mètres carrés, située au sous-sol.
S’il peut consulter son équipe juridique, notamment un avocat français, ses proches avaient été interdits d’entrée au Liban et de tout contact avec lui pendant les sept premières années de sa détention. Ce n’est qu’en 2022 qu’ils ont été autorisés à le voir, mais selon HRW, les visites demeurent « très limitées » et les demandes d’accès « souvent rejetées, retardées ou ignorées sans justification ».


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