Hannibal Kadhafi. Photo d'archives AFP
Les avocats de Hannibal Kadhafi, fils de l'ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi, ont demandé que la dernière demande de libération en date soit tenue à l'écart de toute « ingérence politique » ou négociation avec la Libye.
L'équipe de défense de M. Kadhafi, arrêté en décembre 2015 pour « recel d’informations » dans l’affaire de la disparition en Libye en août 1978 de l’imam Moussa Sadr et de ses deux compagnons, le journaliste Abbas Badreddine et cheikh Mohammad Yaacoub, a souligné que son client ne voulait « aucune visite, intervention ni déclaration de la part d'aucune instance, gouvernementale ou autre », après sa demande de libération devant la justice libanaise.
La famille du journaliste Abbas Badreddine, qui aussitôt après l'arrestation de Hannibal Kadhafi s’était portée partie civile dans le dossier aux côtés des familles Sadr et Yaacoub, avait approuvé le mercredi 1e octobre cette dernière demande de remise en liberté formulée en juin dernier. Dans cette affaire dont a la charge le juge d’instruction près la Cour de justice Zaher Hamadé, un proche du président du Parlement Nabih Berry, l’approbation de la libération exprimée par la famille Badreddine constitue un développement notable, et ce même si le magistrat n’est pas tenu de suivre cet avis, pas plus que celui du parquet de cassation, également consulté mercredi dernier dans le cadre de la procédure. Selon nos informations, le parquet devrait donner son avis dans le courant de cette semaine, avant que le magistrat décide ou non de procéder à sa libération, sachant que les familles des deux autres disparus se sont opposées à la demande de remise en liberté qui leur a également été adressée.
Dans leur communiqué, les avocats de M. Kadhafi ont souligné que l'affaire est « purement juridique et totalement indépendante de tout processus de négociation libano-libyen ou libano-libanais, et qu'elle devait rester dans le cadre judiciaire libanais sans aucune ingérence politique. » M. Kadhafi a de son côté précisé qu'il ne communiquait qu'avec son équipe juridique officiellement mandatée et basée à Beyrouth.
Hannibal Kadhafi avait été enlevé dans la Békaa le 11 décembre 2015 par un groupe armé dans lequel était impliqué le fils du cheikh Mohammad Yaacoub, l'ancien député Hassan Yaacoub. Ce dernier avait d’ailleurs été détenu pendant sept mois en raison de cette affaire. Après avoir été relâché par ses kidnappeurs qui l’ont aussitôt livré au service de renseignements de la police dans le Hermel, M. Kadhafi avait été déféré en tant que témoin au juge Hamadé.

