Rechercher
Rechercher

Politique - Projection À Raouché

Après le défi du Hezbollah, le gouvernement fait le choix de la désescalade

« Tous les Libanais sont égaux devant la loi », affirme Mitri en promettant des mesures légales.

Après le défi du Hezbollah, le gouvernement fait le choix de la désescalade

Le Premier ministre Nawaf Salam lors d’une réunion ministérielle informelle au Grand Sérail, vendredi. Photo X/Grand Sérail

L’heure semble au rabibochage. Le Premier ministre Nawaf Salam a présidé vendredi après-midi « une réunion ministérielle consultative » afin de discuter des derniers développements dans le pays, principalement après la projection non autorisée d’images par le Hezbollah de l’ancien chef du parti Hassan Nasrallah sur la Grotte aux pigeons, site symbolique du littoral de Beyrouth.

Un défi au Premier ministre, qui avait appelé en début de semaine les autorités à interdire cette projection « illégale ». Après la tenue du rassemblement, lors duquel des slogans diffamatoires envers M. Salam ont été scandés, la tension est montée d’un cran dans le pays, certains évoquant une volonté du chef du gouvernement de suspendre son travail.

Toutefois, la tenue de cette réunion ministérielle avec une large participation (dont deux ministres chiites) semble pointer vers une sortie de crise. Le vice-Premier ministre Tarek Mitri a indiqué que cette réunion avait été convoquée « pour réaffirmer la cohésion du gouvernement (...) et souligner la politique engagée à travers sa déclaration ministérielle, à savoir étendre la souveraineté de l’État libanais par ses propres forces sur l’ensemble du territoire ». « Nous avons également insisté sur l’importance de l’application des lois à tous les citoyens sans exception, ce qui confère aux forces de sécurité une grande responsabilité pour y parvenir, a-t-il ajouté. Les Libanais sont égaux devant la loi et l’État ne fait pas de distinction entre un citoyen et un autre, ni entre un groupe de citoyens et un autre. »

Lire aussi

Projection à Raouché : quelles punitions prévoit la loi

Selon M. Mitri, « la violation flagrante des conditions du permis accordé pour le rassemblement à Raouché nous oblige à prendre les mesures légales nécessaires pour préserver l’autorité de l’État et le respect de ses décisions ». « Il va sans dire que le gouvernement est soucieux de la stabilité du pays, de l’unité de ses citoyens, et déterminé à mettre fin à la sédition ainsi qu’aux campagnes de haine qui portent atteinte à notre coexistence nationale », a-t-il conclu.

Plus tôt dans la journée, plusieurs ministres et députés ont rendu visite au Premier ministre à son domicile, après que celui-ci a annulé tous ses rendez-vous pour se consacrer au suivi de cette affaire, en insistant sur la nécessité de sanctionner ceux qui ont outrepassé la décision de l’État libanais et l’autorisation accordée par le gouverneur de Beyrouth pour que le Hezbollah organise son activité dans la zone de Raouché.

Ses milieux ont affirmé que ce qu’a fait le Premier ministre n’était pas une « bouderie », mais plutôt une façon de se « concentrer sur les moyens de gérer la crise et de réaffirmer l’autorité de l’État ». Dans ce contexte, des contacts sont menés avec les ministres de la Justice, de l’Intérieur et de la Défense afin d’appliquer la loi et d’arrêter les contrevenants, voire en prenant des sanctions contre l’organisation qui a appelé à ce rassemblement. Selon nos informations, le président du Parlement, Nabih Berry, n’est pas éloigné de ces efforts.

L’armée « empêche la situation de basculer dans l’abîme de la confrontation »

De son côté, le ministre de la Défense Michel Menassa a défendu vendredi, dans un communiqué, le fait que l’armée n’était pas intervenue pour empêcher la projection. « La mission nationale première de l’armée libanaise est d’éviter les troubles, d’empêcher la situation de glisser vers l’abîme de la confrontation, de dissuader ceux qui menacent la paix civile et de renforcer les fondements de l’unité nationale », a-t-il justifié. Il a ajouté que la troupe « rejette les accusations injustes » et « déplore de devoir porter le fardeau de la rue alors que d’autres fuient leurs responsabilités ».

Si cette déclaration sonne surtout comme une réponse à certains médias qui ont accusé vendredi la troupe de manquement, certains y voient une façon pour le ministre de répondre à un éventuel reproche de la part de Nawaf Salam.

Édito

L’obscure clarté du Rocher

Depuis l’instauration d’un cessez-le-feu précaire entre le Hezbollah et Israël le 27 novembre 2024, l’armée libanaise est chargée de démanteler l’arsenal du Hezbollah au sud du fleuve Litani, conformément à l’accord de cessez-le-feu. Le désarmement du Hezbollah demeure la priorité stratégique du Liban et un critère central dans la perception internationale de la situation du pays. Les positions des pays étrangers sont en effet limpides : aucune aide ou investissement ne sera accordé au Liban tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé.

Des milliers de partisans du parti chiite pro-iranien s’étaient rassemblés jeudi dans le quartier de Raouché pour commémorer l’élimination de Nasrallah, tué le 27 septembre 2024 lors d’une série de frappes aériennes israéliennes massives qui avaient rasé plusieurs immeubles résidentiels de la banlieue sud de Beyrouth. Malgré l’ordre du mohafez, l’image de Nasrallah avait été projetée sur le célèbre site, ainsi que sur des bâtiments environnants, aux côtés de son successeur défunt Hachem Safieddine, du président de la Chambre Nabih Berry, puis des anciens Premiers ministres Saad Hariri et son père Rafic Hariri, suscitant des polémiques et des réactions. Rafic Hariri a été assassiné dans un attentat à la voiture piégée en février 2005, et le Tribunal spécial pour le Liban a condamné plusieurs membres présumés du Hezbollah pour leur rôle dans ce crime qui a coûté la vie à 21 autres personnes.

L’heure semble au rabibochage. Le Premier ministre Nawaf Salam a présidé vendredi après-midi « une réunion ministérielle consultative » afin de discuter des derniers développements dans le pays, principalement après la projection non autorisée d’images par le Hezbollah de l’ancien chef du parti Hassan Nasrallah sur la Grotte aux pigeons, site symbolique du littoral de Beyrouth.Un défi au Premier ministre, qui avait appelé en début de semaine les autorités à interdire cette projection « illégale ». Après la tenue du rassemblement, lors duquel des slogans diffamatoires envers M. Salam ont été scandés, la tension est montée d’un cran dans le pays, certains évoquant une volonté du chef du gouvernement de suspendre son travail.Toutefois, la tenue de cette réunion ministérielle avec une large participation...
commentaires (17)

Suggestion : pourquoi ne pas créer une journée de commémoration de tous les leaders martyrs des guerres qui serait une journée de pardon et de solidarité entre libanais dans un esprit de construction du nouveau Liban ? Se chamailler pour des projections est bien futile face à la volonté d'un nouveau Liban. Je rêve ? Peut-être ! Mais unis, un rêve peut devenir réalité.

Fredo

13 h 58, le 29 septembre 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (17)

  • Suggestion : pourquoi ne pas créer une journée de commémoration de tous les leaders martyrs des guerres qui serait une journée de pardon et de solidarité entre libanais dans un esprit de construction du nouveau Liban ? Se chamailler pour des projections est bien futile face à la volonté d'un nouveau Liban. Je rêve ? Peut-être ! Mais unis, un rêve peut devenir réalité.

    Fredo

    13 h 58, le 29 septembre 2025

  • Le hezbollah parle de martyrs au lieu de reconnaître que les pauvres combattants morts comme chair à canon sont des victimes, pour justifier ses actes et ses manipulations . En revanche, nous devront parler de martyrs quand le hezbollah jettera ses combattants dans les bras d'Israël.

    Saliba Patricia

    20 h 24, le 27 septembre 2025

  • J’ai peur qu’en continuant à marginaliser la communauté sunnite, le président de la république ne se voit devenir persona non grata en Arabie et en Syrie, alors que la communauté se verra obligée de s’en remettre à l’extérieur, et plus particulièrement à la Syrie limitrophe. Le pacte des minorités de Michel Aoun n’a rien donné.

    Michael

    18 h 24, le 27 septembre 2025

  • En gros, l’armée et FSI encouragent les mauvaises attitudes d’une part et les partisans du Hezbollah refusent de perdre ou se remettre en question d’autre part. Et les libanais font quoi entre-temps ? Doivent-ils se soumettre à l’ambiguïté perpétuelle ? Ne faut-il pas que le président puisse nous éclairer un minimum au lieu de prêcher la bonne parole à la diaspora qui n’est plus dupe . L’état n’existe pas messieurs, dames ; voilà la triste vérité !

    Wow

    18 h 01, le 27 septembre 2025

  • On se sent en plein milieu du Wizard of Oz... la tempête iranienne nous mène directo dans l'enfer de du Wizard hezb qui prétend être Tout puissant et l'on découvre qu'il n'est point plus grand qu'un haut-parleur abjecte. Tout les libanais, dans leurs 18 confessions et ceux sans confessions, comprennent bien ceci. Seul l'État, son Peuple et Son Armée le protègent et le défendent!!

    Wlek Sanferlou

    16 h 00, le 27 septembre 2025

  • FAUT QUE MR NAWAF fasse un retour en arriere, faut qu'il desavoue ses conseillers pour l'avoir encourage a croire en leurs paroles/promesses ( et en celles de nabih berry)... pour avoir omis l'avoir mis devant le fait que l'ETAT LIBANAIS NE DOIT JAMAIS ALLER A L'ENCONTRE DES DESIDERATA DA LA MILICE IRANIENNE !

    L’acidulé

    14 h 08, le 27 septembre 2025

  • Ce qui est arrivé n'aurait pas pu arriver si il n'y avait pas eu complicité dans l'armée et / ou dans les forces de l'ordre. Dans ce cadre lá pourquoi leur demander des moyens supplémentaires si c'est pour aider la milice?. Ce que pouvait faire l'armée á Raouché elle pouvait le faire avec les moyens existants et elle n'a rien fait. Je suis curieux de savoir ce qu'aurait fait l'armée si les FL avaient commémoré Bachir á Mar Mickael ou si les habitants de Tarik Jdidé avaient circulé á moto á Hart Hreik?.

    Moi

    12 h 42, le 27 septembre 2025

  • L’État de l'impunité...

    Alexandra

    12 h 00, le 27 septembre 2025

  • Le HB n’a pas peur des menaces non tenues. Il a essayé pendant des décennies à jouer au plus fort avec son ennemi et n’a cessé ses provocations que lorsque ce dernier est passé à l’acte sans sommation pour lui montrer qu’il n’est qu’un tigre en papier. Le jour où nos autorités sortent de cette logique de menaces creuses et lui montrent ses limites, notre pays sera sauvé. Il ne s’agit plus de moyens ou de quantité d’armes là, mais de volonté à affirmer ses dires et ses promesses faites aux libanais. La pseudo cohésion interne ne tient plus. Ilsne font que la piétiner en prétextant la protéger.

    Sissi zayyat

    11 h 14, le 27 septembre 2025

  • Le hezb, et le tandem bien sur car les singeries ne trompent personne, invite a haute voix Avichay Adrae de reprendre travail et le Tsahal a entreprendre son desarmement que notre Troupe est incapable de mener. PAR ORDRE IRANIEN.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 39, le 27 septembre 2025

  • Le gouvernement doit bien commencer quelque part pour assoir son autorite. example: reclamer l'extradiction de Habib Chartouni, un fuyard en Syrie condamne a mort. Convoquer Wafic Safa pour son intervention intempestive au palais de justice ainsi que pour sa parade de defi a Raouche. Ca donne de l'espoir a la majorite silencieuse.

    Sami Mouracade

    10 h 23, le 27 septembre 2025

  • Le Hezbollah rappelle à tous les libanais et aux israéliens que leur doctrine reste et restera la confrontation, interne et externe au pays. Ils prouvent que leur travail israélien n'est pas encore fini, faute d'être fait par l'armée libanaise !

    Ludovic Hasquette

    10 h 06, le 27 septembre 2025

  • Le gouvernement ne gouverne plus rien.

    P H

    10 h 00, le 27 septembre 2025

  • Je n'ai pas à commenter l’article mais à attirer l'attention sur une question constamment ignorée. Un journal local, lorsqu'il parle de ce qui au pays e ses institutions ne doit pas dire l'État Libanais ou l'armée libanaise etc... Mais l'État tout court et l'armée tout court, etc... .

    Georges Kadige

    08 h 57, le 27 septembre 2025

  •  "L’application des lois à tous les citoyens sans exception (...)l’État ne fait pas de distinction entre un citoyen et un autre, ni entre un groupe de citoyens et un autre", Première nouvelle! Des slogans de haine comte l’État et les libanais, une violation provocatrice d'une interdiction du mohafez, et pas la moindre interpellation! Comment se fait-il que Wafic Safa soit encore en liberté? Enfin, la seule existence de la milice u Hezbollah et de son arsenal est une preuve flagrante que tous les :groupes de citoyens" ne sont pas égaux. A moins que certains le soient un peu plus que d;autres!

    Yves Prevost

    07 h 57, le 27 septembre 2025

  • « La mission nationale première de l’armée libanaise est d’éviter les troubles, d’empêcher la situation de glisser vers l’abîme de la confrontation, de dissuader ceux qui menacent la paix civile et de renforcer les fondements de l’unité nationale » C'est, justement, tout ce quelle n'a pas fait! En refusant d'intervenir, elle a consacré le "droit" de certains à "confronter" l’État, à "menacer la paix civile" et à porter atteinte à "l'unité nationale"..

    Yves Prevost

    07 h 37, le 27 septembre 2025

  • L’armée doit empêcher la confontation. Tout à fait d’accord. Mais la confrontation a bien eu lieu ! La milice a confronté l’Etat et la majorité des Libanais, et en particulier les sunnites. Ce n’est pas en autorisant tout à la milice qu’on arrivera à respécter la Loi. Que va faire l’armée lorsque qu’on décidera de faire la prochaine kermesse à la place Sassine ?

    Goraieb Nada

    06 h 09, le 27 septembre 2025

Retour en haut