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Économie - Réformes

Répartition des pertes : pas de vote de la loi avant la mi-octobre, concède Jaber

Beyrouth tablait jusque-là sur une adoption de ce texte , crucial pour le FMI, dont une délégation est actuellement au Liban, avant les assemblées annuelles du Fonds et de la Banque mondiale.

Répartition des pertes : pas de vote de la loi avant la mi-octobre, concède Jaber

Le ministre des Finances, Yassine Jaber, et le chef de mission du FMI pour le Liban, Ernesto Ramirez Rigo, lors de leur entretien au ministère des Finances à Beyrouth, le 23 septembre 2025. Photo diffusée par le ministère des Finances

À moins d’un changement de trajectoire, la loi devant organiser la répartition des énormes pertes financières accumulées par le Liban, qui ont provoqué l’effondrement de son secteur bancaire, ne sera pas adoptée avant le départ de la délégation libanaise à Washington, mi-octobre, pour participer aux assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.

Le ministre des Finances Yassine Jaber l’a affirmé mardi au cours d’un point de presse organisé à l’issue de deux réunions inscrites à son agenda : une première avec le directeur régional de la Banque mondiale Jean-Christophe Carret, et une seconde avec la délégation du FMI dirigée par le chef de mission Ernesto Ramirez Rigo. Celle-ci est arrivée au Liban pour une visite destinée à poursuivre les discussions autour d’un « programme global de réformes » censé relancer une économie en crise, selon la formule utilisée par l’organisation.

« C’est impossible, même après 15 jours. Des efforts sont faits, mais pas avant notre départ », a précisé le ministre en réponse à la question d’un journaliste. Cette loi fait partie des textes critiques que le pays doit adopter pour lancer effectivement le processus d’assainissement de son système financier, aux côtés de celle aménageant le secret bancaire – adoptée en avril – ou encore de celle posant les bases de la résolution bancaire.

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Il n’est donc pas certain que le FMI, que le Liban espère convaincre de débloquer un programme d’assistance financière conditionné à des réformes, soit particulièrement enchanté de la nouvelle, même si le ministre semblait penser il y a quelques jours que les récentes nominations à la tête de plusieurs autorités de régulation, bloquées depuis des années, étaient suffisantes pour donner le change. Le ministre semble également convaincu que le Liban a marqué des points avec l’adoption du projet de budget de l’État pour 2026, que le Conseil des ministres a finalisé lundi. L’adoption du texte, qui doit encore être voté par le Parlement à moins d’un an des élections législatives de mai prochain, a d’ailleurs été au menu des deux réunions du ministre.

Selon une source proche du gouvernement, le texte initialement transmis par le ministre des Finances fin août aurait été largement modifié au cours de la semaine, mais nous n’étions pas en mesure de consulter la version finale que le ministère devait encore achever. Prenant les devants, l’Ordre des experts-comptables libanais a annoncé, dans un communiqué publié mardi, avoir soumis au secrétariat général du Conseil des ministres un document officiel contenant ses observations et propositions, qui visent principalement à lutter contre l’évasion fiscale.

Signature prochaine d'un prêt pour la reconstruction

Le ministre a brièvement évoqué le programme de la visite de la délégation du FMI, restée jusque-là assez discrète. « Le Fonds monétaire a déjà entamé des discussions avec les directeurs du ministère et d’autres ministères, et rencontrera durant cette visite de nombreux représentants du secteur privé, ainsi que les trois présidents (le chef de l’État Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berry). Ce sera l’occasion d’un tour d’horizon complet des progrès réalisés au Liban et des perspectives économiques, financières et monétaires », a expliqué Yassine Jaber.

Il a ensuite confirmé qu’une délégation comprenant notamment le gouverneur de la Banque du Liban Karim Souhaid et lui-même se rendra à Washington en octobre pour une tournée similaire à celle effectuée en avril dernier lors des réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI. « Nous espérons réussir à attirer davantage de contributions pour la reconstruction », a-t-il conclu sur ce dossier. Selon un rapport de la Banque mondiale publié l’hiver dernier, le Liban a besoin d’au moins 11 milliards de dollars pour financer ce chantier et effacer les stigmates de la guerre qui a opposé pendant plus de treize mois Israël au Hezbollah, sans compter l’addition de près d’un an de cessez-le-feu marqué par des frappes israéliennes plus ciblées mais quasi quotidiennes.

Le ministre a également indiqué que le Parlement votera la semaine prochaine la loi approuvant le prêt de 250 millions de dollars signé fin août par le Liban et la BM pour financer une partie de la reconstruction du pays. L’enveloppe devra être accordée sous l’intitulé Lebanon Emergency Assistance Project (LEAP), et sera assortie d’un cadre spécifique pour encadrer la manière dont elle sera dépensée.

« Dès que la loi sera adoptée par le Parlement, dans les jours qui suivront, le prêt pourra être utilisé. Le Conseil du développement et de la reconstruction sera chargé de l’exécution des projets. Ce prêt est une somme initiale pour un fonds plus large, qui inclura une contribution de 75 millions d’euros de la France, ainsi que des promesses de soutien provenant de fonds arabes et islamiques. Les projets de reconstruction démarreront dans plusieurs régions », a encore rappelé le ministre.

À moins d’un changement de trajectoire, la loi devant organiser la répartition des énormes pertes financières accumulées par le Liban, qui ont provoqué l’effondrement de son secteur bancaire, ne sera pas adoptée avant le départ de la délégation libanaise à Washington, mi-octobre, pour participer aux assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.Le ministre des Finances Yassine Jaber l’a affirmé mardi au cours d’un point de presse organisé à l’issue de deux réunions inscrites à son agenda : une première avec le directeur régional de la Banque mondiale Jean-Christophe Carret, et une seconde avec la délégation du FMI dirigée par le chef de mission Ernesto Ramirez Rigo. Celle-ci est arrivée au Liban pour une visite destinée à poursuivre les discussions autour d’un «...
commentaires (4)

Encore du bla bla.. il n’y a qu’une question à laquelle doivent répondre le ministre et le gouverneur: quand est ce que l’Etat corrompu et voleur va nous rendre notre épargne EN TOTALITÉ ? Toutes les autres mesures comme plus de cent mille ou moins de cent mille ne sont que des légitimations du voleur de l’épargne. Rendez nous notre pognon ensuite faites ce que vous voulez, on n’a plus aucune confiance ni en vous ni dans les banques libanaises

Ras le bol

11 h 36, le 24 septembre 2025

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Commentaires (4)

  • Encore du bla bla.. il n’y a qu’une question à laquelle doivent répondre le ministre et le gouverneur: quand est ce que l’Etat corrompu et voleur va nous rendre notre épargne EN TOTALITÉ ? Toutes les autres mesures comme plus de cent mille ou moins de cent mille ne sont que des légitimations du voleur de l’épargne. Rendez nous notre pognon ensuite faites ce que vous voulez, on n’a plus aucune confiance ni en vous ni dans les banques libanaises

    Ras le bol

    11 h 36, le 24 septembre 2025

  • de toutes les manieres le FMI lui-meme trouvera des echappatoires afin de retarder sa decision -positive - , dans l'attente du desarmement de la milice iranienne et donc la fin de la guerre au Liban. quant a cette repartition des pertes?!?!?! ils attendent de trouver LA FORMULE la meilleure qui fermera le bec aux citoyens voles par eux - malgre eux, par pragmatisme sinon par conviction.

    L’acidulé

    11 h 03, le 24 septembre 2025

  • MM. Jaber, Nerguizian, Kanaan et Souhaid, et les crapules bancaires dans leur ensemble, doivent comprendre une fois pour toutes que le FMI n'enterinera aucun de leur plans foireux tant qu'ils maintiendront un double taux de change (celui du marche et celui, scelerat, de la circulaire 151 TOUJOURS en vigueur) et tant que les crapules bancaires refuseront d'assumer leur part des pertes (ou plutot du VOL des depots). Poursuivre la politique de la canaille Salame / Mansouri ne vous menera nulle part.

    Michel Trad

    22 h 19, le 23 septembre 2025

  • Sur ce sujet aussi le Liban Officiel ment, biaise et abreuve le FMI de bonnes paroles non suivies de réformes. Personne n'est dupe: Un budget dont l'essentiel va au clientélisme du duo Berri/Hezballah ne convainc pas. Ni les instances de controles noyautées par ces derniers d'ailleirs. Si une note devrait etre donnée, le Liban serait le dernier de la classe dans la sincérité des actions et le premier dans l'hypocrisie.

    Moi

    21 h 49, le 23 septembre 2025

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