Le Grand Sérail dans le centre-ville de Beyrouth. Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
L’Ordre des experts-comptables libanais a annoncé, dans un communiqué, avoir soumis au secrétariat général du Conseil des ministres un document officiel contenant ses observations et propositions concernant le projet de budget pour l’année 2026, rapporte l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).
Dans son communiqué, l’Ordre appelle les autorités à « prendre en considération ses propositions dans l’intérêt général », précisant qu’elles visent à « renforcer la justice fiscale, élargir l’assiette de l’impôt et améliorer les mécanismes de contrôle et de conformité, afin d’assurer la soutenabilité financière et économique du pays ».
L’organisation a souligné que sa démarche s’inscrit dans le cadre de son « rôle national », consistant à participer à l’élaboration des politiques financières et fiscales, tant au sein du gouvernement que lors des discussions parlementaires.
Considérant que la priorité est de lutter contre l’évasion fiscale — qui avait atteint 4,5 milliards de dollars en 2018 — l’Ordre propose la mise en place d’une plateforme électronique utilisant la technologie blockchain pour assurer le suivi des opérations d’importation, en reliant le ministère des Finances, les banques et les importateurs, ce qui pourrait générer un milliard de dollars de recettes supplémentaires. Il préconise également l’adoption d’un système de facturation électronique, ainsi que la réalisation d’un recensement global des contribuables croisant les données des municipalités et celles du ministère des Finances afin d’identifier les contribuables non déclarants.
L’Ordre a exprimé son opposition à l’introduction d’un prélèvement anticipé de 3 %, prévu dans le projet de budget, estimant, comme le patronat et l’Association libanaise pour les droits et intérêts des contribuables (ALDIC), que cette mesure « nuit à la liquidité des entreprises du secteur privé, entraîne une inflation des prix et a un impact négatif sur l’économie nationale ».
Enfin, l’Ordre a formulé d’autres propositions, parmi lesquelles : la modification d’un article de la loi sur la TVA afin de prolonger le délai de déclaration de 20 à 30 jours après la fin du trimestre concerné, alignant ainsi le Liban sur les pratiques en vigueur dans l’Union européenne ; et l’instauration d’une exonération temporaire de deux à trois ans de l’impôt sur les salaires et traitements concernant les prestations de santé, d’hospitalisation et de scolarité supportées par les employeurs, avec possibilité de déduction de l’impôt sur le revenu.
Le projet de budget a été adopté lundi par le Conseil des ministres, environ une semaine après le début de son examen. Il comprend de nombreuses modifications que le ministère des Finances doit désormais intégrer dans le texte à transmettre au Parlement. Son adoption coïncide avec la visite d’une délégation du Fonds monétaire international, présidée par le chef de mission pour le Liban, Ernesto Ramirez Rigo, qui a rencontré le ministre des Finances Yassine Jaber mardi.


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