Le leader des Forces libanaises, Samir Geagea. Photo fournie par son bureau de presse
Le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a affirmé dimanche que le processus visant à éliminer les formations armées illégales au Liban avait officiellement débuté, marquant selon lui « un tournant dans la lutte du pays pour préserver sa souveraineté, sa dignité et son identité nationale », a rapporté l’Agence nationale d’information (ANI, officielle).
« La décision fondamentale a été prise : il n’y aura pas de formations armées illégales au Liban. Sa mise en œuvre pourrait prendre plusieurs mois, mais le processus est désormais enclenché. Ce n’est plus une idée pour l’avenir, c’est une réalité actuelle », a déclaré le leader maronite lors d’une rencontre avec des membres de la diaspora des FL, au siège du parti à Meerab.
« Nous avons gagné la bataille pour l’existence de l’État, celle de notre liberté et de notre dignité, et celle pour préserver l’identité du Liban. Le pays redeviendra tel que vous le connaissez. Il ne faut pas oublier que l’élan général, dans le monde arabe comme à l’échelle internationale, va dans ce sens, et rien n’indique que les événements prendront une autre direction », a-t-il ajouté.
Ces propos interviennent à la suite de la décision prise jeudi par le gouvernement de Nawaf Salam de désarmer le Hezbollah d'ici la fin de l'année, en suivant la proposition des États-Unis transmise par leur émissaire Tom Barrack. Les quatre ministres chiites présents à la réunion — dont trois issus de la coalition Hezbollah-Amal — ont quitté la salle lorsque les discussions ont porté sur le document américain. Le Hezbollah avait auparavant appelé le gouvernement à revenir sur sa décision prise mardi.
La proposition américaine ambitionne d'assurer la bonne mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu. Cet accord est entré en vigueur le 27 novembre 2024 après 13 mois de guerre entre le Hezbollah et Israël, mais est violé presque quotidiennement par l'État hébreu, qui continue d'occuper cinq points au Liban-Sud et d'attaquer plusieurs régions du pays, tandis que Tel-Aviv accuse le parti chiite de vouloir reconstruire ses infrastructures au sud du Litani. Le «plan Barrack» prévoit le désarmement du Hezbollah et d’autres groupes armés d'ici la fin de l’année, ainsi qu’une série d’autres mesures, comme la mise en application des réformes, un soutien à l’armée libanaise et la délimitation des frontières avec la Syrie et Israël.
Cette proposition, souvent qualifiée de « feuille de route », a été présentée au Liban par M. Barrack en juin, dans un contexte de pressions internes et internationales croissantes sur le gouvernement libanais pour accélérer l’instauration du monopole de l’État sur les armes, condition préalable à l’octroi d’une aide financière étrangère indispensable.
Le président Joseph Aoun, qui soutient la décision du cabinet, mène les discussions avec le Hezbollah, plaidant pour un dialogue qui n’aggrave pas les tensions dans un contexte politique en mutation. Le parti-milice affirme de son côté qu’il ne déposera pas les armes tant qu’Israël poursuivra ses agressions et occupera des territoires au Liban-Sud.
Samir Geagea, dont le parti est radicalement opposé au Hezbollah, avait indiqué vendredi sur la chaîne al-Jadeed, que « nous sommes prêts à nous asseoir avec le Hezbollah dès qu’il annoncera qu’il va appliquer la décision du gouvernement concernant la remise de ses armes. Notre différend avec eux porte sur les armes, et une fois celles-ci remises, la situation deviendra une simple compétition politique normale ».
Ces derniers jours, des partisans du Hezbollah ont organisé des manifestations dans plusieurs régions du pays, formant des dizaines de convois à moto et brandissant les drapeaux du parti, pour protester contre les décisions du gouvernement.
« Assad est parti, et nous sommes restés »
Le chef des FL a aussi consacré une importante partie de son intervention à la situation en Syrie. « Ces deux dernières années, des rêves se sont réalisés de plusieurs manières. Qui aurait imaginé que Bachar el-Assad tomberait en Syrie de cette manière ? Au sommet de sa puissance, on nous disait qu’il ne tomberait jamais (malgré le conflit qui a éclaté en Syrie à partir de 2011, Ndlr). Nous devons tirer les leçons de cette expérience pour aller de l’avant. La voie est ouverte, mais nous ne devons jamais oublier les périodes difficiles », a poursuivi M. Geagea.
Le régime Assad a été renversé le 8 décembre 2024 par une coalition de groupes islamistes rebelles menée par Hay'at Tahrir el-Cham (HTC), dirigé alors par Ahmad el-Chareh, qui est depuis devenu président par intérim.



Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Pour les non partisans ( la très grande majorité des Libanais), ce qu’il dit est logique et sensé. Qui ne veut pas retrouver le Liban prospère et en paix d’antan ? Qui voudrait servir encore de chair à canon pour les autres, mêmes Palestiniens ? A quoi bon toutes ces guerres provoquées par nous, et toutes misérablement perdues ? On en veut encore ? Il faut bien le dire, ce n’est pas un péché quand même.
07 h 41, le 11 août 2025