La balle est désormais dans le camp de l’armée. La décision de confier à la troupe la mission de préparer un plan pour le désarmement du Hezbollah a été prise par le Conseil des ministres, sans discussions. Non pas que l'institution militaire aurait voulu la contester, mais l’absence d’unanimité au sein du gouvernement suscite un certain malaise au sein de la troupe, surtout dans le climat actuel tendu. Ce qui est sûr, affirment des sources militaires, c’est que l’armée n’entrera pas dans une confrontation interne, quelle qu’elle soit. Une affirmation formulée au moment où, dans le cadre de la décision de concentrer les armes aux mains des institutions étatiques, et face à la position affichée du Hezbollah de considérer cette décision comme étant inexistante, des craintes d’éventuels heurts entre les soldats et les combattants du parti s’amplifient.
Selon certaines analyses, la récente opération de l’armée dans la région de Baalbeck contre un trafiquant de drogue surnommé « Abou Sallé » et ses compagnons, avec l’utilisation de drones, a été considérée comme un message au Hezbollah sur la détermination de la troupe à sévir s’il songeait à s’opposer à son plan de contrôle des armes. Du côté de l’armée, on dément cette approche et on rappelle que « Abou Sallé » et ses compagnons étaient traqués depuis trois ans. Par contre, le dossier des armes du Hezbollah est totalement différent.
Aujourd’hui, l’armée se trouve donc incontestablement face à un immense défi, celui d’élaborer un plan concret et réalisable pour le désarmement du Hezbollah avant la fin de l'année et de le présenter ensuite au Conseil des ministres avant le 31 août. Selon des sources militaires, l’armée ne peut qu’obéir à l’injonction du Conseil des ministres, mais elle aurait certainement préféré que celle-ci fasse l’objet d’un consensus. Non pas parce qu’elle craint le Hezbollah, mais plutôt parce qu’elle se voit comme une armée nationale, au service de tous les Libanais et de toutes les composantes du pays, tout en étant la garante de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du pays. Pour cette raison, elle n’envisage pas de remplir la mission qui lui est confiée par la force, même si certaines parties internes semblent pousser dans ce sens.
Pourquoi cette réticence à agir par la force ? Les sources militaires précitées rejettent la thèse de la crainte de l’effritement de l’armée en brigades confessionnelles, un peu comme cela s’était passé pendant la guerre civile. Elles affirment ne pas craindre un tel scénario, surtout qu’à partir des années 90 du siècle dernier, lorsque l’armée a été réunifiée sous la houlette du commandant en chef de l’époque Émile Lahoud, les brigades ont été mélangées sur le plan confessionnel pour que le scénario de 1984 ne puisse plus se produire. Mais ce qui est demandé à l’armée, c’est un calendrier précis pour la prise de contrôle des armes du Hezbollah, alors que celui-ci clame haut et fort qu’il considère qu’une telle décision n’existe pas. Toutefois, jusqu’à présent, le tandem chiite ne veut pas rompre les ponts avec les responsables libanais et il ne veut pas non plus mettre l’armée au pied du mur, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’a pas demandé à ses ministres de démissionner ou de boycotter les réunions du gouvernement.
Mais cela ne signifie pas pour autant que la mission confiée à l’armée est devenue plus facile. Au contraire, elle est d’autant plus complexe qu’elle doit se réaliser sous les yeux des parties internationales et arabes qui suivent de près chaque développement dans ce domaine. Le commandant en chef de l’armée, Rodolphe Haykal, qui effectue actuellement une visite à l’étranger, pourrait faire remarquer cette difficulté aux ministres s’il est invité à assister à une réunion du gouvernement consacrée à l’examen de ce dossier. Mais face aux pressions externes et même internes, il y a peu de chances que le gouvernement revienne sur sa décision.
Selon les sources militaires précitées, le dialogue avait commencé avec le Hezbollah au sujet du monopole des armes par l’État. Il avait été ainsi question que le Hezbollah remette les missiles restants ainsi que les drones et il ne s’était pas opposé à cette idée, se contentant de réclamer que les armes qu’il remettrait à l’armée ne soient pas détruites et puissent profiter à celle-ci. Beaucoup d’idées peuvent encore être proposées dans ce contexte, soulignent les sources militaires. Malgré cela, les sources militaires précitées estiment qu’il vaut mieux ne pas agir avec précipitation dans un contexte aussi explosif. D'autant que l’exécution d’une telle décision exige aussi des moyens logistiques, militaires et financiers qu’il faut bien préparer à l’avance. Il s’agit donc d’une mission très complexe qui exige beaucoup de coordination et de dialogue entre la troupe et la formation concernée. L’armée mise donc sur la multiplication des contacts entre les différentes parties politiques au cours des prochaines semaines, en insistant sur le fait qu’il existe une volonté chez la plupart d’entre elles de ne pas aller jusqu’au divorce total avec les autres composantes.
Une autre raison pousse l’armée à ne pas vouloir agir par la force contre le Hezbollah : c’est le fait que son environnement populaire traverse une période très critique. D’ailleurs, toutes les expériences passées montrent que lorsqu’une composante se sent exclue, le pays tout entier est paralysé. Finalement, l’armée a beau se blinder, elle reste incrustée dans le tissu social libanais.


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Etonnant que L'OLJ donne un mégaphone a cet individu, lui permettant de derouler une propagande au benefice du hezbollah qui n'apporte rien de positif. Et la Arlette qui en rajoute. La situation très delicate, demande une approche éditoriale équilibrée. La liberté d'expression est vitale, la liberté de publier une propagande pro hezbollah s'apparente a une provocation dangereuse.
11 h 08, le 10 août 2025