Rechercher
Rechercher

Société - Liban

Ghassan Salamé inscrit les silos de Beyrouth dans l'inventaire général des monuments historiques

« Tout responsable sera tenu pour comptable », affirme de son côté le PM, lors d'une table ronde autour du drame du 4-Août organisée par les ministères de la Culture et des Affaires sociales.

Le ministre libanais de la Culture Ghassan Salamé lors d'une table ronde à la Bibliothèque nationale à Sanayeh consacrée aux répercussions des explosions au port de Beyrouth, le 3 août 2025. Photo Mohammad Yassine/L'OLJ

Le ministre libanais de la Culture Ghassan Salamé a affirmé, dimanche, avoir inscrit dans l'inventaire général des monuments historiques les silos du port de Beyrouth, ravagés par les explosions meurtrières du 4 août 2020 et dans lesquels une série d'incendies se sont déclenchés en 2022.

Lors d'une table ronde à la Bibliothèque nationale à Sanayeh consacrée aux répercussions de la catastrophe et organisée avec le ministère des Affaires sociales, la première de ce genre à l'occasion de la commémoration du 4-Août, M. Salamé a affirmé avoir signé cette décision ce dimanche matin.

Lire aussi

Le deuil d'Oum Ahmad, mère courage du 4-Août

Le gouvernement libanais a approuvé la démolition des silos en mars 2022. Deux jours plus tard, le ministre de la Culture avait décidé de les classer parmi les monuments historiques. Fin août 2022, le Premier ministre sortant Nagib Mikati a envoyé une lettre au ministre des Travaux publics pour lui demander de « préserver le bloc sud des silos en guise de mémorial à la mémoire des martyrs du port ». Les proches des victimes du drame du 4-Août se sont dernièrement entretenus avec plusieurs responsables libanais, dont le ministre Salamé, au sujet de la protection des silos du port.

« Pas de compromis au détriment de la justice »

Prenant la parole durant la conférence, le Premier ministre Nawaf Salam a souligné que « la découverte de la vérité sur l’explosion au port de Beyrouth et la tenue des responsables pour comptables sont une cause nationale unificatrice ». «L'impunité est devenue une culture, c’est elle qui a permis la persistance de la corruption et la répétition des effondrements», a-t-il ajouté, notant que « l’affaire du 4-Août n’est pas seulement judiciaire, c’est aussi une interrogation sur la nature du pays dans lequel nous voulons vivre, car il n’y a pas de pays sans justice ». 

Le Premier ministre Nawaf Salam ému par le discours d'une femme ayant perdu son fils dans les explosions au port de Beyrouth. Photo Nabil Ismaïl
Le Premier ministre Nawaf Salam ému par le discours d'une femme ayant perdu son fils dans les explosions au port de Beyrouth. Photo Nabil Ismaïl


Lire aussi

Les traumatismes des Libanais après le 4-Août décryptés par une recherche

« Il n’y aura pas de compromis au détriment de la justice, et aucune fin à cette blessure sans que toute la vérité ne soit révélée et que tous les responsables soient jugés, quels qu’ils soient », a poursuivi M. Salam, affirmant que « tout responsable sera tenu pour comptable ». Le Premier ministre a aussi insisté sur le fait que « sans justice, la citoyenneté n’a aucun sens et la construction de l’État n’a aucune utilité », réaffirmant son engagement à « construire un État libre, indépendant et souverain, qui exerce pleinement sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire par ses propres moyens », conformément à la déclaration ministérielle. « La vérité est la mère de toute justice », a enfin conclu Nawaf Salam.

Le drame du 4-Août a causé la mort de 235 personnes, fait plus de 7 000 blessés et détruit une importante partie de la capitale libanaise. Cinq ans plus tard, aucun responsable n'a encore été jugé, en raison d'ingérences politiques dans l'enquête menée par le juge Tarek Bitar. Plusieurs commémorations sont prévues dimanche et lundi.

Le ministre libanais de la Culture Ghassan Salamé a affirmé, dimanche, avoir inscrit dans l'inventaire général des monuments historiques les silos du port de Beyrouth, ravagés par les explosions meurtrières du 4 août 2020 et dans lesquels une série d'incendies se sont déclenchés en 2022.Lors d'une table ronde à la Bibliothèque nationale à Sanayeh consacrée aux répercussions de la catastrophe et organisée avec le ministère des Affaires sociales, la première de ce genre à l'occasion de la commémoration du 4-Août, M. Salamé a affirmé avoir signé cette décision ce dimanche matin. Lire aussi Le deuil d'Oum Ahmad, mère courage du 4-Août Le gouvernement libanais a approuvé la démolition des silos en mars 2022. Deux jours plus tard, le ministre de la Culture avait décidé de les classer parmi...
commentaires (5)

La véritable justice, la seule action qui mérite d'être érigée en monument, est de trouver les responsables de cette catastrophe et de les tenir pour comptables. C'est cette quête de vérité qui honorera réellement les victimes, pas la conservation d'une coquille de béton.

Kellon Ya3ni Kellon

15 h 11, le 04 août 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (5)

  • La véritable justice, la seule action qui mérite d'être érigée en monument, est de trouver les responsables de cette catastrophe et de les tenir pour comptables. C'est cette quête de vérité qui honorera réellement les victimes, pas la conservation d'une coquille de béton.

    Kellon Ya3ni Kellon

    15 h 11, le 04 août 2025

  • L'idée de transformer ces silos en monuments historiques soulève un débat crucial, opposant la préservation de la mémoire à la quête de justice et de reconstruction. Si l'intention de commémorer la tragédie est louable, l'érection de ces structures éventrées en un mémorial permanent serait une grave erreur. Les silos sont, en effet, les symboles figés de l'injustice et du deuil. Les conserver dans leur état actuel ne ferait que pérenniser le souvenir d'un drame sans coupable, une blessure ouverte qui rappelle chaque jour l'échec des institutions à faire la lumière sur l'explosion.

    Kellon Ya3ni Kellon

    15 h 11, le 04 août 2025

  • On sait c’est la Syrie et le Hezbollah

    Eleni Caridopoulou

    19 h 52, le 03 août 2025

  • du surréalisme.

    Marie Claude

    15 h 42, le 03 août 2025

  • Une petite precision. En 2022 l,’ancien ministre de la culture Mohammad Mortada avait bien annonce l’inscription des silos sur la liste du patrimoine avant de faire machine arriere et de les retirer de la liste deux jours plus tard.

    Tabet Jad

    15 h 27, le 03 août 2025

Retour en haut