Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Photo ANI
Le chef des Forces libanaises Samir Geagea a mis en garde mardi, dans une interview accordée au quotidien al-Chark al-Awsat, contre l'incapacité des autorités libanaises à résoudre la question des armes du Hezbollah, qui sont devenues « inutiles pour la protection du Liban et n'apportent que dégâts et destruction ». Il a par ailleurs estimé que le Liban est face à deux options : soit prendre une décision gouvernementale de dissoudre les organisations armées, soit devoir faire face à « un sale été ».
Interrogé sur les risques sécuritaires au Liban cet été, à l'heure où les autorités n'ont toujours pas entamé le désarmement du Hezbollah, le leader chrétien a affirmé ne pas savoir si les mois à venir seront marqués « par une guerre israélienne à grande échelle, ou une escalade militaire plus large… mais ce qui est certain, c'est que si nous continuons ainsi, nous aurons un sale été ». Le journal fait état par ailleurs de « rumeurs concernant la date limite du 1er août fixée par les États-Unis pour le début du processus devant conduire au monopole d'État sur les armes ».
« Pourquoi le Hezbollah s'accroche-t-il à ces objets inutiles dont il dispose ? Pourquoi s'accroche-t-il à une organisation militaire parallèle à celle de l'État ? », s'est demandé le chef des FL, en allusion aux armes du parti chiite. « Dire que ces armes sont destinées à la défense du Liban est un discours creux. Où est la défense ? », a-t-il poursuivi, ajoutant que le parti « tente de maintenir une structure militaire et sécuritaire qui n'a aucun impact sur la défense du Liban, si ce n'est négatif. »
La question du désarmement du Hezbollah polarise l'ensemble de la scène politique libanaise, alors que les pressions internationales s'accentuent depuis l'entrée en vigueur le 27 novembre 2024 du cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre ouverte entre le Hezbollah et Israël. Washington exige un calendrier précis et une position claire et publique concernant la remise des armes et les modalités de la mise en œuvre du processus. Le parti pro-iranien, qui persiste dans son refus de remettre son arsenal ou de fixer un calendrier à cet effet, est catégorique dans son rejet d’un nouvel accord, insistant sur la nécessité d’obliger l'Etat hébreu à appliquer celui déjà conclu.
Par ailleurs, le parti Kataëb a tenu mardi un discours similaire à celui de Samir Geagea, dénonçant dans un communiqué le « rejet (du Hezbollah) de toute discussion concernant la question du désarmement » et prévenant qu'il tiendrait pour responsable le Parti de Dieu de toute éventuelle dégradation de la situation sécuritaire ou politique.
Désarmer le Hezbollah, une « demande libanaise »
Samir Geagea a par ailleurs critiqué la « logique » selon laquelle le désarmement du parti sans son consentement risquerait de déclencher une guerre civile au Liban. « Je rejette cette affirmation. Le président de la République (Joseph Aoun) a été élu avec une large majorité, et le gouvernement actuel a obtenu à deux reprises la confiance du Parlement légitimement élu. Ces autorités doivent décider de la démarche à suivre, et non pas invoquer de telles excuses », a-t-il martelé.
Le leader des FL a ensuite affirmé que « la demande de désarmer le parti et de dissoudre ses forces militaires n'est pas tant une demande internationale qu'une demande libanaise stipulée dans le discours d'investiture, la déclaration ministérielle du gouvernement et l'accord de Taëf ». « Ce qu'il faut, c'est que le Conseil des ministres se réunisse maintenant et prenne la décision de dissoudre toutes les organisations armées du pays dans un délai d'un, deux ou quatre mois, et de charger l'armée libanaise de mettre en œuvre cette décision », a-t-il souligné.
Le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem avait affirmé mi-juillet que sa formation « ne renoncera pas à sa force » et qu'elle était « prête à affronter » l'État hébreu. Le parti continue de conditionner l'ouverture d'un dialogue concernant ses armes à l'arrêt des attaques quotidiennes menées par l'armée israélienne au Liban-Sud et au retrait de ses soldats des cinq positions toujours occupées.
« Nous allons poursuivre nos pressions politiques. Nous sommes en contact continu avec le chef de l'État et le Premier ministre mais nous n'attendrons pas éternellement. Nous sommes en train de mener des contacts avec les principales parties politiques dans le cabinet pour une décision sur l'interdiction de toutes les formations armées ».
Il a par ailleurs critiqué le processus consistant à charger le président du Parlement Nabih Berry de discuter avec le Hezbollah avant de revenir vers le gouvernement. « Cela veut dire que l'État ne dispose pas de son entière autorité », a-t-il constaté.
Parallèle avec la Syrie
« Nous voyons tout le monde faire pression sur Israël pour arrêter la guerre à Gaza, mais personne ne parle de ce qu'Israël fait au Liban. Nous devons profiter de nos relations avec les pays du Golfe, Arabie saoudite en tête, l'Occident et les États-Unis, pour faire cesser les hostilités israéliennes et faire sortir l'État hébreu de nos terres », a déclaré M. Geagea. « Nous risquons de voir nos amis nous tourner le dos », a-t-il mis en garde. Il a par ailleurs exprimé sa crainte d'un arrêt du financement de la Finul et de l'armée libanaise, « si la situation devait rester telle quelle ». « La France avait promis une conférence pour aider le Liban, mais elle n'a pas fixé de date à cause du refus américain. La conférence prévue en automne pourrait ne pas se tenir parce que l'étranger est las de notre situation », a-t-il estimé.
« Il y a des projets arabes en Syrie pour des dizaines de milliards de dollars, tandis que nous attendons M. Berry et (l'émissaire américain) Tom Barrack », a-t-il déploré. Évoquant la situation sécuritaire en Syrie et la peur de débordements au Liban, Samir Geagea a affirmé que « l'axe de la moumanaa (nom donné aux partisans du parti chiite, NDLR) tente de trouver des prétextes pour garder ses armes ».
Tom Barrack a effectué plusieurs visites à Beyrouth durant lesquelles il a appelé les autorités libanaises à assumer pleinement leurs responsabilités dans le désarmement du Hezbollah.





De sa cachette, Naïm kassem ne renoncera pas à sa force dit-il. Sa force est uniquement dirigée vers les Libanais…sans armes. La milice a été battue au Liban, et chassée de Syrie. Elle n’a aucune raison d’être. Servir sérvilement les barbus iraniens ne lui a apporté que mort et destruction. Avant sa guerre stupide de soutien au Hamas, il n’y avait pas un seul soldat israëlien chez nous. Grâce à la « résistance » il y en a plein maintenant. Encore une belle victoire divine. Et dire que certains y croient !
07 h 03, le 30 juillet 2025