Le leader druze Walid Joumblatt prononce un discours en 2023 à Moukhtara. Photo Joseph Eid/AFP
Le leader druze et ancien président du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, s'est prononcé en faveur du retrait des armes lourdes de l'arsenal du Hezbollah, samedi dans une interview à la chaîne saoudienne al-Arabiya.
« Les responsables du Hezbollah doivent comprendre que le fait de conserver des armes lourdes et des missiles ne sert à rien. Ce n'est plus utile, au contraire, cela va nous causer des problèmes et le Liban ne se stabilisera pas. (...) Cela nous causera, à nous et à eux (le Hezbollah), la destruction complète » a déclaré le chef druze, interrogé sur sa position quant à l'arsenal du parti chiite, dont le désarmement est au cœur des tractations politiques libanaises et internationales depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu ayant mis fin aux deux mois de guerre totale avec Israël, le 27 novembre 2024.
« Pas d'armes en dehors de celles de l'État »
« Je reviens sur l'idée de résistance, a-t-il ajouté. Cela n'enlève rien à ma condamnation historique de l'occupation occidentale et israélienne sioniste de la Palestine mais, du moins, c'est ma position pour le Liban. Bien sûr, cela doit venir avec l'application des décisions internationales et parmi elles, le retrait de l'armée israélienne des territoires occupés au Liban », a-t-il dit, avant de réaffirmer son soutien à l'idée du monopole des armes dans les mains de l'État, alors que le PSP a officiellement remis ses armes fin juin, dans l'espoir que le parti chiite et les factions palestiniennes au Liban en fassent de même.
« Nous nous sommes mis d'accord avec le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam sur l'application de l'ensemble des décisions internationales : il ne doit pas y avoir une arme en dehors des celles de l'État. Ce travail a commencé au Liban-Sud, mais dans le même temps, les bombardements israéliens et les tueries ne se sont pas arrêtés », a-t-il souligné.
Interrogé sur la « guerre de soutien » dont le front avait été ouvert le 8 octobre 2023 par le Hezbollah en solidarité avec la bande de Gaza et le mouvement Hamas, M. Joumblatt est revenu une nouvelle fois sur ses anciennes positions, en faveur de «l'équilibre de la terreur» que l'arsenal du Hezbollah imposait à Israël selon lui et les partisans du parti pro-iranien. « Je pensais à cette époque que l'arsenal et les missiles (du Hezbollah) pourraient entraver et dissuader Israël, mais c'était peut-être une erreur. Les choses ont changé depuis la guerre de 2006 », a-t-il concédé.
« Pas de désarmement par la force »
Le responsable druze a enfin estimé que ce processus ne devait toutefois pas se faire « par la force », sous peine de trouble sécuritaires internes. « Au fond de moi, je ne crois pas à l'issue des arrangements politiques libanais, mais il n'est pas possible de démilitariser le Hezbollah par la force. Je l'ai dit, ces missiles lourds ne servent plus à rien, mais il faut qu'il y ait un soutien international de l'armée libanaise. Jusqu'à présent, nous avons vu un peu de soutien, mais il est timide », a-t-il conclu.
Ces déclarations interviennent alors que les États-Unis, par l'intermédiaire de leur envoyé spécial pour le Liban et la Syrie, Tom Barrack, appellent à l'élaboration d'une feuille de route claire pour le désarmement du Hezbollah, comprenant un calendrier et des mécanismes d'application. « La crédibilité du gouvernement libanais repose sur sa capacité à mettre en pratique ces principes, a écrit le diplomate américain samedi sur X. Comme ses dirigeants l'ont répété à maintes reprises, il est crucial que l'État ait le monopole des armes. Tant que le Hezbollah conservera les armes, les paroles ne suffiront pas. Le gouvernement et le Hezbollah doivent s'engager pleinement et agir dès maintenant afin de ne pas confiner le peuple libanais dans un statu quo précaire ».
Le parti pro-iranien a laissé entendre qu'il rejetterait tout nouvel accord sur son arsenal, insistant sur le fait qu'Israël doit d'abord se conformer aux accords existants. Le Hezbollah exige notamment que l'armée israélienne se retire des cinq positions qu'elle occupe encore au Liban-Sud et cesse ses frappes quotidiennes dans la zone frontalière, qui ont fait au moins 285 morts depuis la trêve, selon un décompte de l'ONU et de L'Orient-Le Jour.




Si pour certains ces armes sont là pour assurer la sécurité des « chiites », pourquoi alors leurs régions ont été détruites, leurs partisans délogés et les attaques incessantes sont toujours en vigueur sans que ces armes n’arrivent à les stopper. Assez de balivernes. Ces fossoyeurs trouveront toujours un ennemi pour justifier la possession d’armes étrangères sur notre sol dans le seul but de nous asservir et rien d’autre. Regardez-les nous menacer tous les jours alors qu’on essaie de sauver nos compatriotes de leur folie suicidaire. Ces menaces nous sont adressées et pas aux pseudos ennemis
11 h 48, le 28 juillet 2025