Ziad Rahbani lors du festival de jazz du Caire, en mars 2010. AFP/KHALED DESOUKI
L'artiste libanais Ziad Rahbani est décédé samedi matin à l'âge de 69 ans d'une crise cardiaque. Fils de l'icône Feyrouz et du compositeur Assi Rahbani, il était une voix libre et engagée que certains ne voulaient pas entendre et que d’autres n’oublieront jamais.
« Samedi à 09h00 du matin, le coeur du grand artiste et créateur Ziad Rahbani s'est arrêté de battre », a affirmé un communiqué de l'hôpital où il était traité à Beyrouth. Dans un communiqué publié dans l'après-midi, l'administration de l'hôpital Fouad Khoury à Hamra a affirmé que Ziad Rahbani est décédé samedi matin à 9h. « La famille a été immédiatement informée. Le destin a voulu que cet artiste exceptionnel, qui a marqué de son empreinte l’histoire de l’art, du théâtre et de la musique libanaise, nous quitte », ajoute le texte.
La famille Rahbani a de son côté annoncé que ses funérailles auront lieu le lundi 28 juillet en l'église de la Dormition de la Vierge à Mhaydsé-Bickfaya, dans le Metn, à 16h et que les condoléances seront reçues par la famille avant et après les obsèques, ainsi que le mardi 29, dans le salon de l'église. Un bref communiqué, publié par plusieurs de ses « compagnons », a de son côté appelé à une cérémonie devant l'hôpital Khoury à Hamra lundi à 8h, afin de « dire adieu » au défunt.
Né le 1er janvier 1956 à Antélias, sur la côte du Metn, Ziad Rahbani effectue ses études au Collège Notre-Dame de Jamhour, des pères jésuites. Ziad Rahbani lance sa carrière artistique au début des années 70, présentant sa pièce «Sahriyé» (soirée), qui sera suivie de plusieurs autres, critiques de la société libanaise. À 17 ans, il compose sa première chanson, « Sa'alouni el nas », qui sera chantée par Feyrouz, et écrira ensuite plusieurs chansons pour sa mère telles que « Kifak enta » et « Bektoub esmak ».
Ziad Rahbani a été un fervent partisan du Parti communiste libanais et un critique acerbe du confessionnalisme dans le pays. Lors de la guerre civile (1975-1990), il est resté à Beyrouth et s'est installé dans la partie ouest de la capitale. Son humour décalé et ses prises de position satiriques ont fait de lui une icône de la scène artistique et culturelle libanaise. Ses pièces, telles que « Bil nisbé la boukra chou ? » ou encore « Film amériké taweel » mêlaient satire politique, critique sociale et jazz engagé.
Ces dernières années, Ziad Rahbani s'était pratiquement retiré de la scène artistique, faisant de rares apparitions en public, comme en 2018, lorsqu'il s'était produit au Festival de Beiteddine. Il se produira aussi à l’Université américaine de Beyrouth (AUB), et collaborera avec de jeunes artistes libanais, en marge des projecteurs.




Ziad Rahbani, le fils de l'icône Fayrouz n'est plus. Dans un pays où se soigner est difficile, Ziad a renoncé à se soigner. Il continuera à se soigner auprès du divin.RIP l'artiste
18 h 14, le 26 juillet 2025