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Culture - Art

Le Liban pleure la disparition de Ziad Rahbani, pilier de la scène culturelle

De Joseph Aoun au monde artistique libanais en passant par Geagea et le Hezbollah, les hommages continuent de se succéder.

Le Liban pleure la disparition de Ziad Rahbani, pilier de la scène culturelle

L'artiste libanais Ziad Rahbani. Photo qui circule sur les réseaux sociaux

Dans des messages mêlant tristesse et fierté, plusieurs responsables et figures libanaises ont salué la mémoire de l’un des plus grands piliers culturels du pays, l’artiste Ziad Rahbani, décédé samedi matin à l'âge de 69 ans après une carrière exceptionnelle de plusieurs décennies. Au-delà des clivages et appartenances politiques, le Liban pleure la perte de cette voix libre qui a su toucher les consciences par son art engagé, son humour acerbe et sa fidélité aux causes des plus vulnérables.

Dans un communiqué publié sur X, le président de la République Joseph Aoun a exprimé sa peine suite au décès du musicien et compositeur. « Ziad Rahbani n’était pas simplement un artiste, mais une véritable figure intellectuelle et culturelle à part entière. Bien plus encore, il était une conscience vivante, une voix rebelle face à l’injustice, un miroir fidèle des opprimés et des marginalisés », a-t-il souligné. Il a également rappelé que Rahbani « écrivait la douleur des gens ». « À travers son théâtre engagé et sa musique débordante de créativité, oscillant entre classique, jazz et musique orientale, il a offert une vision artistique unique, ouvrant de nouvelles fenêtres à l’expression culturelle libanaise, atteignant l’universalité avec brio », a-t-il ajouté.

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Le chef de l'État a présenté ses condoléances à la diva iconique libanaise Feyrouz, mère du disparu et veuve de Assi Rahbani, lui aussi un grand artiste. « Nos cœurs sont à ses côtés dans cette épreuve douloureuse, partageant la peine de perdre celui qui était pour elle bien plus qu’un soutien », a-t-il écrit dans un message. Il a conclu en assurant que « les œuvres exceptionnelles de Ziad resteront vivantes dans la mémoire des Libanais et des Arabes et continueront à inspirer les générations à venir, leur rappelant que l’art peut être une forme de résistance, que les mots peuvent porter un engagement ».

Une voix « fidèle à la justice »

De son côté, le Premier ministre Nawaf Salam a estimé qu' « avec la disparition de Ziad Rahbani, le Liban perd un artiste créatif exceptionnel et une voix libre restée fidèle aux valeurs de justice et de dignité ». « Ziad a incarné un engagement profond envers les causes humaines et nationales », a-t-il ajouté. Il a également souligné que « sur scène, à travers la musique et les mots, Ziad a dit ce que beaucoup n’osaient pas dire, touchant les espoirs et les douleurs des Libanais durant des décennies. Par sa franchise tranchante, il a semé une nouvelle conscience dans la mémoire culturelle nationale ».

Le président du Parlement, Nabih Berry, a également rendu hommage à l’artiste, estimant que « le Liban sans Ziad est une mélodie triste et des mots brisés. Un rideau noir tombe sur un chapitre Rahbani, humain, culturel, artistique et national qui ne meurt pas ». 

Le ministre de la Culture, Ghassan Salamé, a pour sa part écrit sur X : « Nous redoutions ce jour, car nous savions que sa santé se détériorait et que son désir de se faire soigner diminuait. Les projets de le soigner au Liban ou à l'étranger étaient devenus obsolètes, car Ziad n'avait plus la capacité d'imaginer le traitement et les opérations nécessaires ».

Le ministre de l’Information, Paul Morcos, a souligné qu' « avec la mort de l’artiste Ziad Rahbani, le Liban et le monde perdent un pilier de l’art libanais créatif, pionnier et exceptionnel ».

Un génie et une « figure nationale »

Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a de son côté regretté la disparition d'un « artiste exceptionnel ». Il a présenté ses condoléances à la « grande famille d'artistes » des Rahbani, ainsi qu'à « tout le peuple libanais, qui continuera à se souvenir des oeuvres de Ziad pendant longtemps ».

Le Hezbollah a également rendu hommage à une « figure artistique nationale et résistante au parcours généreux en amour et créativité » et présenté ses condoléances à sa famille. Ziad Rabhbani « a incarné, à travers son art et ses prises de position, un modèle d’art engagé au service de la patrie et de l’être humain. Il a dessiné depuis sa scène l’image véritable du pays dont rêve chaque citoyen : une patrie d’unité, de dignité et de coexistence », a ajouté le parti chiite, qui estime que le défunt a été une « source d’inspiration pour ceux qui se sont engagés à défendre des justes causes ».

« Que ton âme repose en paix, fils de Feyrouz et Assi. Tes mélodies resteront vivantes et refuseront le silence, tout comme tu refusais de te soumettre », a écrit le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Gebran Bassil sur X.

Le chef des Marada Sleiman Frangié a estimé que « le Liban perd aujourd’hui un génie qui a consacré sa vie, son art, sa musique, son théâtre et sa critique à la patrie qui l’a distingué ».

Le député Pierre Bou Assi, membre du groupe parlementaire des Forces libanaises (FL), « La République forte », a, lui, affirmé que « chaque cœur au Liban est triste aujourd’hui », a-t-il écrit sur X. « Comment sera notre lendemain sans Ziad ? Qui nous surprendra encore avec une œuvre immortelle (...) ? Qui nous fera rire de notre propre image dans son miroir ? », s'est-il encore demandé.

« Nous t'aimons 'sans condition' », a de son côté écrit sur X le député Michel Moawad, reprenant ainsi les paroles de la célèbre chanson de Ziad Rahbani « bala wala chi ».

L’ancien Premier ministre Nagib Mikati a souligné que « le départ de l’artiste créatif Ziad Rahbani est une grande perte pour l’art au Liban et dans le monde arabe », notant que « sa mémoire demeurera vivante à travers les œuvres remarquables qu’il a offertes, formant une création unique devenue un modèle pour de nombreux artistes. L'ancien chef du gouvernement Saad Hariri a aussi estimé que « le Liban perd une valeur artistique et musicale mondiale ».

« Figure majeure de la belle époque »

Le député Marwan Hamadé a déploré « le départ de l’une des figures majeures de la belle époque, où la révolution embrassait la créativité libanaise sans jamais la déformer ni la freiner ». La députée Paula Yaacoubian a estimé que « Ziad n’était pas simplement un artiste, il était le miroir d’un pays brisé et la voix de ceux qui n’en ont pas ».

De son côté, le secrétaire général du parti arménien Tachnag, le député Hagop Pakradounian, a rendu hommage à l’artiste disparu, estimant que son « esprit de résistance et de patriotisme restera vivant à jamais dans les rues du Liban ».

Hommages d'artistes

Plusieurs artistes ont aussi déploré sa disparition. « Un génie de mon pays s'en est allé. Hommage respectueux à ta créativité », a écrit Majida el-Roumi, dans un hommage à son esprit « révolté ». « Ziad le génie est parti, Ziad le créatif est parti. Tes œuvres resteront éternelles et ton grand art vivra dans les cœurs et les esprits à travers les générations », a pour sa part regretté le chanteur syrien Georges Wassouf. « Pourquoi est-ce que je ressens que tout est perdu, que le Liban est vide ? », s'est interrogée l’actrice Carmen Lebbos. Enfin, la chanteuse Elissa a souligné que Ziad Rahbani « n’était pas un artiste ordinaire ». « Il n’était pas non plus une personne ordinaire. Son génie musical et artistique est unique, et aujourd’hui avec sa perte, le Liban perd une part importante de lui-même et une grande part de sa mémoire collective ».

Le Conservatoire national a aussi rendu hommage à Ziad Rahbani. Sa présidente Hiba Kawas a souligné qu'il s'agit d'une « perte nationale irremplaçable ».

Après avoir effectué ses études au Collège Notre-Dame de Jamhour, des pères jésuites, Ziad Rahbani, né en 1956, lance sa carrière artistique au début des années 70, présentant sa pièce « Sahriyé » (soirée), qui sera ensuite suivie de plusieurs pièces critiques de la société libanaise. Il a également composé plusieurs chansons pour Feyrouz, qui ont été couronnées de succès.

Ziad Rahbani est connu pour ses positions politiques communistes et son humour décalé, qui ont fait de lui une icône de la scène artistique et culturelle libanaise. 

Dans des messages mêlant tristesse et fierté, plusieurs responsables et figures libanaises ont salué la mémoire de l’un des plus grands piliers culturels du pays, l’artiste Ziad Rahbani, décédé samedi matin à l'âge de 69 ans après une carrière exceptionnelle de plusieurs décennies. Au-delà des clivages et appartenances politiques, le Liban pleure la perte de cette voix libre qui a su toucher les consciences par son art engagé, son humour acerbe et sa fidélité aux causes des plus vulnérables.Dans un communiqué publié sur X, le président de la République Joseph Aoun a exprimé sa peine suite au décès du musicien et compositeur. « Ziad Rahbani n’était pas simplement un artiste, mais une véritable figure intellectuelle et culturelle à part entière. Bien plus encore, il était une conscience vivante, une...
commentaires (2)

Mon Dieu quelle triste nouvelle. ???

R.E.K.

18 h 46, le 26 juillet 2025

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Commentaires (2)

  • Mon Dieu quelle triste nouvelle. ???

    R.E.K.

    18 h 46, le 26 juillet 2025

  • Un immense artiste en effet et notre perte n’en est que plus cruelle. Ziad n’a pas fait la carrière à laquelle son talent le destinait, sans doute parasité par ses tourments intérieurs et le poids de ses géniteurs hors norme. Il nous laisse quand même un héritage passionnant, mélange de créativité musicale, d’humour, d’impertinence et de contestation du (dés)ordre établi. Une icône qui a voulu rester underground.

    Marionet

    14 h 24, le 26 juillet 2025

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