Les lionceaux âgés de quelques mois au zoo Zazoo de Hazmieh. Photo fournie par Animals Lebanon
Le ministère libanais de l’Agriculture a ordonné jeudi la confiscation de deux lionceaux maltraités au zoo Zazoo de Hazmieh, après la diffusion sur les réseaux sociaux de photos montrant de jeunes lionceaux âgés de quelques mois, tenus dans les bras de visiteurs. Alertée la semaine dernière, l’association Animals Lebanon a aussitôt lancé une enquête avec le soutien de ses avocats. Malgré une convocation policière, le propriétaire du zoo ainsi que les félins restent introuvables.
Les éléments recueillis par Animals Lebanon ont été présentés mardi à un juge des référés, qui a aussitôt ordonné un état des lieux, explique à L'Orient-Le Jour l'avocat de l'association, Mounir Zoghbi. Présent au zoo mercredi à cette occasion, ce dernier nous a rapporté avoir noté « des odeurs atroces, des chevaux mangeant leurs propres selles en raison du manque de nourriture, un lion, une lionne et un tigre squelettiques, ainsi que d'autres animaux à l'étroit dans des cages trop petites pour leur gabarit ». Il a aussi constaté l'état « alarmant » des deux lionceaux. Et l'avocat de préciser : « Le propriétaire affirme que les félins sont nés dans le zoo, ce qui est interdit par la loi et doit être signalé au ministère de l'Agriculture. » Selon l'enquête, la plupart des papiers assurant la légalité de l'activité du zoo étaient introuvables, et les seuls présentés par le propriétaire ont confirmé « l'absence ou le retard dans la vaccination » de la plupart des animaux, la dernière attestation sanitaire « datant d'octobre 2017 », précise M. Zoghbi.
Informé de ces faits, le ministère de l’Agriculture a décidé jeudi la confiscation immédiate des lionceaux, qui devaient être confiés à Animals Lebanon, en raison de l’état « préoccupant » des lieux et du « flou juridique entourant leur détention ». Accompagnés par la police, des agents du ministère et Me Zoghbi se sont rendus au zoo pour procéder à la saisie, sans succès. Un porte-parole de l'association explique à L’Orient-Le Jour que le propriétaire, « alerté par la décision du juge et du ministère, a enlevé les lionceaux et reste depuis introuvable ». L’avocat du zoo, présent sur place, aurait déclaré que « le propriétaire (...) ne se soucie pas de la loi. ». Le propriétaire a été convoqué par la police pour un interrogatoire, mais ne s’est pas présenté. « Il a été de nouveau convoqué pour lundi prochain et un avis de recherche sera publié s’il ne se manifeste pas », précise Me Zoghbi.
Pour l’heure, « Animals Lebanon ne peut que suivre la situation et communiquer dessus », déplore le porte-parole. « Nous espérons que le propriétaire finira par se présenter et rendre les lionceaux, tout en améliorant les conditions du zoo et le traitement des animaux », confie-t-il à L’Orient-Le Jour. « Mais le ministère et notre équipe ne lâcheront pas l’affaire », assure de son côté l’avocat.
Le zoo Zazoo avait déjà fait l’objet de controverses et des animaux lui avaient été confisqués conformément aux lois en vigueur, rappelle Animals Lebanon. L’association cite les articles 24, 25 et 26 de la loi sur le bien-être animal, qui prévoient la saisie des bêtes maltraitées, des amendes, la fermeture provisoire ou définitive des établissements, ainsi qu’une peine de prison pouvant aller jusqu’à quatre ans. D’autres sanctions peuvent s’ajouter dans le cadre de procédures judiciaires ou policières, indépendamment de cette loi.
Selon Animals Lebanon, les lions et autres animaux sont souvent vendus au marché noir pour 10 000 dollars ou plus. Ils naissent dans des zoos libanais ou sont introduits illégalement via la Syrie ou l’aéroport de Beyrouth.





mais pourquoi ce zoo sale et illegal fonctionne toujours ?!?
08 h 38, le 13 juillet 2025