Illustration L'Orient-Le Jour.

Voilà deux mois qu’il y est, et Karim Souhaid imprime peu à peu sa marque à la tête d’une Banque du Liban en quête de légitimité.
Coopération annoncée avec des cabinets d’avocats pour lutter contre la corruption, audit juricomptable, volonté affichée de faire payer les responsables et d’instaurer plus de transparence… Le nouveau gouverneur s’attèle à montrer que la page de la période Salamé est officiellement tournée.
Mais l’est-elle vraiment ? Et Karim Souhaid peut-il s’affranchir des réalités du système dont il hérite ?
Alors que le chantier des réformes est lancé, nos journalistes tentent de répondre à ces questions et décryptent pour vous l’actualité de la BDL.


La BDL renforce la régulation des sociétés de transfert d'argent et de porte-monnaie électroniques

Après un essor de ce type d'activité ces dernières années, notamment survenu avec la perte de confiance des Libanais dans les banques, la BDL a entériné une nouvelle mesure visant à réorganiser et réglementer les activités des sociétés de transfert d'argent et de porte-monnaie numériques au Liban. Que prévoit la circulaire ? Explications avec Stéphanie Bechara.

Souhaid à la manœuvre pour verrouiller la future autorité bancaire

Le gouvernement veut rompre avec la domination historique de la BDL, accusée d’être l’épicentre de la crise, et instaurer une instance plus équilibrée. Mais cette ambition n'est pas du goût de Karim Souhaid. À la place, le gouverneur de la Banque centrale. défendu un contre-projet prévoyant la création, au sein même de la BDL, d’une « autorité spécialisée dans la restructuration des banques », pour que l'institution reste l'unique maître à bord. L'éclairage de Mounir Younès.

Audit juricomptable : Souhaid veut clore la parenthèse Salamé

Rompant avec l'obstructionnisme de son prédécesseur, le gouverneur de la BDL veut reprendre l’audit juricomptable des comptes de la BDL. Une ouverture qui pourrait aider à éclaircir plusieurs zones d'ombre, à condition que les différentes parties soient prêtes à en assumer les conséquences. Mounir Younès vous parle de cette initiative qui remet en question l’architecture même du contrôle institutionnel.

« Chacun devra payer sa part... » lance Souhaid au lobby bancaire

L’État, la Banque du Liban et les banques... « Chacun devra payer sa part » pour régler la crise financière, a déclaré le gouverneur de la BDL. Assurant n'être ni « l’allié des banques, ni leur ennemi », Karim Souhaid a livré sa propre lecture de la restructuration. Pratiques des grandes banques qui ont en partie contribué à l’émergence de la crise, hiérarchie dans le remboursement des dépôts... Passage en revue de ses déclarations, avec Mounir Younès.

La BDL assure lutter contre toute forme de corruption en interne, passée et présente

La BDL veut « coopérer pleinement » dans le règlement de la crise. Audit juricomptable, coopération avec l'exécutif... Elle travaille aussi avec des cabinets d'avocats étrangers pour poursuivre les personnes ou entités ayant, ou ayant eu, un lien direct ou indirect avec elle et qui sont suspectées de corruption. Plus de détails ici.

Répartition des pertes : comment l’idée de faire payer l’État a fait son chemin

C'est le sujet brûlant de la sortie de crise. Qui doit payer, et combien ? Si la logique voudrait que l’ordre des responsabilités commence par les banques, puis la BDL et enfin l’État, le lobby bancaire sabote depuis cinq ans toute tentative qui va dans ce sens. Et l’idée de mettre l’État à contribution, « presque tabou » il y a cinq ans, a désormais fait son chemin. Fouad Gemayel vous explique comment ce retournement s'est peu à peu orchestré.


Et faire payer les voleurs? Non
19 h 09, le 10 juin 2025