Des habitants de Houla, au Liban-Sud, marchent sur les ruines d'une maison détruite après le retrait des troupes israéliennes, le 18 février 2025. Matthieu Karam / L'Orient-Le Jour

Chère lectrice, cher lecteur,
La curiosité est un vilain défaut… et une qualité du journaliste qui, dès lors, peut se trouver exposé à un autre mal : l’angoisse de ne pas être au plus près de l’actualité, surtout lorsque celle-ci accable son pays.
Lorsque j’ai rejoint les rangs de L’Orient-Le Jour, bien dissimulée derrière mon écran, je me trouvais en France, le pays de ma mère. Au même moment, à des milliers de kilomètres d’un appartement qui ne manque jamais d’eau ni d’électricité, des centaines de missiles s’abattaient ça et là dans celle qu’on se plaisait un jour à appeler la Suisse du Moyen-Orient. Le pays de mon père.
Je suis rentrée à Beyrouth un 30 décembre, un mois à peine après un accord de cessez-le-feu qui n’avait que trop tardé. J’avais l’impression d’« arriver après la bataille ». Littéralement. D’avoir raté le coche, d’atteindre, essoufflée, le chevet de mon pays blessé. Satané syndrome de l’imposteur.
Un peu naïve, encore novice, j’ai cru, un instant, que la guerre finie, le train de l’actualité libanaise était passé. J’ai rapidement compris mon erreur de diagnostic : ce pays est en tachycardie. Il ne ralentit jamais : même quand on croit le feu éteint, il reste une étincelle, quelque part, qui s’affole encore et menace de tout faire flamber. Il ne meurt jamais non plus : même quand il est l’enfant malade du monde, toujours le Liban survit.
Il est vrai qu’il ressert souvent le même plat, même si l’assaisonnement varie. Parfois amer, quand l’espoir semble se dissiper. Parfois si doux, quand l’espoir revient à la faveur d’une élection ou d’un bouleversement régional.
Ces mets, nos parents les ont déjà goûtés avant nous. Peut-être seront-ils servis, aussi, à nos enfants. Et pourtant de génération en génération, demeure ce besoin étrange, mais si agréable, de se rasseoir à la même table que ce bout de terre accepte de dresser pour nous. Décidément, le Liban est un savoir-faire ou, dirais-je plutôt en trahissant un peu l’Académie Française, un « savoir-espérer » qui se transmet de père en fille.
Voici ma sélection d’articles.
Julia Mokdad, journaliste et distribution manager


Washington pourra-t-il imposer au Liban une normalisation avec Israël ?

Depuis les propos du député du PSP Wael Bou Faour, le sujet d’une éventuelle normalisation entre le Liban et Israël fait couler beaucoup d’encre. Si toute tentative d’instaurer une paix officielle risque de se heurter au veto du Hezbollah, Washington pourrait s'impatienter et en faire une affaire personnelle. Jeanine Jalkh vous en dit plus.

« Il était le Liban… le vrai » : à la Cité sportive, c’est toute une ère que l’on enterre

L'événement devait être à la hauteur de la légende. Le 23 février, date des obsèques de Hassan Nasrallah et Hashem Safieddine, la Cité sportive et les rues alentour étaient noires de monde. Mais derrière la théâtralité et les discours, se distinguaient très subtilement, une fatigue, et la sensation de dire adieu à toute une ère. Nos journalistes étaient sur place et vous narrent ces funérailles historiques.

Le plan arabe pour Gaza, une alternative à celui de Trump

Ils veulent faire front commun contre le plan de Trump pour Gaza. Les États de la ligue Arabe se réunissent ce mardi 4 mars au Caire. Au cœur des discussions : une proposition égyptienne visant à reconstruire l'enclave, sans déplacer la population. Mais l’alternative souffre encore de fragilités et de limites. Dany Moudallal vous en parle.

Hassan Nasrallah, les guerres qui ont façonné le mythe

Aux commandes du Hezbollah depuis 1992, le « sayyed » était un enfant de la guerre. En dirigeant la seule force armée perçue comme capable de contenir l’ennemi israélien, Nasrallah était devenu le visage de la « résistance », jusqu’à son assassinat par Israël il y a un peu plus de cinq mois. Retour avec Stéphanie Khouri sur le mythe, tandis que le Liban lui a fait ses adieux le 23 février dernier.

À Meis el-Jabal et Mhaybib, même les morts n’ont pas été épargnés par Israël

De retour dans leurs villages du Liban-Sud après le retrait des troupes israéliennes, des habitants découvrent des cimetières endommagés, voire rasés par l’armée israélienne. Emmanuel Haddad a rencontré ces vivants qui pleurent une seconde fois leurs morts.

499 jours plus tard... le retour des habitants du Sud, la tête haute et le cœur lourd

Le 18 février, date de la fin du délai prolongé d’application de cessez-le-feu entre le Liban et Israël, les habitants du Liban-Sud se sont empressés de rentrer dans leurs localités. Et ce, alors même que leurs municipalités les avaient priés de patienter. Mais ils ne pouvaient pas attendre un jour de plus. Lyana Alameddine et Caroline Hayek étaient avec eux, et vous racontent cette journée.

Rafic Hariri et le régime Assad : du « mariage arrangé » au divorce sanglant

Il s’était mis le régime syrien à dos, notamment après s'être opposé à la prorogation du mandat du président de l’époque, Émile Lahoud. Pourtant, avec la présence prolongée de Damas au Liban après la guerre civile libanaise, les choses avaient commencé autrement entre Rafic Hariri et la Syrie. Soulayma Mardam Bey vous raconte l’histoire d’une relation qui a tourné au fiasco.

