Le leader druze Walid Joumblatt, au cours de l'interview lundi soir à la LBC. Photo ANI
Le leader druze et ancien président du Parti socialiste progressiste (PSP) Walid Joumblatt a réaffirmé, dans une interview à la LBC lundi soir, que le commandant en chef de l’armée Joseph Aoun reste le candidat du bloc du PSP, présidé par son fils Taymour. « Nous connaissons le parcours du commandant en chef de l’armée », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’une entente autour de son nom.
« Il est crucial d’élire un président dès le premier tour, parce que si nous devions attendre de le faire après la prise de pouvoir par le président américain Donald Trump, ce serait une erreur fatale. Le Liban ne supporte plus de reports, et il entrerait dans l’inconnu », a-t-il dit. « Il n’existe pas de candidat idéal, et le concept de président fort est de funeste mémoire. Entendons-nous sur un président rassembleur autour de constantes qui sont la trêve (avec Israël, NDLR), les relations avec la Syrie et d’autres dossiers essentiels », a-t-il ajouté.
Le Liban est sans président depuis la fin du mandat de Michel Aoun en octobre 2022, et la session de vote du jeudi est la première organisée depuis plus d’un an. Le commandant en chef de l’armée Joseph Aoun est le candidat le plus en vue, bien qu’il ne fasse toujours par l’unanimité à ce stade.
Selon Walid Joumblatt, après l’élection présidentielle et « quand le nouveau gouvernement sera formé, il faudra plancher sur les réformes exigées par le Fonds monétaire international ».
Inclure les combattants dans l'armée
Interrogé sur le Hezbollah, le leader druze a estimé qu’il ne devait pas être considéré comme vaincu durant la dernière guerre avec Israël et qu’il faut sortir de la logique du vainqueur et du vaincu au Liban. Pour lui, il est crucial de respecter les vies perdues durant ce combat, mais reconnaître également qu’il y a eu des failles internes et qu’il convient d’accepter la nouvelle situation régionale. Pour lui, l’Iran n’a pas abandonné le Hezbollah, mais son apport militaire s’est heurté aux avancées technologiques américaines.
M. Joumblatt s’est déclaré peu favorable aux derniers propos du secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem, et du responsable des relations extérieures Wafic Safa, sur la poursuite de la résistance et les attaques contre le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. « Il faut renforcer l’Etat et y inclure cette large frange qui a combattu au sein de l’armée, tout comme nous avons réussi à inclure dans les institutions les milices dans les années 90 », a-t-il estimé. « Il est nécessaire que le Hezbollah se transforme en un parti politique », a-t-il ajouté.
Evoquant les violations israéliennes quotidiennes au Liban-Sud, il s’est dit inquiet de la possibilité d’une présence israélienne qui se prolongerait dans le Sud. Le leader druze s’est par ailleurs déclaré « hostile à une paix avec Israël », soulignant qu’il fallait transmettre le flambeau de la lutte aux générations futures.
« Optimiste »
L’ancien député a longuement évoqué sa visite en Syrie, le 22 décembre dernier, pour y rencontrer le nouvel homme fort de Damas, Ahmad el-Chareh, qu’il a qualifié « d’homme d’Etat ». « La première décision que j’ai prise après la chute du régime de Bachar el-Assad a été la visite de Damas », a-t-il précisé, soulignant n’avoir discuté de cette décision qu’avec le cheikh akl druze. Estimant que certains régimes arabes pourraient menacer le nouveau pouvoir en Syrie, il a plaidé pour qu'on lui donne du temps, d’autant plus que les Israéliens continuent de détruire toutes les infrastructures militaires syriennes.
Et d’ajouter : « Il y a aujourd’hui une nouvelle Syrie et un peuple libre. C’est l'une des rares fois où je me sens optimiste. Et au Liban, il ne faudrait pas rater cette opportunité. »




Au moins ce mec est paragmatique….
18 h 28, le 07 janvier 2025