Quelles relations le nouveau régime syrien souhaite-t-il établir avec le Liban ? La question se pose de plus en plus d’autant que les signaux émis par le nouvel homme fort de Syrie, Ahmad el-Chareh, paraissent contradictoires. Sa petite phrase prononcée lors de sa rencontre avec le leader druze Walid Joumblatt qui s’était rendu à Damas a ainsi marqué les esprits. Il est vrai que Chareh est encore une énigme non seulement pour les Libanais, mais aussi pour de nombreuses parties régionales et internationales. Chaque mot qu’il lance fait donc l’objet d’interprétations destinées à cerner le personnage et à essayer de deviner ses intentions véritables. Devant l’ancien chef du PSP, il a rappelé d’emblée que le régime Assad déchu a tué Kamal Joumblatt, Bachir Gemayel et Rafic Hariri. Comme il avait bien préparé son discours, ne s’appuyant sur aucun papier devant lui (ni prompteur bien sûr), il est clair qu’il a voulu, à travers cette phrase, adresser un message aux différentes parties libanaises. Il s’agissait d’abord de rappeler les méfaits du régime Assad à l’égard du Liban en général. Mais en citant ces trois personnalités, qui ont à un moment donné de l’histoire récente du Liban incarné une communauté et même un projet plus vaste à l’échelle du pays, Chareh a montré qu’il connaît bien les subtilités libanaises, puisqu’il est remonté à plus de 40 ans, Kamal Joumblatt ayant été tué par les Syriens en 1977.
Chareh aurait aussi voulu montrer qu’il connaît parfaitement les sensibilités communautaires qui régissent la vie politique et institutionnelle libanaise et il a sciemment choisi de citer ces personnalités parce que dans la mémoire collective libanaise, elles continuent à être un symbole pour leurs communautés respectives et même au-delà. En même temps, la seule grande communauté exclue des énumérations d’Ahmad el-Chareh, c’est la communauté chiite qui est non seulement pour beaucoup de Libanais impliquée dans certains assassinats au Liban, mais qui, dans le collectif syrien, a aussi constitué une protection et un soutien pour le régime Assad. C’est du moins le cas du Hezbollah et Chareh a voulu mettre en avant ce fait, même s’il n’a pas cité.
Certes, au cours de la même rencontre, interrogé sur l’attitude à l’égard de la communauté chiite au Liban, Ahmad el-Chareh a répondu qu’il se tient à égale distance de toutes les composantes libanaises et compte traiter avec elles à travers l’État libanais. Il a aussi reconnu le fait que la communauté chiite est une composante essentielle du pays. Cette phrase se voulait rassurante pour ses interlocuteurs libanais, au sujet d’une éventuelle volonté du nouveau pouvoir en Syrie d’intervenir dans les affaires libanaises et de chercher à régler des comptes (anciens et nouveaux) avec certaines parties. Mais cette tendance rassurante a été quelque peu ternie par sa phrase sur les parties pro-iraniennes qui sont venues en Syrie pour régler, selon lui, des comptes vieux de 1 400 ans, dans lesquels les Syriens n’ont aujourd’hui rien à voir.
De même, dans une de ses premières déclarations après la chute du régime Assad, il a soulevé la question des détenus islamiques dans les prisons libanaises, laissant entendre que ce dossier devrait être réglé au plus vite. L’affaire aurait pu en rester là, d’autant qu’il existe parmi ces prisonniers des islamistes syriens. Mais Chareh a ajouté qu’il transmet ses salutations au cheikh Ahmad el-Assir, considéré comme une des figures phares d’un groupe islamiste libanais qui avait tenté de contrôler la route côtière du Sud pour empêcher les déplacements des combattants du Hezbollah, mais s’était vite heurté à l’armée libanaise et il y a eu entre eux des affrontements sanglants dans la région de Saïda, en 2013. Ahmad el-Assir a été par la suite arrêté et condamné à la prison à vie. Il faut préciser aussi que plusieurs cheikhs et parties proches de ces islamistes ont à leur tour réclamé que ce dossier soit réglé au plus vite et de manière équitable. Ils le faisaient de temps en temps au cours des années précédentes, mais cette fois ils misent visiblement sur le soutien du nouvel homme fort de Syrie pour aboutir à un résultat concret.
Enfin, le dossier des réfugiés syriens au Liban continue à poser problème pour les Libanais, même si pour l’instant le nouveau pouvoir en Syrie ne se soucie que du sort des partisans du régime Assad. À un moment, ce dossier devrait pourtant être sérieusement traité et il figure d’ailleurs dans le mémorandum de 13 points adressé par Walid Joumblatt à Ahmad el-Chareh.
Jusqu’à présent, en tout cas, les mentions publiques de ce dernier sur le Liban restent limitées, mais elles constituent pour les analystes un véritable casse-tête en raison des signaux contradictoires qu’elles envoient. D’une part, et très clairement, le nouvel homme fort de Syrie affirme qu’il ne veut pas intervenir dans les affaires libanaises, en insistant sur le côté détestable des interventions du précédent régime, et, d’autre part, il montre ses préférences par des insinuations. À quoi ressembleront donc les relations du Liban avec le nouveau régime en Syrie ? Les différents milieux politiques libanais ne parviennent pas à donner une réponse précise à cette question, en raison justement du fait que même concernant l’intérieur syrien, on ignore encore quelle sera la nature et l’attitude du régime Chareh. Certains sont convaincus que la chute d’Assad ne peut qu’être bénéfique pour le Liban, ne serait-ce que parce que tout autre régime en Syrie n’interviendra pas de façon aussi directe ni aussi violente dans les affaires libanaises. D’autres considèrent que le Liban et la Syrie, en raison de la géographie et de l’histoire, sont tellement imbriqués que tout changement dans l’un des deux pays aura forcément des répercussions sur l’autre. De toute façon, Ahmad el-Chareh a pour l’instant trop à faire en vue de marquer son pouvoir en Syrie pour s’impliquer réellement au Liban.


=COMME POUR LE HEZBOLLAH, -LE MAITRE EST L,AYATOLLAH, -DE L,HTC JIHADISTE, -C,EST ERDO L,OTTOMANISTE. -LES DEUX SONT EXECUTEURS, -DES ISLAMISTES TUTEURS. -QUI TABLENT SUR D,ESPERANCES, -DEVRAIENT OBSERVER LEURS DANSES.
12 h 51, le 31 décembre 2024