Le Palais de justice de Baabda. Photo d’archives ANI
Le premier juge d’instruction du Mont-Liban, Nicolas Mansour, a émis jeudi un mandat d’arrêt contre l’ancien gouverneur de la Banque du Liban (BDL) Riad Salamé, après l’avoir interrogé durant deux heures sur des soupçons de détournement de fonds (11 millions de dollars), que ce dernier réfute. L’affaire concerne l’acquisition et l’exploitation de biens immobiliers en France, notamment des locaux que la BDL avait loués sur la prestigieuse avenue des Champs-Élysées, pour y abriter un centre d’urgence de la banque centrale. Le loyer avait été conclu en 2010, avec une société de gestion immobilière dirigée par l’ex-compagne de M. Salamé, Anna Kosakova, en contrepartie de plusieurs millions d’euros perçus pendant quelques années de location.
Le mandat d’arrêt dont M. Salamé a été ciblé jeudi avait été précédé par un autre, délivré le 9 septembre par le premier juge d’instruction de Beyrouth par intérim, Bilal Halaoui, dans l’affaire Optimum Invest, concernant le détournement présumé d’un montant d’environ 44 millions de dollars.
Longtemps avant les poursuites engagées le 3 septembre par le procureur général près la Cour de cassation, Jamal Hajjar, qui avaient abouti au mandat d’arrêt délivré par le juge Halaoui, le juge Mansour avait prévu une audience pour auditionner M. Salamé, le 24 octobre, au Palais de justice de Baabda.
Au jour fixé, l’ex-patron de la BDL, détenu au siège des Forces de sécurité intérieure (FSI), à Achrafieh, n’avait pas comparu, les agents des FSI n’ayant pu le convoyer pour des motifs « sécuritaires », selon les explications fournies par la police au parquet de cassation. Le juge Mansour a pu tenir une nouvelle audience d’interrogatoire jeudi, après que la cour d’appel du Mont-Liban a rejeté un recours en dessaisissement présenté contre lui le 22 octobre par M. Salamé.
Quid de la demande de libération ?
Concernant l’affaire Optimum, l’ancien gouverneur de la BDL avait interjeté appel mardi devant la chambre d’accusation de Beyrouth, contre une décision prise quelques jours plus tôt, par le juge Halaoui, de refuser sa demande de remise en liberté. Une première demande en ce sens avait été rejetée le mois dernier.
Selon nos informations, l’issue de l’appel n’est pas encore tranchée. Une source du Palais de justice de Beyrouth affirme que ce recours a atterri jeudi devant le bureau du juge Nassib Élia qui avait été désigné ad hoc président d’une chambre d’accusation pour statuer sur des recours spécifiques liés à Riad Salamé, présentés par la cheffe du contentieux de l’État, Hélène Iskandar. Cette désignation avait eu lieu suite à des recours en responsabilité de l’État présentés par l’ex-patron de la BDL contre la chambre d’accusation de Beyrouth titulaire, présidée par Maher Cheaïto. M. Salamé avait par la suite visé d’autres chambres d’accusation par des actions similaires qui les avaient également empêchées de se pencher sur les recours de la juge Iskandar. Lesquels avaient été finalement tranchés le 10 octobre par le juge Élia et ses assesseurs, vu qu’aucun d’eux n’avait été ciblé par des recours susceptibles de l’empêcher de les prendre en charge.
Selon la source interrogée, le juge Cheaïto se considère incompétent pour statuer sur la demande de remise en liberté, sachant qu’il fait l’objet d’un recours en responsabilité de l’État. À l’opposé, le juge Élia estime que ledit recours ne concerne pas celui de la demande de remise en liberté. Partant, avant qu’une autre instance prenne en charge cette question, le juge Cheaïto devrait s’en désister formellement, suppute la même source.
Contacté par L’OLJ, un magistrat ayant requis l’anonymat affirme que M. Salamé a retiré tous les recours qu’il avait portés contre les divers magistrats. Selon lui, l’ex-patron de la BDL, qui usait auparavant de ces moyens pour retarder les procédures, n’a plus intérêt à le faire, vu qu’il est en état d’arrestation. Sauf que les juges concernés ne peuvent se plier à sa volonté sans que l’assemblée plénière de la Cour de cassation, compétente pour trancher de tels recours, ne prenne une décision en ce sens. Or cette haute instance ne peut siéger en raison d’un quorum perdu en mars 2022.
Quelle instance finira donc par se pencher sur l’appel contre le refus du juge Halaoui de libérer M. Salamé ?



Salma y’a salama je te protège y’a salama ! On le couve on le chochote afin de contre carrer toute demande d’extradition ! Pauvre de notre pognon je suis sûr que c est avec ça qu on finance sa protection ! Tant que chaque Libanais sera attaché à son Zaïm point d’avancée !Reculade uniquement
12 h 32, le 01 novembre 2024