L'ancien gouverneur de la BDL, Riad Salamé. Photo d'archives AFP
Détenu depuis le 3 septembre dernier au siège des Forces de sécurité intérieure (FSI), à Achrafieh, Riad Salamé devait comparaître jeudi devant le premier juge d’instruction du Mont-Liban, Nicolas Mansour, au Palais de justice de Baabda. Mais il ne s'est pas présenté à cette audience, les agents des FSI n'ayant pas pu le convoyer pour des motifs « sécuritaires », selon les explications fournies par la police au parquet de cassation. En conséquence, le juge Mansour a fixé une nouvelle audience au 31 octobre pour entendre l’ex-gouverneur de la Banque du Liban.
Le dossier sur lequel se penche le juge Mansour porte notamment sur des soupçons de détournement de fonds (environ 11 millions de dollars), tandis que M. Salamé a toujours réfuté les accusations portées contre lui. L’affaire qu’examine le premier juge d’instruction du Mont-Liban se distingue des deux autres pour lesquelles il est également poursuivi au Liban, Optimum Invest (44 millions de dollars) et Forry Associates (environ 330 millions), dont a la charge le premier juge d’instruction de Beyrouth, Bilal Halaoui. Sa détention a été décidée dans le cadre de l'affaire Optimum.
N’ayant pas la compétence territoriale d’interroger M. Salamé à Beyrouth, le juge Mansour l’a visé jeudi d’un mandat d’amener que les FSI sont tenus d’exécuter le 31 octobre.
En parallèlle, un avocat de Riad Salamé, Joseph Ghaoui, avait présenté mardi, devant la cour d’appel du Mont-Liban présidée par Rima Chbaro, un recours en dessaisissement contre le juge Mansour. Celui-ci a pu toutefois tenir son audience, la loi disposant qu’un magistrat qui fait l’objet d’un tel recours garde sa mainmise sur son dossier tant qu’il n’en a pas été notifié.
Ce n’est pas la première fois que Riad Salamé présente une telle action judiciaire contre le premier juge d’instruction du Mont-Liban. Il l’avait fait en février dernier, avant d’être débouté en juin par la cour d’appel du Mont-Liban, qui, selon nos informations, a rejeté le 15 octobre une seconde demande en dessaisissement. Si les arrêts prononcés ont l’autorité de la chose jugée, les recours sont admis lorsqu’ils se fondent sur d’autres motifs.
Selon une source du Palais de justice, le juge Mansour a émis jeudi un mandat d’arrêt par défaut contre l’ancienne compagne de Riad Salamé, Anna Kosakova, propriétaire d’un bureau que la BDL louait sur l’onéreuse avenue des Champs-Élysées, à Paris. Selon la même source, deux sociétés immobilières concernées par le dossier, dont les représentants avaient été notifiés de l’audience tenue jeudi, n’ont pas comparu non plus. Ce sera à la Cour pénale à laquelle sera transféré plus tard ce dossier, de prendre des mesures à leur encontre.



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