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Nos lecteurs ont la parole

Une journée dans la vie d’un Libanais vivant à l’étranger

Je me sens...

Je me sens coupable parce que je vis dans un pays qui n’est pas en proie aux conflits, à la violence et à l’instabilité.

Je me sens en colère, en colère parce que mes parents doivent subir encore une guerre, une guerre sans merci, alors que je suis loin d’eux.

J’envie, j’envie les Français, pour leur tranquillité d’esprit, pour la facilité avec laquelle ils planifient leurs vacances, fêtent leurs anniversaires et se réunissent en famille.

Je me sens furieuse, furieuse de devoir faire comme si tout était normal, et c’est comme un autre jour où on me pose des questions sur la météo... Alors qu’en réalité rien n’est normal... Et pendant qu’il fait beau dehors, un orage gronde dans mon corps.

Je sens de la haine, de la haine contre tous les politiciens, contre les dirigeants du monde qui ont le pouvoir de mettre fin aux atrocités qui se produisent au Moyen-Orient en quelques secondes.

Je me sens privée, privée des besoins humains les plus élémentaires, le sentiment de sécurité, la paix, le bonheur.

Je me sens perdue, perdue dans les pensées qui tourbillonnent dans ma tête.

Je me sens engourdie, engourdie alors que je vis deux réalités opposées.

Je ressens de la douleur, de la douleur parce que j’aime fort... de la douleur parce que je n’ai que de l’amour pour mon peuple, mes racines, mon pays.

Mais j’aurai toujours de l’espoir, l’espoir d’un avenir meilleur, d’un Liban en paix...

Et comme le dit fameusement Feyrouz : « À Beyrouth, un salut de mon cœur, à Beyrouth. »

Nadine EL-GHAOUI

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Je me sens...Je me sens coupable parce que je vis dans un pays qui n’est pas en proie aux conflits, à la violence et à l’instabilité.Je me sens en colère, en colère parce que mes parents doivent subir encore une guerre, une guerre sans merci, alors que je suis loin d’eux.J’envie, j’envie les Français, pour leur tranquillité d’esprit, pour la facilité avec laquelle ils planifient leurs vacances, fêtent leurs anniversaires et se réunissent en famille.Je me sens furieuse, furieuse de devoir faire comme si tout était normal, et c’est comme un autre jour où on me pose des questions sur la météo... Alors qu’en réalité rien n’est normal... Et pendant qu’il fait beau dehors, un orage gronde dans mon corps.Je sens de la haine, de la haine contre tous les politiciens, contre les dirigeants du monde qui ont le...
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