Les locaux d’Électricité du Liban (EDL) dans le secteur de Mar Mikhaël, à Beyrouth. Photo d’archives ANI
Le ministre libanais sortant de l’Énergie et de l’Eau, Walid Fayad, a été entendu mercredi après-midi au Palais de justice de Beyrouth par le procureur général près la Cour de cassation par intérim, Jamal Hajjar, dans le cadre d’une enquête ouverte par les autorités concernant le black-out quasi total d’Électricité du Liban (EDL) qui persiste depuis samedi dernier, selon l’Agence nationale d’information (ANI, officielle). Le juge Hajjar a également entendu le directeur général d’EDL, Kamal Hayek, un peu plus tôt dans la journée, rapporte l’ANI. Le contenu des auditions n’a pas été rendu public. Contacté, le ministre n’était pas en mesure de nous répondre dans l’immédiat, et le directeur d’EDL n’a pas répondu à nos appels.
Depuis samedi, les Libanais ne peuvent quasiment plus compter que sur les générateurs privés pour s’alimenter en électricité. Ce jour-là, le fournisseur public EDL a en effet annoncé avoir mis toutes les unités de production de ses centrales thermiques à l’arrêt, après avoir épuisé ses stocks de carburant et faute d’avoir reçu le dernier chargement attendu dans le cadre de l’accord de swap liant depuis 2021 le Liban à l’Irak.
L’enquête sur le black-out d’EDL a été lancée lundi, à la demande du Premier ministre sortant, Nagib Mikati, qui a saisi l’Inspection centrale pour faire la lumière sur la panne d’électricité qui touche l’ensemble du pays depuis le week-end dernier. À noter qu’EDL avait évoqué publiquement à plusieurs reprises depuis début juillet la possibilité que ce scénario se réalise, dès les premiers signes de retard dans la livraison du dernier chargement de carburant attendu.
Lacunaires depuis la fin de la guerre civile, les moyens de production d’électricité ont été réduits à leur plus simple expression en raison des difficultés financières du fournisseur public depuis le début de la crise qui a éclaté en 2019.
Dimanche, l’Algérie a promis de fournir du carburant au Liban, et lundi, le gouvernement irakien a démenti « les rumeurs selon lesquelles l’Irak avait cessé de fournir du fuel au Liban », attribuant le retard de la dernière livraison à des « raisons techniques et logistiques ».
Loi César et querelles politiques
Mardi, Walid Fayad s’est expliqué sur les raisons plus profondes des difficultés actuelles d’EDL et a affirmé que le régime de sanctions américaines, mis en place par la loi César, en était en partie responsable, au côté des querelles politiques qui ont entravé les efforts de modernisation de l’établissement public.
Le ministre a plus précisément expliqué que la menace de ces sanctions, qui ciblent depuis 2020 toute personne faisant affaire avec le régime de Bachar el-Assad, était notamment à l’origine de la suspension indéfinie d’un projet annoncé en 2022 visant à importer du gaz égyptien et de l’électricité produite en Jordanie, via la Syrie, pour renforcer temporairement les capacités d’EDL, en attendant d’autres mesures visant à améliorer ses capacités à long terme.
Lors de l’été 2021, l’administration américaine a approuvé un projet visant à approvisionner le Liban en électricité en provenance de Jordanie et à faciliter des importations de gaz d’Égypte vers le nord du Liban. Mais malgré des accords signés avec l’Égypte, la Jordanie et la Syrie, ce projet n’a toujours pas vu le jour, et Électricité du Liban (EDL), dont les capacités financières se sont améliorées depuis que ses tarifs ont été relevés fin 2022, ne peut compter que sur les importations de fuel irakien fournies dans le cadre d’un accord de swap conclu avec l’Irak au cours de l’été 2021.
Selon les autres déclarations faites par Walid Fayad dans les médias depuis samedi, le black-out actuel pourrait durer jusqu’à ce qu’une nouvelle quantité de fuel, dont le Conseil des ministres a validé l’achat il y a seulement une semaine, soit déchargée.
Le ministre a ainsi indiqué que le Chem Helen, un navire-citerne transportant 30 000 tonnes de gasoil égyptien acheté sur le marché spot-cargo, devrait arriver au large des côtes libanaises dès le 24 août (samedi prochain) et décharger son carburant dans les deux jours suivants dans les cuves des centrales de Deir Ammar (Liban-Nord) et de Zahrani (Liban-Sud). L’Irak, qui a démenti que le retard de livraison du dernier chargement de carburant soit lié à une quelconque volonté de son gouvernement de mettre fin à l’accord de swap, doit en principe dépêcher un tanker de fuel brut devant être échangé avec du carburant raffiné fourni par une société tierce d’ici à la fin du mois. Enfin, la presse algérienne a annoncé que le carburant promis par Alger à Beyrouth était en train d’être chargé ce mercredi.




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Il ne suffit pas d’auditionner il faut faut passer aux jugement pour en faire un exemple afin que plus aucun ne prenne les citoyens libanais en otage pour régler leurs différents mercatilles et personnels sur leur dos. Je parle comme si une quelconque justice existait dans notre pays. Elle a été vendu au plus offrant. Pauvres de nous, nous n’avons plus que nos yeux pour pleurer.
08 h 51, le 22 août 2024