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Chine : pourquoi l’équilibre de Nash ne répond plus !

L’histoire économique de la Chine contemporaine est marquée par un tournant décisif initié par Deng Xiaoping. Sous sa direction, la Chine a prétendument abandonné le syndrome du communisme pour s’orienter vers une économie de marché. Cette transition est symbolisée par la célèbre phrase de Deng Xiaoping : « Travaillez et enrichissez-vous ! » Le génie de Deng Xiaoping réside dans sa reconnaissance que le communisme et le maoïsme ne fonctionnaient pas en Chine et que l’État était un mauvais gestionnaire. Il a compris que seul le secteur privé, motivé par des intérêts personnels, pouvait efficacement gérer les affaires économiques.

Deng Xiaoping a cherché à trouver un juste milieu entre les intérêts généraux de la Chine, ceux de l’État chinois et du système privé. Ce modèle hybride, connu sous le nom d’économie socialiste de marché (ESM), promettait une planification centralisée par le Parti communiste chinois et un financement à taux zéro des banques de développement pour le secteur privé. Le secteur privé, en retour, devait prendre en charge divers projets économiques, créant ainsi une situation de coopération mutuelle.

Ce modèle peut être comparé à un nouveau « contrat social » entre l’État et le secteur privé, visant à trouver une situation « gagnant-gagnant » pour le Parti communiste chinois d’un côté et le secteur privé de l’autre. En économie, cela revient à atteindre un équilibre de Nash, une situation optimale pour deux ou plusieurs acteurs où chacun est gagnant.

L’équilibre de Nash, découvert par John Nash et popularisé par le film A Beautiful Mind, montre comment une négociation peut éviter une situation perdant-gagnant et aboutir à une situation gagnant-gagnant. Nash a démontré que, par une coopération stratégique, les acteurs économiques peuvent maximiser leurs gains mutuels, remettant en question l’équilibre traditionnel d’Adam Smith basé sur une situation perdant-gagnant.

Grâce à ce modèle hybride, la Chine a connu une croissance spectaculaire. En vingt ans, elle est devenue la deuxième puissance économique mondiale. Cependant, aujourd’hui, la Chine traverse une période économique et financière difficile, proche de l’implosion interne. L’équilibre de Nash entre le Parti communiste chinois et le secteur privé ne fonctionne plus.

Le Parti communiste chinois reste prioritaire sur tout, même au détriment de l’économie et de la finance, et n’accepte en rien les principes démocratiques de la liberté d’expression. Xi Jinping, l’actuel président, tend à revenir à une sorte de maoïsme latent. De nombreux projets ont été menés sans études de rentabilité, financés à la hâte par les banques, tant pour les municipalités que pour le secteur immobilier. Beaucoup de ces projets sont à rendement négatif, détruisant le capital et rendant impossible le remboursement des banques.

La Chine fait face à un syndrome immobilier similaire à celui de 2008 aux États-Unis. Les salaires baissent, réduisant la demande globale (au sens keynésien), et le secteur privé ne peut plus rembourser les banques. L’équilibre de Nash ne peut être maintenu que dans un système libre et démocratique et ne peut fonctionner à long terme dans une dictature d’un parti unique. Lorsque les intérêts du Parti communiste divergent de ceux du secteur privé, l’équilibre de Nash disparaît dans un système dictatorial.

La Chine est à un carrefour décisif. Comme l’a si bien dit le philosophe danois Kierkegaard : « Ou bien, ou bien. » Soit la Chine s’effondrera lentement, le Parti communiste insistant sur sa survie au détriment de l’économie et de la finance, soit la Chine se restructurera en transformant la dictature actuelle du Parti communiste en un ministère de la planification stratégique, axé sur des études de rentabilité des projets, et se dirigera vers la démocratie. Cela impliquerait un droit à la parole pour le secteur privé et un système encadré, permettant au peuple chinois de s’exprimer politiquement et économiquement, plutôt que d’être muselé par le Parti unique.

La transition de la Chine vers une économie de marché sous Deng Xiaoping a été une période de transformation majeure. Cependant, les défis actuels montrent que le modèle doit évoluer pour continuer à prospérer dans un monde de plus en plus interconnecté et démocratique.

En fin de compte, l’équilibre de Nash ne fonctionne que s’il a la liberté de fonctionner.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

L’histoire économique de la Chine contemporaine est marquée par un tournant décisif initié par Deng Xiaoping. Sous sa direction, la Chine a prétendument abandonné le syndrome du communisme pour s’orienter vers une économie de marché. Cette transition est symbolisée par la célèbre phrase de Deng Xiaoping : « Travaillez et enrichissez-vous ! » Le génie de Deng Xiaoping réside dans sa reconnaissance que le communisme et le maoïsme ne fonctionnaient pas en Chine et que l’État était un mauvais gestionnaire. Il a compris que seul le secteur privé, motivé par des intérêts personnels, pouvait efficacement gérer les affaires économiques.Deng Xiaoping a cherché à trouver un juste milieu entre les intérêts généraux de la Chine, ceux de l’État chinois et du système privé. Ce modèle hybride,...
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