Rechercher
Rechercher

Politique - Liban-Sud

Quelles implications après le premier ciblage d’un avion de chasse israélien par le Hezbollah ?

Selon des experts militaires, l’utilisation par le parti chiite de missiles sol-air contre un avion de chasse israélien le 6 juin est une question de dissuasion plutôt que de destruction.

Quelles implications après le premier ciblage d’un avion de chasse israélien par le Hezbollah ?

Des combattants du Hezbollah lors d’une parade militaire au Liban-Sud, le 21 mai 2023. Photo d’illustration Jad Abou Jaoudé/L’Orient-Le Jour

Le 6 juin, le Hezbollah a annoncé avoir tiré des missiles antiaériens contre un avion de chasse israélien, affirmant qu’il l’avait forcé à battre en retraite. Le parti de Hassan Nasrallah a réussi à abattre plusieurs drones de combat israéliens depuis le début des combats en octobre 2023, dans la foulée de la guerre à Gaza, le dernier en date étant la frappe de lundi, lorsqu’il a tiré un missile sol-air sur un engin de type Hermes 900 dans le ciel du mont Rihan.

Mais la frappe du 6 juin avec de telles armes contre un avion de chasse constitue une première. Le Hezbollah peut-il réellement abattre des avions de guerre israéliens et en quoi cela pourrait-il changer la donne dans le conflit ? Depuis la guerre de juillet 2006 avec Israël, le Hezbollah est passé d’une guérilla à une organisation paramilitaire solidement armée. Initialement dépendant d’armes légères et de roquettes basiques, le groupe dispose désormais d’une panoplie sophistiquée de missiles et de systèmes antiaériens.

Que possède le Hezbollah ?
Le centre de recherche israélien controversé d’extrême droite Alma a suggéré dans un rapport publié le 20 mai que le Hezbollah avait acquis des missiles sol-air iraniens Sayyad-2, stockés dans des installations au sud de Saïda. Selon Alma, ces missiles, dérivés des modèles américains RIM-66, représentent une amélioration significative, avec la capacité d’attaquer des cibles à des distances allant jusqu’à 100 kilomètres et à des altitudes de 30 kilomètres. Le 2 novembre 2023, le Wall Street Journal avait également fait état de la possibilité pour le Hezbollah d’acquérir des missiles antiaériens. Selon le WSJ, les services de renseignements américains pensaient que le groupe militaire privé Wagner, financé par la Russie, prévoyait de transférer un système Pantsir-S1 au parti. Le Pantsir, que l’OTAN appelle SA-22, est un canon antiaérien autopropulsé et un système de missiles conçu pour la défense ponctuelle contre les avions, les hélicoptères, les missiles de croisière et les drones. Le Pantsir peut fonctionner de manière autonome ou dans le cadre d’une batterie comprenant jusqu’à six véhicules de lancement.

Pour mémoire

Escalade : le mot d’ordre iranien à l’« axe de la résistance »

Bien que le modèle exact du missile utilisé par le Hezbollah le 6 juin reste inconnu, le général libanais à la retraite Amine Hoteit, proche du Hezbollah, affirme à L’Orient Today que, quel que soit le missile utilisé, il est clair qu’il peut toucher un avion volant à basse altitude. « Ce missile peut toucher des hélicoptères et les Israéliens le savent », souligne l’ancien haut gradé, ajoutant que c’est peut-être la raison pour laquelle l’armée israélienne utilise rarement des hélicoptères près du Liban-Sud.

Le général à la retraite Chamel Roukoz pense quant à lui que le missile utilisé par le Hezbollah est une nouvelle version du système de missiles sol-air SA-6 de fabrication russe, que l’Iran aurait acheté à l’Ukraine. Sa force réside dans le fait que sa batterie – que les Israéliens peuvent utiliser pour détecter le lanceur du missile – peut être activée au moment précis où il tire. « C’est pourquoi les Israéliens ont été surpris », estime-t-il, en référence à la retraite immédiate de l’avion de chasse.

Des combattants du Hezbollah lors d’une parade militaire au Liban-Sud, le 21 mai 2023. Photo d’illustration Jad Abou Jaoudé/L’Orient-Le Jour

« Il est possible que le Hezbollah ait acquis des défenses aériennes SA-6 », souligne pour sa part Shaan Shaikh, directeur adjoint du projet de défense antimissile au Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), un groupe de réflexion basé à Washington. « L’affirmation du général selon laquelle le Hezbollah peut garder le radar de défense aérienne éteint jusqu’à ce qu’il veuille l’utiliser est vraie », ajoute-t-il. « Il s’agit d’une vieille tactique que les États-Unis et l’OTAN ont vu utilisée à grande échelle par la Yougoslavie en 1999 », précise-t-il. Dans un rapport daté de juillet 2018, M. Shaikh notait que le Hezbollah avait obtenu plusieurs plateformes de défense aérienne sophistiquées et qu’« il est certainement plus facile d’abattre des drones. Mais les défenses aériennes du Hezbollah peuvent également menacer des avions de chasse comme le F-15 » – une hypothèse reprise par Chamel Roukoz. Les défenses aériennes du Hezbollah sont moins susceptibles de menacer les avions de chasse F-35, plus coûteux, mais il est possible que l’armée israélienne, dont la stratégie militaire repose sur la domination aérienne, ne veuille pas prendre ce risque et tende plutôt à utiliser des drones, selon M. Shaikh.

La dissuasion, pas la destruction
Pour l’ex-général Hoteit, les tirs du 6 juin ne visaient peut-être pas à détruire l’avion, mais plutôt à faire pression sur les forces israéliennes pour qu’elles cessent de violer l’espace aérien libanais. « Jusqu’à présent, le Hezbollah se trouve dans un front de soutien (au Hamas, NDLR) et non dans une guerre en bonne et due forme. Dans un front de soutien, les armes utilisées servent à faire pression et non à détruire », explique l’ancien haut gradé. « Lorsque des systèmes de défense sont en place, cela change la nature de l’opération d’un pilote de chasse et l’empêche d’effectuer certaines manœuvres. Par exemple, il ne peut pas voler aussi bas qu’il le fait habituellement », explique Amine Hoteit.

Ce point de vue est corroboré par le général à la retraite Khalil Hélou qui affirme qu’en dépit des capacités du Hezbollah, les avions israéliens, équipés de missiles avancés comme le Delilah, peuvent frapper à des distances importantes, ce qui fait que les défenses du parti chiite gênent davantage les opérations israéliennes qu’elles ne les dissuadent réellement.

Un avion de chasse israélien F-15 dans le désert du Néguev, le 27 juin 2013. Jack Guez/Archives AFP

Amine Hoteit pense, lui, que le Hezbollah dispose d’armes plus avancées qu’il n’utilise pas pour le moment, les gardant en réserve en cas d’escalade – conformément à la règle militaire selon laquelle une arme ne doit pas être utilisée à moins qu’elle ne soit nécessaire pour atteindre un objectif stratégique spécifique. Mais l’ex-général Hélou conteste l’idée que le Hezbollah soit sélectif quant aux avions qu’il choisit d’abattre, suggérant plutôt qu’Israël pourrait provoquer le Hezbollah pour qu’il montre l’emplacement de ses systèmes de missiles. Selon lui, le parti chiite a amélioré l’utilisation de ses missiles antiaériens depuis le début de la guerre le long de la frontière, mais pas suffisamment pour modifier fondamentalement l’équilibre militaire.

Un peu plus d’une semaine avant la frappe du 6 juin, une source proche du Hezbollah confiait à notre chroniqueur politique Mounir Rabih qu’il faut faire attention aux « surprises » que le chef du parti, Hassan Nasrallah, a promises à Israël, dans un discours prononcé le 24 mai. Selon cette source, la formation s’apprêterait à utiliser des armes de longue portée et de haute précision, mais aussi des missiles sol-air qui seraient capables d’abattre les redoutables avions de combat israéliens.

Le 6 juin, le Hezbollah a annoncé avoir tiré des missiles antiaériens contre un avion de chasse israélien, affirmant qu’il l’avait forcé à battre en retraite. Le parti de Hassan Nasrallah a réussi à abattre plusieurs drones de combat israéliens depuis le début des combats en octobre 2023, dans la foulée de la guerre à Gaza, le dernier en date étant la frappe de lundi, lorsqu’il...
commentaires (9)

De la parlotte et des analyses inutiles car lorsque le moment sera venu, notre prétentieuse grenouille arrêtera de coasser parce que ce sera le moment de danser et je doute qu'elle sachent le faire comme elle le prétend. Tout comme le parti Iranien lance des ballons d'essais, les autres en face font de même et apprennent le fonctionnement de la défense du Hezb. Il ne faut surtout pas oublier que le Hezb est infiltré jusqu’à la moelle des os et qu'il a perdu ce qu'il appelait son environnement sur. Alors quoiqu'il ait comme armes, le jour J, elles ne serviront pas a grand chose.

Pierre Christo Hadjigeorgiou

12 h 01, le 13 juin 2024

Tous les commentaires

Commentaires (9)

  • De la parlotte et des analyses inutiles car lorsque le moment sera venu, notre prétentieuse grenouille arrêtera de coasser parce que ce sera le moment de danser et je doute qu'elle sachent le faire comme elle le prétend. Tout comme le parti Iranien lance des ballons d'essais, les autres en face font de même et apprennent le fonctionnement de la défense du Hezb. Il ne faut surtout pas oublier que le Hezb est infiltré jusqu’à la moelle des os et qu'il a perdu ce qu'il appelait son environnement sur. Alors quoiqu'il ait comme armes, le jour J, elles ne serviront pas a grand chose.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    12 h 01, le 13 juin 2024

  • Mais, comment faire pour se debarrasser de ces fossoyeirs de notre beau pays???

    RAYMOND SAIDAH

    18 h 54, le 12 juin 2024

  • Israel n’a jamais envahit le Liban avant Fatah land et actuellement Iran Land Aucun intérêt pour ses arsenals d’arme que de tuer plus des libanais pour des causes qui n’a à voir avec le Liban

    William SEMAAN

    17 h 48, le 12 juin 2024

  • Je n’ai aucune intention de défendre le Hezbollah mais ce dernier a bien fait de tirer sur le missile . Israël a pris le pli d’attaquer et de violer, sans vergogne, nos airs et nos terres. Depuis des décennies le Liban a déposé (et continue désespérément de le faire) des centaines de plaintes devant l’ONU contre Israël, restées toutes lettres mortes.

    Hitti arlette

    15 h 06, le 12 juin 2024

  • Excellent article et trés clair Israel ne fait plus peur et mille bravos au Hezb qui agit avec intelligence et precision et les combattants du hezb n’ont pas la panoplie d’armes offerts par les us à notre ennemi Ce n’est pas une armée de metier mais des hommes qui montrent qu’ils sont capables d’innover et faire mal à ce voisin tueur de civils .. et oui bravo

    TAMIN FAROUCK

    08 h 58, le 12 juin 2024

  • Ne sous estimez pas l'entité. Si en plus elle fait rentrer le Général de réserve Ofir Winter au gouvernement qui lui est adoré par tous les soldats. Le Hezbollah aura de quoi s'inquiéter car il n'est pas de gauche

    Dorfler lazare

    20 h 15, le 11 juin 2024

  • CORRIGE ! - question de dissuasion, - plutôt que de destruction. - SAVEZ-VOUS QUE CA VEUT DIRE, - ET QUE CA PEUT SE TRADUIRE, - COMME COLLABORATION, - AVEC SUSPECTE INTENTION, - DE NE POINT CAUSER DE PEINE, - A L,OPPOSANT SCHIZOPHRENE, - POUR QU,AUX ACCORDS DU QUINTETTE, - IL NE BOURRE PAS SA TETE, - DE DONS UNILATERAUX, - PROTEGEANT NOS ARSENAUX, - POUR FORCER NOTRE MAINMISE, - ET SOUMETTRE LA REMISE, - AU CONSENSUEL FRANJU, - BIEN QU,IL N,EST PAS UN BARBU, - MAIS GRAND SERVITEUR BEL *CHEME*, - POUR NOTRE CAUSE SUPREME.

    LA LIBRE EXPRESSION

    17 h 06, le 11 juin 2024

  • - question de dissuasion, - plutôt que de destruction. - SAVEZ-VOUS QUE CA VEUT DIRE, - ET QUE CA PEUT SE TRADUIRE, - COMME COLLABORATION, - AVEC SUSPECTE INTENTION, - DE NE POINT CAUSER DE PEINE, - A L,OPPOSANT SCHIZOPHRENE, - POUR QU,AUX ACCORDS DU QUINTETTE, - IL NE BOURRE PAS SA TETE, - DE DONS UNILATERALS, - ET GARDE NOTRE ARSENAL, - POUR FORCER NOTRE MAINMISE, - IMPOSANT A LA REMISE, - LE CONSENSUEL FRANJU, - BIEN QU,IL N,EST PAS UN BARBU, - MAIS GRAND SERVITEUR BEL *CHEME*, - POUR NOTRE CAUSE SUPREME.

    LA LIBRE EXPRESSION

    16 h 36, le 11 juin 2024

  • Quoiqu'il en soit , l'heure n'est plus , pour les sionistes , de se balader dans les cieux libanais comme si ces cieux étaient leur paradis ...au contraire , le ciel libanais pourrait devenir leur enfer !

    Chucri Abboud

    15 h 55, le 11 juin 2024

Retour en haut