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Politique - Focus

Conférence de « protection du Liban » : Le CPL tente (encore) de trouver sa place au centre

Le parti de Gebran Bassil réussit à fédérer quelques-uns de ses partenaires autour de « l’État fort »... mais les fractures persistent

Conférence de « protection du Liban » : Le CPL tente (encore) de trouver sa place au centre

Gebran Bassil, entouré des députés Mohammad Khawaja et Nabil Badr, lors d'une conférence au Phoenicia, le 30 juillet 2026. Photo CPL

Encore une initiative de Gebran Bassil. Jeudi, le Courant patriotique libre a organisé à Beyrouth une conférence sur la « Protection du Liban », lors de laquelle des protagonistes de sensibilités différentes ont adopté une série de recommandations en faveur d’un « État fort » et contre toute « discorde interne ». Sauf que les divergences sur le Hezbollah et son arsenal sont vite réapparues. Il n’empêche que cette rencontre aux objectifs ambitieux a laissé entrevoir une tentative de repositionnement politique du CPL, qui cherche à concurrencer les Forces libanaises.

Car à travers cette conférence, Gebran Bassil tente de se positionner, dans cette période d’intense polarisation, entre le camp pro-iranien et le camp « souverainiste ». « Les points communs auxquels nous sommes parvenus ne sont pas des moindres. Nous n’avions pas d’autre ambition que d’ouvrir une table ronde permettant de gérer nos divergences et, surtout, de préserver la paix civile en écartant tout risque de discorde », insiste Antoine Constantine, conseiller politique du chef du CPL.

Parmi les participants figuraient des proches du Hezbollah, issus notamment du mouvement Amal, des Marada, du Parti démocratique libanais de Talal Arslane. Des députés sunnites considérés comme centristes, à l’instar de Hassane Mrad et Nabil Badre, étaient également sur place. De l’autre côté de l’échiquier politique, seul le député Neemat Frem a délégué un représentant.

Le Hezbollah absent

La feuille de route proposée par le CPL prévoit notamment la fin de l’occupation israélienne, l’adoption d’une stratégie nationale de défense et la neutralité du Liban à l’égard des axes régionaux, un slogan longtemps défendu par les Kataëb et les FL, mais qui paraît aujourd’hui plus irréalisable que jamais dans le contexte de la confrontation entre les États-Unis et l’Iran. « Personne n’a gagné à l’effondrement de l’État », a affirmé Gebran Bassil, estimant qu’« aucun groupe, quelle que soit sa puissance, ne peut s’y substituer ». Si ces recommandations ont été adoptées à l’unanimité, lors de la conférence, les éternels points de divergence ont refait surface lors des discours successifs des participants, principalement autour de la question des négociations avec Israël et, par conséquent, de leur impact sur les modalités du désarmement du Hezbollah. C’est ce qu’a exprimé Saleh Gharib, ancien ministre et membre du Parti démocrate libanais présidé par Talal Arslane, qui a critiqué des pourparlers avec Israël ayant, selon lui, « ligoté les mains des gens sur le terrain en laissant le champ libre à l’ennemi ». Un son de cloche similaire a été fait par le représentant du mouvement Amal, le député Mohammad Khawaja, qui a réaffirmé le rejet par le tandem chiite de l’accord-cadre conclu avec Israël.

Naturellement, les Forces libanaises n’étaient pas de la partie, ayant d’emblée refusé de recevoir M. Bassil lors de ses tournées, ainsi que le Parti socialiste progressiste, dont le chef, Taymour Joumblatt, aurait toutefois assuré son soutien aux principes adoptés. Pour M. Constantine, le PSP « peut avoir ses raisons, mais le CPL le considère comme un partenaire à part entière ». L’ancien chef du PSP, Walid Joumblatt, s’explique : « Nous n’étions pas présents parce que nous n’approuvons pas les rassemblements dirigés contre des parties tierces, à moins qu’il ne s’agisse d’une conférence de dialogue national réunissant l’ensemble des composantes libanaises », confie-t-il à L’OLJ, précisant ne pas avoir encore pris connaissance des recommandations adoptées. Le PSP, qui n’avait pas davantage participé à la conférence organisée à Meerab par les FL en mars 2026, cherche visiblement à maintenir ses distances vis-à-vis des initiatives perçues comme partisanes ou clivantes.

Le grand absent était cependant le Hezbollah, pourtant directement concerné par plusieurs des dossiers examinés. Le parti n’avait pas été convié. « Comment pouvons-nous convier une partie qui rejette sans ambages tous les principes directeurs et les recommandations énoncés lors de cette assemblée ? » justifie Antoine Constantine. Contacté par L’Orient-Le Jour, le porte-parole du Hezbollah, Youssef Zein, estime que dans l’ensemble, les recommandations ne recèlent « aucune provocation », soulignant que « l’appel au dialogue et à la non-ingérence des puissances extérieures ainsi que le retrait d’Israël et le rejet de la discorde » sont des points qu’il approuve toute comme « le monopole des armes par l’État qui selon nous ne sera possible qu’une fois le retrait d’Israël du Liban achevé ». L’un des analystes proches du parti, Kassem Kassir, estime toutefois que l’absence du Hezbollah au débat est « un indicateur négatif », même si « l’approche de cette rencontre et le niveau de participation étaient importants ». « On peut dès lors s’interroger sur son utilité politique et pratique », ajoute-t-il, estimant que l’événement vise avant tout à « redynamiser le rôle du CPL ».



Encore une initiative de Gebran Bassil. Jeudi, le Courant patriotique libre a organisé à Beyrouth une conférence sur la « Protection du Liban », lors de laquelle des protagonistes de sensibilités différentes ont adopté une série de recommandations en faveur d’un « État fort » et contre toute « discorde interne ». Sauf que les divergences sur le Hezbollah et son arsenal sont vite réapparues. Il n’empêche que cette rencontre aux objectifs ambitieux a laissé entrevoir une tentative de repositionnement politique du CPL, qui cherche à concurrencer les Forces libanaises. Car à travers cette conférence, Gebran Bassil tente de se positionner, dans cette période d’intense polarisation, entre le camp pro-iranien et le camp « souverainiste ». « Les points communs auxquels nous sommes parvenus ne sont pas des moindres....
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