Des officiers des Forces de sécurité intérieure devant le palais de justice de Beyrouth. Photo Hassan Ammar/AFP
La direction générale des Forces de sécurité intérieure (FSI) s’est félicitée du succès de son plan de sécurité sur les routes qui s’est étendu du 6 au 27 mai 2024, annonçant « une baisse du taux de criminalité ». Les FSI ont mentionné plus particulièrement « la protection des citoyens contre les vols à main armée, les vols à l’arraché, notamment à l’aide de motos ».
Dans les chiffres publiés samedi, les FSI évoquent une réduction des crimes – vols de voitures, vols à l’arraché et tout autre type de vols, homicides – de 22% durant cette période. Parallèlement, les arrestations de suspects de crimes ou délits ont augmenté de 36%.
Les FSI précisent également que les procès-verbaux (PV) pour entorses au code de la route ont augmenté de 56% durant la période de ce plan, reconnaissant que « les décès résultant des accidents de la route avaient récemment augmenté de 100% », d’où l’urgence de ces mesures. Les PV ont principalement été enregistrés dans les gendarmeries centrales de Beyrouth, Baabda, banlieue-sud et Jdeidé (Mont-Liban).
Le texte ne donne que peu d’indications sur les futures étapes de ce plan de sécurité, indiquant simplement que « les FSI vont continuer à servir et protéger les citoyens contre tout ce qui menace leur vie, leurs propriétés et leur paix d’esprit, malgré toutes les difficultés par lesquelles passe le pays ». Le communiqué mentionne laconiquement « des campagnes diverses, de manière discontinue et sans avertissement, en vue de continuer à arrêter les délinquants et les personnes faisant l’objet de mandats d’arrêt ». Nos tentatives de contacter l’institution pour obtenir plus de détails sont restées sans suite.
« Largement insuffisant »
Sollicité pour commenter le point sur les procès-verbaux pour entorses au code de la route, Ziad Akl, président de la YASA, association spécialisée dans la sécurité routière, estime ces efforts largement insuffisants. « Le ministère de l’Intérieur et la police sont coupables de négligence de longue date dans le domaine de la sécurité routière », affirme-t-il à L’Orient-Le Jour. Selon lui, « résumer cette question complexe aux procès-verbaux est une calamité parce que ces mesures ne sont qu’une partie infime de la solution ».
La YASA, selon Ziad Akl, revendique l’application entière et soutenue du code de la route adopté en 2015, et jamais appliqué dans son intégralité. « Il est inadmissible qu’aucun nouveau permis de conduire n’ait été délivré depuis deux ans maintenant, et que les tests de conduite soient suspendus, privant des milliers de jeunes de cet apprentissage et de ce document », poursuit-il, relevant « l’échec du ministère et de la direction de gestion routière à régler ce manque ». Depuis au moins trois ans en effet, des milliers de jeunes Libanais se déplacent en voiture sans permis valide, dans l’attente que la fameuse commission chargée de l’examen des candidats soit nommée par le ministre de l’Intérieur.
Un autre point soulevé par l’activiste est celui de l’absence de contrôle mécanique des véhicules, un système qui reposait sur un contrat entre l’Etat et une société privée, suspendu depuis mai 2022 sans alternative. « Ce système a fonctionné durant plus de 20 ans, il devait être remis à jour et développé, mais certainement pas suspendu sans alternative, ce qui a un impact catastrophique sur la maintenance des véhicules », a-t-il fustigé. Il a fait remarquer que les Libanais font rarement inspecter leurs véhicules s’ils n’y sont pas obligés. « En l’absence de contrôle obligatoire et/ou volontaire, on observe des drames comme celui de la mort d’une adolescente dans un bus dont le plancher a craqué » le 29 mai dernier, insiste-t-il.
« Le ministère de l’Intérieur et la direction de gestion routière doivent être convaincus de la nécessité d’appliquer la loi dans sa totalité, et de manière durable. Nous avons de sérieuses questions concernant la durabilité de mesures sous la forme de plans à durée limitée », conclut-il.



Bravo à la lFSI et principalement au ministre de l’intérieur
21 h 40, le 04 juin 2024