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Environnement - Entretien express

Il y aurait 10 à 100 fois plus de plastique dans l’eau en bouteille, révèle une étude

Une étude publiée le 8 janvier sur les fragments de plastique présents dans l’eau par la revue PNAS a fait un buzz mondial. Un expert libanais, Maher Abboud, aide à mieux déchiffrer ces résultats, et parle des alternatives possibles au Liban.

Il y aurait 10 à 100 fois plus de plastique dans l’eau en bouteille, révèle une étude

Des bouteilles en plastique dont l'utilisation répétée et l'exposition aux éléments peut renfermer des dangers insoupçonnés. Photo AFP

La révélation des résultats d’une étude récente, publiée le 8 janvier dans la revue scientifique américaine « Proceedings of the National Academy of Sciences » (PNAS), a causé un choc mondial : il y aurait, dans l’eau contenue dans les bouteilles en plastique, 10 à 100 fois plus de minuscules particules en plastique que l'on ne l’estimait jusque-là. Les chercheurs, qui ont mené cette étude sur trois marques qu’ils n’ont pas nommées, ont trouvé en moyenne 240 000 fragments de plastiques par litre d’eau, entre microplastiques et nanoplastiques, soit des fragments de taille excessivement petite.

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Nous avons demandé à Maher Abboud, professeur de chimie à l’Université Saint-Joseph (USJ), spécialiste en matériaux polymères (composants du plastique, NDLR) et actuellement doyen de la Faculté des sciences, d’analyser ces résultats, notamment dans le contexte libanais.

Comment peut-on interpréter cette découverte ? Pourquoi, d’après vous, cette différence énorme avec les recherches antérieures ?

Les techniques qui existaient auparavant pour la quantification de particules de plastique dans l’eau permettaient de détecter ces particules à l’échelle micrométrique, en d’autres termes les microplastiques qui sont de l’ordre d’un millionième de mètre. Le grand défi était de développer des techniques permettant aux scientifiques de détecter des particules à une échelle d’un milliardième de mètre, les nanomètres. Les tailles de la particule détectable désormais dans l’eau est de quelques nanomètres, grâce à cette technique développée par ces chercheurs, se basant sur les mesures par laser. D’où ce nouveau résultat de 10 à 100 fois plus de particules microscopiques de plastiques dans l’eau.

Quel est le type de plastique dont sont faites communément les bouteilles d’eau ? Pourquoi et dans quelles conditions les fragments de plastique s’infiltrent-ils dans l’eau ? Pensez-vous que les bonbonnes d’eau utilisées dans les foyers libanais sont soumises aux mêmes conditions ?

Les polymères (composés du plastique, NDLR) dont sont généralement composées les bouteilles d’eau ou d’autres liquides comme l’huile par exemple, sont de type PET ou PETE, soit le polyéthylène téréphtalate. Ce polymère est fabriqué par l'industrie, et est le plus adapté mécaniquement, physiquement et biologiquement pour les conteneurs d’eau, sachant que celle-ci n’interagit pas avec ce matériau dans un premier temps.

Sauf que les polymères en général, et celui-là en particulier, se dégrade naturellement avec le temps, car il est fait d’un ensemble de filaments qui sont des macromolécules enchevêtrées, formant une chaîne très longue qui se replie sur elle-même pour prendre la forme d’une pelote. Ces chaînes se dégradent quand le plastique est exposé au soleil, à l’oxygène… Il se passe alors une fragmentation de ces matériaux, qui peut être accélérée par le contact avec un autre élément (eau, huile…). Les fragments qui se détachent passent alors dans une certaine mesure dans le liquide contenu dans la bouteille, donnant des micropolymères, voire des nanopolymères. Le problème est la longueur de leur durée de vie, il leur faut beaucoup de temps pour disparaître complètement.

Les bonbonnes que nous avons dans nos maisons, si elles sont en PET ou un autre produit, sont atteintes elles aussi par la dégradation. Mais celle-ci est plus ou moins rapide selon la nature des polymères. Une utilisation répétitive de ces matériaux est déconseillée (sur ces bonbonnes en particulier, il y a une date d’expiration, NDLR).

Des déchets plastiques jonchent la plage de Costa Brava. Photo d'archives Joseph Eid

90 % des particules retrouvées dans l’eau des bouteilles par les chercheurs de l’étude publiée dans PNAS sont des nanoplastiques. Quel est leur danger ?

Les nanoparticules forment en effet la majeure partie des matériaux trouvées par les chercheurs dans l’eau. Elles sont mille fois plus petites que les microplastiques, comme si on comparait une montgolfière avec un grain de sucre, d’où leur taille infinitésimale, ce qui prouve le degré de fragmentation de ces plastiques dans l’eau. La dangerosité de ces nanoparticules est liée à leur taille, parce qu’elles se déposent plus facilement sur les organes humains, et qu’elles pourraient entrer en contact avec nos cellules.

Que sait-on des répercussions de l’ingestion de ces plastiques microscopiques sur la santé ?

Il n’y a pas encore d’études suffisantes pour permettre d’évaluer l’effet de ces microparticules et nanoparticules sur le corps humain, mais leurs répercussions ne peuvent être que négatives puisque ces matériaux ne sont pas faits pour se retrouver à l’intérieur du corps. Plusieurs études épidémiologiques mondiales faites par le passé sur certaines catégories, comme les femmes enceintes ou les personnes plus exposées que d’autres à ce genre de produits, ont constaté des conséquences sur la santé reproductive et la fertilité, pour les deux sexes. Il pourrait y avoir notamment des effets sur les malformations congénitales.

Une fois ingérées, ces nanoparticules ne sortent pas facilement du corps vu leur très petite taille. Il faut noter cependant que le danger ne vient pas que de l’ingestion, mais aussi de la respiration de ces nanoparticules de plastique, qui, tout comme elles peuvent se déposer sur l’eau, peuvent aussi rester en suspension en l’air, et pénétrer dans les alvéoles pulmonaires par inhalation.

Beizhan Yan, co-auteur de l’étude, a déclaré à l’AFP que si les gens sont inquiets, ils peuvent considérer des alternatives comme boire l’eau du robinet. Cette alternative n’étant pas possible au Liban, quelles seraient les recommandations aux Libanais ?

Nous pouvons suivre une tendance de plus en plus populaire de par le monde, qui est de basculer vers des bouteilles en verre, un matériau qui ne vieillit pas, ne se fragmente pas comme le plastique et reste donc inoffensif car relativement stable. C’est l'une des solutions que l’on pourrait proposer au Liban. Il faut rappeler par ailleurs que nous avons perdu certaines de nos habitudes ancestrales comme celle de boire dans une cruche en verre.

La révélation des résultats d’une étude récente, publiée le 8 janvier dans la revue scientifique américaine « Proceedings of the National Academy of Sciences » (PNAS), a causé un choc mondial : il y aurait, dans l’eau contenue dans les bouteilles en plastique, 10 à 100 fois plus de minuscules particules en plastique que l'on ne l’estimait jusque-là. Les chercheurs, qui ont mené...

commentaires (5)

All in all, water in plastic bottles is safe to drink. The same goes for water in metal bottles or any other type of drink container. However, bacteria and fungi can grow in bottled water, so if they have been left for a long time, it is best to clean them out with hot, soapy water and leave them to dry before refilling them.

Odin

15 h 56, le 17 janvier 2024

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Commentaires (5)

  • All in all, water in plastic bottles is safe to drink. The same goes for water in metal bottles or any other type of drink container. However, bacteria and fungi can grow in bottled water, so if they have been left for a long time, it is best to clean them out with hot, soapy water and leave them to dry before refilling them.

    Odin

    15 h 56, le 17 janvier 2024

  • Heating, freezing and reusing water bottles is also safe, hoax emails claim that this can release damaging chemicals but there is no scientific evidence to prove this. BPA has also been falsely posed as a concern, however, Food Standards Australia New Zealand states that BPA is safe. Materials used in water bottles and other food containers, such as BPA, are safe.

    Odin

    15 h 56, le 17 janvier 2024

  • It’s safe to drink water out of plastic bottles without a risk of cancer even when the bottle has been left in hot cars, frozen or reused. There is no scientific evidence to dispute this. Drinking water out of plastic bottles is safe, although, for many years, people have been circulating hoax emails incorrectly claiming differently. Many of these emails credit the false information to Johns Hopkins University or the Walter Reed Army Medical Center, but both institutions have denied any involvement.

    Odin

    15 h 55, le 17 janvier 2024

  • 30% des accidents mortels sont dus à une prise excessive d'alcool. Ce qui veut dire que 70% sont causés par des buveurs d’eau. Choisis ton camp, camarade!

    Gros Gnon

    14 h 03, le 17 janvier 2024

  • Buvez du vin bande de buveurs d’eau!

    Gros Gnon

    13 h 59, le 17 janvier 2024

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