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Nos Lecteurs ont la Parole - Les échos de l’agora

« Habsora », l’algorithme exterminateur de Gaza

Le 30 novembre dernier, le média indépendant israélien +972 Magazine (https ://www.972mag.com/) publiait un reportage glaçant de Yuval Abraham. Appuyé sur de nombreux témoignages, le document affirme que le nombre impressionnant de victimes civiles et de destructions apocalyptiques ne peut pas être qualifié de « dommages collatéraux » mais qu’il s’agirait bel et bien d’extermination de cibles précises, choisies par l’algorithme surnommé de Habsora, ou Évangile en hébreu. Le rédacteur du texte va jusqu’à parler « d’usine d’assassinats de masse ». Habsora appartient à la génération des intelligences artificielles génératives capables de produire des décisions et non seulement d’automatiser des tâches. Ainsi Habsora est capable de générer cent cibles ennemies par jour alors qu’une IA classique réaliserait le même exploit en une année. Il semble que ce type d’IA se distingue par sa capacité d’autoapprentissage non supervisé ce qui les rend non transparents. On les surnomme des « boîtes noires » dont même les développeurs ne comprennent pas leur fonctionnement interne.

Le 1er septembre 2017, le président Vladimir Poutine déclarait devant un parterre d’étudiants : « L’intelligence artificielle représente l’avenir (…) de toute l’humanité. Elle amène des opportunités colossales et des menaces imprévisibles aujourd’hui (…) Celui qui deviendra le leader dans ce domaine sera le maître du monde. Il est fortement indésirable que quelqu’un obtienne un monopole dans ce domaine. » Évoquant le caractère autonome de ces algorithmes, il précise que certaines IA n’auraient plus besoin d’instructions humaines pour effectuer leurs fonctions (data processing). « Elles n’ont plus d’horizon », conclut Poutine en précisant que les guerres du futur seront menées par des IA, dont les fameux drones. Lorsqu’un des belligérants aura perdu ses drones, il n’aura plus d’autre choix que de capituler.

L’offensive de l’armée israélienne contre l’enclave de Gaza apporte de l’eau au moulin de Poutine par l’ampleur des destructions, le nombre de victimes et le désastre humain qui en découle. On a l’impression que le prompt donné à l’IA Habsora est un écho au leitmotiv de Caton : « Détruisez Carthage. » Ce qui fut fait.

Il suffit que Habsora soupçonne quelqu’un en suivant ses déplacements d’être membre du Hamas pour indiquer l’immeuble où il s’est rendu comme cible militaire. C’est ainsi que des centaines, voire des milliers d’innocents ont été assassinés, non par accident mais par logique algorithmique ciblée.

Dans cette épouvantable tragédie, ce sont les civils palestiniens qui paient le prix fort. Les quelque 1 300 victimes israéliennes du 7 octobre dernier l’ont été par effet de surprise face à la férocité des assaillants du Hamas. Mais les Palestiniens qui se font massacrer sous nos yeux par milliers sont victimes de la férocité israélienne que déchaînent les IA. Mais le même peuple de Palestine est également victime de la cynique cruauté du Hamas bien à l’abri dans ses tunnels de Gaza ou dans ses hôtels 5 étoiles du golfe Arabique.

Ce conflit révèle une série de faillites : l’ONU d’abord. La communauté internationale est aujourd’hui une réalité virtuelle. L’Occident des Lumières n’invoque pas ses propres valeurs universelles en faveur des Palestiniens comme il le fait en faveur des Ukrainiens. Israël se révèle un État d’apartheid par colonialisme anachronique. Sa campagne d’extermination à Gaza ne manque pas de rappeler la brutalité des nazis et de leur « solution finale ». La démocratie dont on se gargarise tant ne fait plus recette. Le concept de contrat social vacille. Toutes les idéologies sont mortes, les conflits sont devenus identitaires. Nous revenons au « nous » contre « eux ». Les instances de référence internationales sont mises en doute ou paralysées. Nous sommes acculés à refuser de prendre parti pour toute violence et à nouer des relations avec tous ceux qui souhaitent vivre en paix dans cet Orient ensanglanté. Nous ne vivons plus dans des patries mais nous sommes ballottés au travers des grilles de réseaux sur lesquels nous n’avons aucune prise.

Quel recours peut-on encore invoquer ? Où aller ? Un énigmatique acteur d’arbitrage pointe le nez : les IA génératives du futur, notamment celles qui relèvent de la « IA-consciente » non encore au point. C’est précisément sur ce point-là que la mise en garde de Vladimir Poutine du 1er septembre 2017 a un caractère visionnaire.

Le 30 novembre dernier, le média indépendant israélien +972 Magazine (https ://www.972mag.com/) publiait un reportage glaçant de Yuval Abraham. Appuyé sur de nombreux témoignages, le document affirme que le nombre impressionnant de victimes civiles et de destructions apocalyptiques ne peut pas être qualifié de « dommages collatéraux » mais qu’il s’agirait bel et bien...
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Il ne faut oublier que le sionisme gouverne le monde même la Chine

Eleni Caridopoulou

18 h 07, le 27 décembre 2023

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Commentaires (1)

  • Il ne faut oublier que le sionisme gouverne le monde même la Chine

    Eleni Caridopoulou

    18 h 07, le 27 décembre 2023

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