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Campus - PUBLICATION

« Huvelin La Résistance 1997-2005 », l’histoire de ces jeunes qui se sont battus pour la liberté

Anthony Feghali signe son ouvrage « Huvelin La Résistance 1997-2005 » le mercredi 27 décembre à la Maison de l’ancien – Fondation Corm, à Achrafieh. La signature sera précédée à 17h d’une table ronde modérée par Michelle Tueini.

« Huvelin La Résistance 1997-2005 », l’histoire de ces jeunes qui se sont battus pour la liberté

Anthony Feghali, avocat et fervent militant politique, auteur du livre « Huvelin, La Résistance 1997-2005 ». Photo Gwendoline Bessot

1997. Le pays est sous occupation étrangère. La classe politique dans sa grande majorité est asservie au régime de Damas. Les gens sont effrayés de prononcer les mots « syrien » ou « services de renseignements ». Le 7 décembre 1997, des étudiants s’amassent devant les locaux de la MTV pour manifester après l’interdiction par le ministère de l’Information de l’interview du général Aoun prévue le soir même par la chaîne. Certains d’entre eux sont alors battus, arrêtés, menottés et même déférés devant le tribunal militaire. En réaction, une résistance spontanée constituée de jeunes et d’étudiants issus de différentes universités se crée. Elle n’hésite pas à descendre dans la rue pour protester contre les injustices dont elle est témoin. Quelques jours plus tard, près de 2 000 étudiants manifestent devant le Parlement. Quelques années plus tard, les rafles des 7 et 9 août 2001, ainsi que les images chocs diffusées sur les chaînes de télévision montrant des étudiants roués de coups de matraque et de crosses de fusil, traînés à terre par des agents des services de renseignements en civil devant le Palais de justice, ainsi que des scènes similaires devant le campus d’Huvelin de l’Université Saint-Joseph (USJ), resteront longtemps gravées dans la mémoire d’Anthony Feghali. À l’époque, il est encore élève au collège Saint-Grégoire puis au collège Notre-Dame de Jamhour et assiste, indigné, à ce déferlement de violence. « Ce jour-là, nous étions en classe. Le son des sirènes et des gyrophares a retenti dans les rues de Beyrouth. Quelques secondes plus tard, le professeur a interrompu sa présentation, s’est tourné vers la classe et, d’un ton grave, nous a dit : « Ce sont vos camarades de l’USJ qui luttent pacifiquement pour qu’il y ait encore des libertés dans ce pays. On les traite comme s’ils étaient des terroristes » », se rappelle Anthony Feghali. Aujourd’hui, avocat et fervent militant politique, il vient de publier Huvelin La Résistance 1997-2005 (éditions librairie Antoine), dont la signature est prévue le 27 décembre à 17h à la Maison de l’ancien-Fondation Corm, à Achrafieh.

Couverture du livre « Huvelin, la Résistance 1997-2005 », paru aux éditions Antoine. Photo DR

Mettre en mots le courage de ces jeunes

En 2009, Anthony Feghali intègre la faculté de droit et des sciences politiques de l’USJ à la rue Huvelin et sera élu président de l’amicale des étudiants de la faculté de droit en 2011-2012. Les images sanglantes et la période des manifestations contre l’occupation syrienne demeurent gravées dans sa mémoire. « Malheureusement, beaucoup de gens ne se rappelaient pas les faits ou parlaient peu de cette période », relève le jeune avocat. « On a l’impression que les jeunes d’aujourd’hui pensent qu’il n’y a eu qu’une révolte au Liban : celle d’octobre 2019. Or ce militantisme existait bien avant, notamment durant les années 1990-2005, où il fallait beaucoup de courage pour oser manifester, crier la vérité, ou encore distribuer des tracts. Ces jeunes l’ont fait, payant souvent très cher le prix de leur bravoure. Ce mouvement a finalement abouti en 2005 à la libération du pays de l’occupation syrienne », poursuit-il. Leur rendre hommage et relater leur courage le motive pour écrire son livre qu’il publiera des années plus tard. Pour y parvenir, Anthony Feghali se lance dans un important travail de recherches, réunit une documentation détaillée des années 1997 à 2005 et rencontre des acteurs-clefs actifs de l’époque. Pourquoi se concentrer particulièrement sur Huvelin ? « Parce que ce campus imbibé d’histoire et qui est situé au centre de la capitale constituera la scène de la plupart des batailles de l’opposition estudiantine, gênant maintes fois le régime en place », répond l’auteur. Après les manifestations du 7 décembre 1997, point déclencheur, le mouvement estudiantin s’organise et bénéficie, notamment à l’USJ, de tribunes pour s’exprimer. La résistance culturelle apparaît et des sujets tabous sont abordés pour la première fois, dans l’enceinte de l’université, encouragée par les discours courageux du Père Sélim Abou, recteur de l’USJ à l’époque, qui soutenait l’action des étudiants et dénonçait la politique et les excès des autorités. Les étudiants des différentes universités coordonnent des actions communes. Devant le mutisme de la plupart des organes de presse locale et le manque d’espace pour s’exprimer, les étudiants fondent des revues, organisent des tables rondes et distribuent des tracts. Les amicales étudiantes préparent des communiqués de presse et s’accaparent l’espace public. Et deviennent vite de véritables plateformes pour l’organisation et la structuration du mouvement, le campus des sciences sociales de l’USJ, à la rue Huvelin, se retrouvant au centre de cette effervescence estudiantine. « Ce livre est donc un devoir de témoignage à transmettre notamment à la jeunesse libanaise d’aujourd’hui, un hommage à ces personnes qui ont participé à cette résistance et qui avouent que c’était la plus belle période de leur vie, parce qu’ils sentaient qu’ils faisaient quelque chose d’important pour leur pays. C’est surtout un hommage destiné à encourager les jeunes à poursuivre la lutte et à sauver ce pays qui va à la dérive », affirme Anthony Feghali.

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1997. Le pays est sous occupation étrangère. La classe politique dans sa grande majorité est asservie au régime de Damas. Les gens sont effrayés de prononcer les mots « syrien » ou « services de renseignements ». Le 7 décembre 1997, des étudiants s’amassent devant les locaux de la MTV pour manifester après l’interdiction par le ministère de l’Information de...
commentaires (2)

Ils se sont battus pour permettre, entre autres, au general Aoun de retourner au pays. En guise de merci, il s'allie avec le courant qui les a battu des qu'il rentre au bercail.

hrychsted

09 h 35, le 21 décembre 2023

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Commentaires (2)

  • Ils se sont battus pour permettre, entre autres, au general Aoun de retourner au pays. En guise de merci, il s'allie avec le courant qui les a battu des qu'il rentre au bercail.

    hrychsted

    09 h 35, le 21 décembre 2023

  • Il est bon de raviver la mémoire pour apprendre à ne pas désespérer.

    Yves Prevost

    07 h 31, le 21 décembre 2023

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