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Moyen-Orient - Guerre Hamas-Israël

A Gaza, « l'aide est présente, mais personne n'en profite »

Les groupes humanitaires sont autorisés à envoyer plus de 200 camions par jour. Mais de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer l’insuffisance des provisions ainsi que l’anarchie régnant dans l’enclave palestinienne.

A Gaza, « l'aide est présente, mais personne n'en profite »

Des Palestiniens circulant au milieu des débris des bâtiments touchés par les frappes israéliennes, dans la ville de Gaza, le 27 novembre, au quatrième jour de la trêve entre Israël et le Hamas. Omar El-Qattaa/AFP

L’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 24 novembre entre Israël et le Hamas a permis d’intensifier le flux d’aide acheminé vers Gaza. Les organisations humanitaires sont désormais autorisées à envoyer plus de 200 camions par jour, un record depuis le début de la guerre. Mais de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer l’insuffisance des livraisons, les provisions étant loin de subvenir aux besoins des Gazaouis, ainsi que l’anarchie régnant dans l’enclave palestinienne.

« Gaza glisse dans un chaos absolu », titre le Wall Street Journal (WSJ), mardi. Sur place, « les habitants affirment que l’augmentation de l’aide n’a rien changé », poursuit le quotidien américain.

Dans la ville de Gaza, encerclée par l’armée israélienne depuis des semaines, des Palestiniens se sont précipités sur des camions, se disputant des sacs de farine ou des couvertures. « L’aide arrive au compte-gouttes et, lorsqu’elle nous parvient, les gens se ruent dessus et volent par faim », décrit pour L’Orient-Le Jour Houriya, 28 ans. « Ceux qui peuvent prennent l’aide, la trient, avant de la revendre sur le marché à trois fois son prix », poursuit la jeune femme qui a fui la ville de Gaza pour Deir el-Balah, à une vingtaine de kilomètres au nord de Rafah. « L’aide est bien présente, mais personne n’en profite », regrette cette dernière. 

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D’autres attendent des heures, faisant parfois la queue toute la nuit, pour obtenir des produits de première nécessité tels que du pain et de l’eau. « Les gens patientent des jours entiers pour remplir ne serait-ce qu’une demi-bonbonne de gaz, certains repartent les mains vides », poursuit Houriya. 

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), une seule file d’attente pour du gaz de cuisine dans la ville de Khan Younès, dans le sud du pays, s’étendait sur plus d’un kilomètre.

La guerre et le blocus total imposé par Israël ont entraîné un effondrement économique généralisé, démultipliant les besoins humanitaires. Les Nations unies et d’autres organisations se disent désormais contraintes de remplacer le secteur privé. « S’il n’y a pas de produits commerciaux dans les magasins, ce que nous faisons en réalité, c’est transformer toute une population en un groupe qui dépend exclusivement de l’aide alimentaire : une erreur en termes de gestion », a déclaré au Wall Street Journal Tamara Alrifai, porte-parole de l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, qui gère la plus grande opération d’aide à Gaza.

Une infographie montrant le nombre de camions d'aide humanitaire entrant dans la bande de Gaza chaque jour depuis le 21 octobre, d'après l'OCHA. Infographie AFP/Omar KAMAL et Gal ROMA

Les convois actuellement acheminés vers Gaza comprennent des livraisons de carburants pour alimenter les générateurs des installations, dont les hôpitaux. La fermeture le 11 octobre de l’unique centrale électrique avait interrompu l’approvisionnement à travers le territoire. Le reste du matériel envoyé inclut des produits de première nécessité. « Nous nous concentrons actuellement sur l’aide destinée spécifiquement à l’hiver, comme les tentes, les couvertures et les matelas », a déclaré Moshe Tetro, chef de l’Administration de coordination et de liaison de l’armée israélienne à Gaza, dans une vidéo diffusée sur X (ex-Twitter) dimanche, rapporte le WSJ.

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L’incertitude la plus totale pèse sur la suite. Israël a déclaré son intention de reprendre l’offensive militaire à Gaza dès la fin du cessez-le-feu. Les responsables israéliens affirment que l’armée a largement mis le Hamas en déroute dans le Nord et que la prochaine phase de la guerre consistera à le déraciner du sud de la bande de Gaza. Alors que les conditions de vie et l’hygiène se détériorent à la vitesse grand V, les risques sanitaires et épidémiques augmentent.

La guerre, qui s’annonce longue, pourrait durer encore plusieurs mois. « Nous finirons par voir plus de personnes mourir de maladies que de bombardements si nous ne parvenons pas à remettre sur pied le système de santé », a déclaré mardi Margaret Harris, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 24 novembre entre Israël et le Hamas a permis d’intensifier le flux d’aide acheminé vers Gaza. Les organisations humanitaires sont désormais autorisées à envoyer plus de 200 camions par jour, un record depuis le début de la guerre. Mais de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer l’insuffisance des livraisons, les provisions...
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