Rechercher
Rechercher

Politique - Focus

Ces fils de hauts dirigeants du Hezbollah tués par Israël

Les cadres du parti chiite se targuent d’être prêts à tout « sacrifier » pour la « cause ».

Ces fils de hauts dirigeants du Hezbollah tués par Israël

Funérailles, dans la localité de Jbaa, au Liban-Sud, le 23 novembre 2023, de Abbas Raad, fils du chef du groupe parlementaire du Hezbollah Mohammad Raad, tué dans une frappe israélienne. Mahmoud Zayyat/AFP

« Il l’a voulu et il y est arrivé. Si je lui en veux, c’est parce qu’il est parti avant moi. » Quelques heures après la mort de son fils Abbas dans une frappe israélienne à Beit Yahoun (Bint Jbeil), qui a également coûté la vie à quatre miliciens du Hezbollah, Mohammad Raad, le chef du groupe parlementaire du parti chiite, ne cache pas sa fierté en accueillant sa dépouille mortelle.

« Il était plus brave et rapide que moi (…). Félicitations au chef du Hezbollah qui nous a appris comment les pères des martyrs doivent être : patients, forts et persévérants sur le chemin jihadiste de la résistance », lance M. Raad devant les médias, en agitant fermement son index.

Derrière la retenue de M. Raad transparaît, en filigrane, toute l’idéologie du « martyre » prônée par le parti pro-iranien. Mourir pour servir la « résistance », la patrie ou encore la religion musulmane est ainsi un honneur qui permet aux combattants d’accéder au paradis. Depuis le 8 octobre, 85 membres du Hezbollah ont été tués dans des frappes israéliennes, selon un décompte de L’Orient-Le Jour (77 au moins, selon l’AFP).

Lire aussi

Mourir pour la « résistance » : comment le Hezbollah cultive le martyre

Abbas Raad n’est pas le premier fils d’un haut dirigeant du parti à tomber sur le champ de bataille. Le Hezbollah n’hésite d’ailleurs pas à mettre cet élément en avant, montrant que ses dirigeants se donnent corps et âme, jusqu’à perdre leurs enfants au service de la cause. Avant lui, Hadi Nasrallah, Jihad Moghniyé et Hussein Moussaoui ont été tués par des frappes israéliennes. Retour sur ces fils de responsables du Hezb morts pour la « résistance ».

– Hadi Nasrallah

Fils aîné du secrétaire général actuel du Hezbollah, Hadi Nasrallah a suivi plusieurs formations militaires qui lui ont permis d’accéder à la force al-Radwan, l’unité d’élite du parti chiite. Il est décédé le 12 septembre 1997, à l’âge de 18 ans, lors d’une opération menée contre les forces israéliennes dans l’Iqlim al-Touffah, en plein conflit entre le Liban, l’armée israélienne et l’Armée du Liban-Sud (ALS), supplétive d’Israël. Ce jour-là, Israël avait également mené des raids aériens contre des positions de l’armée libanaise, tuant six militaires libanais ainsi qu’un civil et blessant six soldats.

Retenue par Israël, la dépouille mortelle de Hadi Nasrallah n’a été rapatriée que le 26 juin 1998, à la suite d’un accord d’échange entre le Hezbollah et l’État hébreu.

Le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, assis près du cercueil de son fils Hadi, tué par l’armée israélienne le 12 septembre 1997. Photo d’archives al-Manar

Quid de la riposte du Hezbollah ? Le 14 septembre 1997, un commando baptisé « Unité des martyrs Hadi Nasrallah et Ali Kaoussarani », des noms du fils de Hassan Nasrallah et de l’un de ses camarades victimes de l’armée israélienne, a tué deux militaires israéliens et blessé un troisième dans un attentat à l’explosif près du village de Talloussa au Liban-Sud. Israël a confirmé l’incident et les pertes.

Bien qu’il ait été ouvertement revendiqué, cet attentat s’inscrit, pour le Hezbollah, dans le prolongement des opérations de la « résistance » contre l’État hébreu. « Israël ne doit tirer aucune satisfaction de la mort de mon fils, car il est tombé sur le champ de bataille », avait déclaré Hassan Nasrallah au lendemain de la mort de Hadi, avant de « remercier Dieu d’avoir fait de lui un martyr ».

– Jihad Moghniyé

Jihad Moghniyé a subi le même sort que son père, sept ans après lui. Fils de l’ancien commandant militaire du Hezbollah Imad Moghniyé, assassiné en 2008 à Damas, Jihad est mort le 19 janvier 2015 dans un raid d’hélicoptère israélien dans la province syrienne de Quneitra, au sud-est.

Cette frappe sur la partie non annexée du plateau du Golan a aussi tué un haut dirigeant du Hezbollah, Mohammad Ahmad Issa, responsable du dossier Syrie-Irak, ainsi que quatre responsables du parti chiite. Elle a également coûté la vie à six militaires iraniens, dont un général des gardiens de la révolution.

L’ancien commandant militaire du Hezbollah Imad Moghniyé (dr.) à côté de son fils Jihad. Tous deux ont eu des morts violentes. Photo tirée des réseaux sociaux

Le 28 janvier 2015, le Hezbollah tire des missiles antichars sur un convoi de l’armée israélienne dans les fermes occupées de Chebaa, dans ce qui apparaît comme une opération de représailles contre l’attaque de Quneitra. Deux soldats israéliens sont tués et sept autres blessés. La riposte de l’État hébreu ne se fait pas attendre et un soldat du contingent espagnol de la Finul, la Force intérimaire des Nations unies au Liban, est tué.

– Hussein Moussaoui

C’est le fils de l’ex-secrétaire général du Hezbollah, Abbas Moussaoui. Il a été tué le 16 février 1992 avec ses parents, à l’âge de cinq ans, dans un raid israélien au Liban-Sud. Après avoir prononcé un discours dans le village de Jibchit (Nabatiyé), son père rentrait avec sa famille à Beyrouth. Des hélicoptères israéliens ont attaqué le cortège de voitures dans lequel il se trouvait. 

Le 17 mars 1992, une organisation se faisant appeler « Jihad islamique » a mené un attentat-suicide contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires (29 morts, 242 blessés), affirmant avoir orchestré cette opération en représailles à l’assassinat de Abbas Moussaoui. 

Le 7 février 1994, le Hezbollah a tendu une embuscade à une patrouille de l’armée israélienne à la frontière libano-israélienne, tuant quatre soldats et blessant trois autres, tout en affirmant que l’opération marque le deuxième anniversaire de la mort de l’ex-chef du parti chiite.

« Il l’a voulu et il y est arrivé. Si je lui en veux, c’est parce qu’il est parti avant moi. » Quelques heures après la mort de son fils Abbas dans une frappe israélienne à Beit Yahoun (Bint Jbeil), qui a également coûté la vie à quatre miliciens du Hezbollah, Mohammad Raad, le chef du groupe parlementaire du parti chiite, ne cache pas sa fierté en accueillant sa dépouille...
commentaires (14)

Les choix des commentaires par les modérateurs laissent penser que certains auraient préféré le retour de l’occupation israélienne !!!! C’est ça le liban nostalgie nostalgie Armée peuple résistance triptyque en or

Chantal Falha

21 h 55, le 27 novembre 2023

Tous les commentaires

Commentaires (14)

  • Les choix des commentaires par les modérateurs laissent penser que certains auraient préféré le retour de l’occupation israélienne !!!! C’est ça le liban nostalgie nostalgie Armée peuple résistance triptyque en or

    Chantal Falha

    21 h 55, le 27 novembre 2023

  • Comment peut-on être satisfait de la mort de ses enfants, de son fils ? Il y a un tel blocage du cerveau qui ne permet pas de voir la réalité ! Et puis, Le Liban n’est pas attaqué par Israël. Comme le Hamas, le Hezbollah ne craint pas de mettre en péril la population libanaise. Tritesse...

    Jacques Dupé

    17 h 33, le 27 novembre 2023

  • POUR NOS MORTS ASSASSINES, NOUS RECLAMONS LA JUSTICE ! MAIS OU EST-ELLE CACHEE, OU SONT TOUS NOS ABRUTIS ? CES JEUNES MORTS NE LES ONT PAS TUES. CE POURRAIT ETRE LEURS PERES. MAIS NOUS NE SOMMES PAS DES JUGES, ET MEME SI NOUS L,ETIONS NOUS NE JUGERONT JAMAIS SUR DES SUPPOSITIONS. QUI A DONNE LES ORDRES ET QUI LES ONT EXECUTES ? POUR FEU HARIRI NOUS LE SAVONS. OU EST LA JUSTICE DE NOTRE PAYS ? QU,ILS DEMISSIONNENT TOUS.

    LA LIBRE EXPRESSION

    18 h 58, le 24 novembre 2023

  • Et ces hauts dirigeants libanais tues par….. Devinez qui ??

    LeRougeEtLeNoir

    15 h 30, le 24 novembre 2023

  • Quel obscurantisme!

    Elie Aoun

    15 h 15, le 24 novembre 2023

  • C'est du lavage de cerveau et ce n'est pas different de toutes les organisations Islamistes. On n'amene pas des enfants pour les jeter sous les bombes pour mourir.

    Ma Realite

    14 h 21, le 24 novembre 2023

  • Sincères condoléances. Triste. Malgré tout ce que ces parents pourraient dire concernant "leur satisfaction que leurs enfants soient morts en martyrs". Bien que cela nous échappe complètement et que ce n'est pas notre culture. Je préfère juste saluer le courage de ces parents et leur présenter mes sincères condoléances. Il faut du courage pour subir ces épreuves. Malgré la façade affichée, ils doivent être brisés. Et si cette satisfaction affichée "du martyr" leur permet d'atténuer leurs souffrances? Je respecte. je n'ai pas de commentaire ou critique face à la souffrance parentale. RIP

    LE FRANCOPHONE

    12 h 28, le 24 novembre 2023

  • Voilà ce qui nous sépare. Nous faisons des enfants en leur assurant la plus belle vie possible, en les éduquant et leur procurant la protection nécessaire afin de les voir s’épanouir et jouir de la vie, lorsque ces individus font treize à la douzaine pour les envoyer mourir pour des causes farfelues et troubles dans le seul but de crier victoire sur leurs cadavres. Incompréhensible pour des le genre humain. Comment peut on se réjouir de la mort d’un enfant qu’on a mis au monde et qu’on a biberonné à la haine pour le pousser à donner sa vie pour sauver un étranger et ensuite crier victoire?

    Sissi zayyat

    11 h 59, le 24 novembre 2023

  • - DEVANT LA MORT RESPECT, - PAS DE MESQUINERIE, - ESTIME A TOUT CELUI, - QUI MEURT POUR CE QU,IL CROIT. -

    LA LIBRE EXPRESSION

    11 h 29, le 24 novembre 2023

  • - MES CONDOLEANCES TRES SINCERES, - AUX CHEFS ET MEMBRES DU HEZBOLLAH, - QUI PERDIRENT DES ETRES TRES CHERS. - LE RECONFORT : ILS SONT CHEZ ALLAH. - ILS SONT MORTS POUR UN NOBLE IDEAL, - AUQUEL ILS *CROYAIENT* JUSQU,AU FINAL. -

    LA LIBRE EXPRESSION

    10 h 56, le 24 novembre 2023

  • Même les animaux les plus sauvages protègent leurs portées . Le HEZBOLLAH est vraiment le pire qui puisse exister sur cette terre.

    HABIBI FRANCAIS

    10 h 44, le 24 novembre 2023

  • Mourir pour la défense de son pays, sa foi ou ceux que l’on aime, cela crée vraiment un martyr,(étymologiquement: "témoin"). Mais mourir pour une cause qui ne nous concerne en rien. Simplement parce que Hassan Nasrallah a décidé d’embêter un peu les israéliens. Les papas ont beau entourer les cadavres de l’auréole du martyre, pour les mamans, la pilule gardera son amertume. Un mauvais placebo.

    Yves Prevost

    09 h 04, le 24 novembre 2023

  • La mort d'un être humain est toujours triste, mais quand elle sert le propagande... Je n'aurais jamais de fierté si un de mes fils mourrait pour des mafieux.

    Zeidan

    08 h 39, le 24 novembre 2023

  • Quelle tristesse, quel gâchis. Dès leur plus jeune age, ces enfants sont soumis à un lavage de cerveau intense, glorifiant le gaspillage de leur vie humaine. “Awladakum laissu lakum”! Nos enfants sont l’espoir un monde meilleur. Laissez les vivre, se bâtir un avenir, avoir des enfants (vos petits-enfants!), développer le savoir collectif humain… Au lieu de ça, Nasrallah et consorts envoient leurs enfants (je dis bien: ENFANTS!) se faire zigouiller bêtement par les gens qu’ils ont décidé être nos ennemis. Il y a des hommes qui ne méritent vraiment pas d’être pères.

    Micheline

    01 h 53, le 24 novembre 2023

Retour en haut