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Société - Focus

Le Liban accuse Israël d'être responsable de la mort du journaliste Issam Abdallah dans le sud

« L'ennemi israélien a tiré une roquette qui a visé une voiture civile de presse, ce qui a conduit à la mort du vidéojournaliste Issam Abdallah » et blessé plusieurs autres journalistes, selon un communiqué de l'armée libanaise. 

Le Liban accuse Israël d'être responsable de la mort du journaliste Issam Abdallah dans le sud

Sur cette image tirée d’une video réalisée par Dylan Collins, journaliste caméraman pour l’AFP blessé au Liban-Sud vendredi, l’on peut voir une pointe de lumière venant d’une position israélienne quelques instants avant l’impact. Un journaliste, Issam Abdallah, a été tué, et six autres blessés. Dylan COLLINS / AFP

Les autorités libanaises ont accusé samedi Israël d'être responsable d'une frappe ayant tué Issam Abdallah, journaliste libanais de Reuters, et blessé six autres la veille au Liban-Sud, l'armée israélienne affirmant pour sa part procéder à des « vérifications ».

Six journalistes ont été blessés dans ce bombardement : deux de l'AFP, Dylan Collins et Christina Assi, grièvement atteinte ; deux de Reuters Thaer Al-Sudani et Maher Nazeh, et deux de la chaîne Al-Jazeera, Carmen Joukhadar et Elie Brakhya.

« L'ennemi israélien a tiré une roquette qui a visé une voiture civile de presse, ce qui a conduit à la mort du vidéojournaliste Issam Abdallah » et blessé plusieurs autres journalistes, selon un communiqué de l'armée libanaise. Le ministère libanais des Affaires étrangères a dénoncé pour sa part sur le réseau X (ex-Twitter) « un meurtre délibéré » et « une attaque flagrante contre la liberté de la presse ».

L'armée israélienne s'est dite de son côté « très désolée » de la mort du journaliste Issam Abdallah, sans reconnaître explicitement sa responsabilité, et a affirmé mener des « vérifications ».

Ce journaliste libanais âgé de 37 ans a été tué et les six autres - un Américain, trois Libanais et deux Irakiens- blessés vendredi, alors qu'ils couvraient la situation aux abords du village d'Alma el-Chaab, dans le sud du Liban, à la frontière avec Israël.

Le ministère français des Affaires étrangères a adressé ses « condoléances et pensées aux proches, familles et collègues » d'Issam Abdallah, ajoutant adresser « un prompt rétablissement à ses confrères blessés ». Les funérailles de Issam Abdallah ont eu lieu samedi à Khiam, au Liban-Sud.

Depuis le début de la guerre entre Israël et Gaza, déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent du Hamas, le sud du Liban est le théâtre de tirs entre le Hezbollah et l'armée israélienne et de tentatives d'infiltration en Israël depuis le Liban.

Des images tournées par le vidéojournaliste américain de l'AFP Dylan Collins, blessé par des éclats d'obus, semblent montrer un éclair de lumière provenant de la position israélienne juste avant qu'il ne touche les journalistes. « Nous étions en train de filmer la fumée d'un tir d'artillerie israélienne visant une colline distante, en face de nous. Nous étions sur un terrain découvert, portant nos gilets presse et nos casques », a-t-il raconté à ses confrères. « Il n'y avait pas d'activité militaire ni de tirs d'artillerie à proximité immédiate » des journalistes, a-t-il précisé. « Tout à coup nous avons entendu des tirs d'armes légères venant d'une autre direction, près de la frontière. Quand nous avons tourné nos caméras vers cette direction, nous avons été frappés par ce qui semblait être un tir de roquette venant du côté israélien », a poursuivi le journaliste. « J'ai vu ma collègue Christina Assi au sol avec de graves blessures aux jambes. Alors que je tentais de lui poser un garrot, nous avons été frappés à nouveau, directement, depuis le même endroit », a-t-il dit.

L'Agence France-Presse (AFP) a demandé samedi à Israël et au Liban « une enquête approfondie » sur les raisons de l'attaque. « Il est crucial que tous les efforts soient menés pour déterminer comment un groupe de journalistes clairement identifiés comme tels et dûment accrédités a pu ainsi être pris pour cible », a déclaré le PDG de l'AFP, Fabrice Fries, cité dans un communiqué.

Deux frappes

« Israël nous a pris directement pour cible », a accusé pour sa part Carmen Joukhadar, correspondante de la chaîne qatarie Al-Jazeera, hospitalisée à Beyrouth. « A six heures, la première frappe a eu lieu, j'ai couru vers notre voiture, puis j'ai pensé que je ne devais pas rester près d'elle, alors j'ai couru pour m'en éloigner et la deuxième frappe a eu lieu », a raconté la journaliste libanaise. Al-Jazeera a accusé Israël d'avoir tiré une roquette depuis un hélicoptère Apache.

La Force intermédiaire des Nations unies au Liban (Finul) a indiqué samedi qu'Israël avait frappé une position située « à environ 2,5 km du village d'Alma el-Chaab vers 17h20 vendredi, suivi par des échanges de tirs et des explosions ». « A ce stade nous ne pouvons pas dire avec certitude comment le groupe de journalistes a été frappé », selon un communiqué.

La région frontalière connaît des affrontements réguliers depuis près d'une semaine, mais les opérations étaient pour le moment restées limitées, de même que les bombardements israéliens sur les abords des villages frontaliers dans le sud du Liban. Mais la tension monte jour après jour, et la Finul déployée dans le sud du pays a mis en garde vendredi contre un risque de « débordement » et une situation qui pourrait devenir « hors de contrôle ».

« Nous répondrons à chaque tir en provenance du Liban par un tir », a martelé samedi un responsable de l'armée israélienne, le brigadier-général Daniel Hagari.

Les autorités libanaises ont accusé samedi Israël d'être responsable d'une frappe ayant tué Issam Abdallah, journaliste libanais de Reuters, et blessé six autres la veille au Liban-Sud, l'armée israélienne affirmant pour sa part procéder à des « vérifications ».Six journalistes ont été blessés dans ce bombardement : deux de l'AFP, Dylan Collins et Christina Assi, grièvement...

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