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Avec le succès du film Oppenheimer, la ville de Los Alamos en effervescence

Sorti dans les salles en même temps que « Barbie », le film « Oppenheimer » a pu se faire une place dans le box-office, malgré le nuage rose qui a envahi toutes les productions de l’été. Le musée de Los Alamos, qui relate la création de l’arme atomique, bénéficie de son succès.

Avec le succès du film Oppenheimer, la ville de Los Alamos en effervescence

Le portrait officiel de Robert Oppenheimer, alors premier directeur du Laboratoire national de Los Alamos. Photo Creative Commons

Los Alamos, toute petite ville de 11 500 habitants au Nouveau-Mexique, connaît actuellement une grande animation, volant même la vedette à Santa Fe, la capitale de cet État qui, habituellement, draine les foules. Le film Oppenheimer a boosté la cote de Los Alamos car c’est là que le scientifique qui a inspiré le film a élaboré l’arme des temps modernes, la bombe atomique. Les visiteurs se rendent au musée qui relate son exploit et jouxte le célèbre Los Alamos National Laboratory. Robert Oppenheimer en avait été le premier directeur lorsqu’il y avait fait ses recherches qui mèneront à la conception de la bombe atomique en 1945.  

Pour quoi le scientifique avait-il choisi ce lieu, alors qu’il était en quête d’un cadre adéquat aux travaux qu’il allait entreprendre ? Propriétaire d’un ranch à Albuquerque, Oppenheimer avait passé beaucoup de temps dans sa jeunesse du côté de Los Alamos. Quand il a fallu trouver le lieu parfait pour installer le laboratoire où devait se développer le projet Manhattan – initiative top secret visant à construire une bombe atomique pour aider à mettre fin à la Seconde Guerre mondiale –, il avait suggéré la petite ville de Los Alamos. Selon l’encyclopédie Britannica, il avait estimé que, placée au creux des montagnes Sangre de Cristo, elle pourrait bien abriter une sorte de ville secrète où les scientifiques et leurs familles pouvaient vivre tranquillement.


Le musée, baptisé The Bradbury Science Museum, du nom du directeur du Los Alamos Laboratory qui avait succédé à Oppenheimer. Photo tirée du site officiel du musée

Se ressourcer

De plus, son cadre magnifique et isolé inspirerait leur travail. Cet environnement devait également, selon Oppenheimer, aider l’équipe à faire face aux défis qui l’attendaient. À la mi-novembre 1942, le directeur du projet, Leslie Groves, approuve la suggestion d’Oppenheimer. En avril 1943, les scientifiques et les ingénieurs s’attellent à la tâche entre les murs de ce qui est toujours appelé le Los Alamos National Laboratory. Sous la direction de Robert Oppenheimer, la bombe est créée et testée le 16 juillet 1945.

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Quelques années plus tard, et plus précisément en 1953, un musée est créé, pour conserver les témoignages et les reliques historiques liées à la recherche sur les armes faites dans ce laboratoire. Il sera baptisé The Bradbury Science Museum, du nom du directeur du Los Alamos Laboratory qui avait succédé à Oppenheimer. Dans une première phase exclusivement réservée à des visiteurs officiels, son site précise qu’au cours de sa première année d’existence, il a reçu 14 000 « special guests » venus des 50 autres États américains et de 40 pays étrangers. 

En 1963, le musée élargit ses activités et organise des expositions portant sur des documents, des photographies et des artéfacts non classifiés de la Seconde Guerre mondiale, inaugurant ainsi une zone ouverte au grand public. 1981 sera l’année de la rénovation. Les expositions classiques cèdent la place à d’autres, plus pointues, conçues par des professionnels dans une atmosphère de muséologie. Des bandes vidéo, des vidéodisques et des programmes informatiques interactifs seront introduits et couvriront de nouveaux exploits dans le domaine de l’armement. Selon le site Clio, on estime à 80 000 le nombre annuel des visiteurs venus découvrir le développement de la bombe atomique.

Des statues grandeur nature d’Oppenheimer (à droite) et de Leslie Groves. Photo tirée du site officiel du musée

« Monsieur le Président, j’ai du sang sur les mains »

Aujourd’hui, le Laboratoire national de Los Alamos poursuit ses recherches scientifiques révolutionnaires au service de la sécurité nationale. Des personnes remarquables du monde entier continuent à venir ici pour faire ce travail, comme pendant le projet Manhattan. Aujourd’hui, sur son site,  et sous le titre « J. Robert Oppenheimer, un legs sans pareil », il présente en ces termes le mémorable scientifique : « Brillant et compliqué, J. Robert Oppenheimer a joué un rôle déterminant dans le succès du projet Manhattan. Cette première découverte dans le domaine nucléaire a changé la face du monde. Ce fut un moment incroyable de l’histoire où de nombreuses disciplines scientifiques se sont réunies pour résoudre un défi scientifique monumental. »

Né le 22 avril à New York, le physicien Robert Oppenheimer est décédé à Princeton le 18 février 1967 des suites d’un cancer à la gorge. Il avait été élevé dans une famille fortunée, intellectuelle et libérale. Il maîtrisait parfaitement l’allemand, le français et l’anglais, ce qui lui avait permis de lire les ouvrages des plus grands chimistes, mathématiciens et physiciens de l’époque dans leur version originale. Même s’il justifie l’utilisation de l’arme nucléaire pour « abréger » le conflit avec le Japon et « épargner la vie de centaines de milliers de soldats américains » malgré l’hostilité de plus de 70 scientifiques du projet Manhattan, le scientifique sera ensuite bouleversé et hanté par sa découverte, jusqu’à sa mort. Le 6 août 1945, la bombe « Little Boy » larguée sur Hiroshima, puis « Fat Man » à Nagasaki, le 9 août, feront entre 103 000 et 220 000 victimes.

Quelques mois après la fin de la guerre, Oppenheimer démissionne de son poste. Lorsque l’URSS développe ses propres bombes atomiques à partir de 1949, il plaidera pour un contrôle international de l’énergie nucléaire et une limitation de l’armement.  

Une biographie qui lui est consacrée, sous le titre American Prometheus, relate que lors d’une visite au président Harry Truman, il avait déclaré : « Monsieur le Président, j’ai du sang sur les mains », se retrouvant ainsi, au bout de sa vie, aux antipodes de l’atmosphère apaisante de Los Alamos qu’il chérissait tant.

Los Alamos, toute petite ville de 11 500 habitants au Nouveau-Mexique, connaît actuellement une grande animation, volant même la vedette à Santa Fe, la capitale de cet État qui, habituellement, draine les foules. Le film Oppenheimer a boosté la cote de Los Alamos car c’est là que le scientifique qui a inspiré le film a élaboré l’arme des temps modernes, la bombe atomique. Les...

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Bravo Irène, très intéressant

May Makarem

08 h 04, le 08 septembre 2023

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Commentaires (1)

  • Bravo Irène, très intéressant

    May Makarem

    08 h 04, le 08 septembre 2023

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