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Société - Médias

Télé-Liban à nouveau sur les ondes après une journée d'interruption

Vers 21h, la seule chaîne de télévision publique rediffusait une vieille série.

Télé-Liban à nouveau sur les ondes après une journée d'interruption

Dans les locaux de la chaîne publique Télé Liban, le 11 août 2023. Photo JOSEPH EID / AFP

Après une journée d'interruption de sa diffusion, Télé-Liban, la seule chaîne de télévision publique du pays, a repris l'antenne vendredi soir, a-t-on pu constater. Vers 21h, les téléspectateurs pouvaient voir une rediffusion d'une ancienne série. Un bandeau rouge avec la mention "Nous resterons en grève ouverte jusqu'à ce qu'à l'obtention de nos compensations" était affiché au bas de l'écran, en rapport avec la mobilisation des employés de la chaîne, qui réclament une amélioration de leurs salaires.

La décision d'interrompre "provisoirement" la diffusion de la chaîne avait été prise en début de journée par le ministère de l'Information, alors que TL n'a pas diffusé ses programmes habituels depuis plusieurs jours, en raison de la grève.

La décision de fermer la chaîne publique est temporaire, avait indiqué Patricia Samaha, productrice exécutive à Télé-Liban, à L'Orient Today

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"Télé Liban est la chaîne de télévision de l'unité et de la patrie, a affirmé Mme Samaha. Elle devrait recevoir plus de soutien".

De son côté, le ministre sortant de l'Information, Ziad Makari, a déclaré à L'Orient Today que "Télé Liban n'a pas été fermée et je n'ai pas l'intention de le faire". "Nous essayons de résoudre les problèmes et la plupart des demandes des employés ont été satisfaites", a affirmé le ministre, ajoutant qu'il avait obtenu environ 23 milliards de LL pour la télévision, sans préciser d'où il avait obtenu ce financement. "Télé Liban reprendra ses émissions et nous travaillerons avec une partie du personnel", a poursuivi M. Makari. "Une autre partie des employés a déjà démissionné du syndicat" de la chaîne, a-t-il ajouté. Le ministre a fait savoir que l'institution publique ne disposait que de 20.000 litres de diesel pour alimenter ses émissions et qu'il refusait de l'utiliser pour diffuser de la "musique classique".

En début de soirée, le ministre a publié un communiqué dans lequel il insiste ne pas avoir annoncé la fermeture permanente de TL, mais avoir "décidé de geler la diffusion pour économiser les fonds publics".

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Impasse
Un membre du Syndicat des employés de Télé Liban, Samer Hana, a, lui, expliqué à L'Orient Today que les employés observent une grève illimitée depuis le 3 août pour exiger le paiement des sommes qui leur sont dues et qui, selon lui, n'ont pas été versées depuis des mois. "Nous avons travaillé gratuitement", a-t-il déploré.

"On nous a constamment promis que nos salaires allaient être augmentés, mais rien ne s'est encore produit, et nous sommes maintenant dans une impasse", a dit M. Hana, ajoutant : "Je ne peux même pas me rendre au bureau avec le salaire qu'ils nous versent". Selon lui, les employés de Télé Liban reçoivent le même salaire qu'avant la crise économique qui a commencé en 2019, malgré la vive dépréciation de la livre libanaise, et 450.000 LL par jour (5 dollars) comme frais de transport, depuis environ deux mois.

"Nous sommes contre la décision" d'arrêter la diffusion, a dit M. Hana, affirmant qu'elle a été prise par le ministre sortant de l'Information Ziad Makari pour faire pression sur les employés afin qu'ils mettent fin à leur grève.

"Décision injuste"
Dans la soirée, le syndicat des employés de Télé-Liban a annoncé qu'il poursuivrait sa grève, après avoir été "abasourdi par la décision du ministre Makari". Le syndicat a "rejeté toute atteinte à la diffusion" de la chaîne et a dénoncé une "décision injuste".

Une autre source à Télé Liban, qui a préféré garder l'anonymat parce qu'elle n'est pas autorisée à parler à la presse, a déclaré que "la décision d'arrêter la diffusion reste officieuse", car l'arrêt de l'institution publique ne relève pas de la compétence du ministère de l'Information. "La dernière chose que nous voulions, c'était que la diffusion soit interrompue", a-t-elle dit. "C'est comme si les yeux de la patrie avaient été éteints aujourd'hui".

Cette même source ajoute : "Je suis triste, mais je comprends aussi une telle décision alors que certains employés ont été payés 2 et 4 millions de LL" par mois, ce qui équivaut à entre 22 et 44 dollars.

"Les employés des TL font partie des travailleurs du secteur public les plus opprimés et les plus injustement traités au Liban depuis des décennies", a pour sa part déclaré le chef de la Confédération générale des travailleurs libanais, Béchara Asmar, dans un communiqué. "Nous sommes à leurs côtés et soutenons leurs actions légitimes lancées pour garantir leurs droits". Le syndicaliste a néanmoins appelé les employés de la chaîne à "donner une chance à la solution convenue concernant les compensations et salaires dus, à reprendre le travail et à engager immédiatement un dialogue constructif avec le ministre de l'Information".

La création de Télé Liban remonte à la fin des années 1950. Au départ, la chaîne était entièrement détenue par deux sociétés privées, la Compagnie Libanaise de Télévision (CLT) (chaînes 7 et 9) et Télé-Orient (chaînes 5 et 11), avant de fusionner en 1978 dans le cadre d'un accord qui prévoyait une répartition égale de la propriété entre le secteur public et le secteur privé. En 1996, l'État a racheté les parts du secteur privé et, depuis lors, la chaîne est la propriété exclusive de l'État.

Après une journée d'interruption de sa diffusion, Télé-Liban, la seule chaîne de télévision publique du pays, a repris l'antenne vendredi soir, a-t-on pu constater. Vers 21h, les téléspectateurs pouvaient voir une rediffusion d'une ancienne série. Un bandeau rouge avec la mention "Nous resterons en grève ouverte jusqu'à ce qu'à l'obtention de nos compensations" était affiché au bas...

commentaires (4)

Aucune action commune de la part de tous les médias libanais pour exiger des aides ou pour réclamer leurs droits à l’information sans entraves malgré tous les assassinats dont leurs confrères ont fait l’objet. Qu’espèrent ils au juste, qu’on vienne leur accorder des droits par crainte de subir les revers s’ils ne s’exécutaient pas en retour, chose qui n’est jamais arrivée malgré tous les crimes commis sur leurs confrères? Alors ils peuvent attendre au lieu de se rassembler pour déloger tous ces barbares, voleurs, impitoyables et lâches qui assassinent lorsque les victimes sont isolées et sans défense. A quand le retour des médias qui font trembler les plus hauts dirigeants parce que nombreux, libres et puissants.

Sissi zayyat

14 h 54, le 12 août 2023

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Commentaires (4)

  • Aucune action commune de la part de tous les médias libanais pour exiger des aides ou pour réclamer leurs droits à l’information sans entraves malgré tous les assassinats dont leurs confrères ont fait l’objet. Qu’espèrent ils au juste, qu’on vienne leur accorder des droits par crainte de subir les revers s’ils ne s’exécutaient pas en retour, chose qui n’est jamais arrivée malgré tous les crimes commis sur leurs confrères? Alors ils peuvent attendre au lieu de se rassembler pour déloger tous ces barbares, voleurs, impitoyables et lâches qui assassinent lorsque les victimes sont isolées et sans défense. A quand le retour des médias qui font trembler les plus hauts dirigeants parce que nombreux, libres et puissants.

    Sissi zayyat

    14 h 54, le 12 août 2023

  • TL = Ta Langue!

    Wlek Sanferlou

    13 h 57, le 11 août 2023

  • Merci d’arrêter de me censurer, je suis capable de couvrir mes arrières, je suis résident Libanais j’expose mon nom et prénom et je commence profondément à douter de votre journal! Triste !

    Samir Tabet

    13 h 52, le 11 août 2023

  • Le temporaire au liban est définitif. Espérons que cette fois ci , ce soit l'exception à la règle.

    LE FRANCOPHONE

    13 h 33, le 11 août 2023

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