Le croisement entre les rues Weygand et Riad el-Solh en 1958. Photo Collection Robert Zebib.
Il vient de pleuvoir sur la ville, en cette fraîche et nuageuse journée de 1958 : ce ne sont plus des ombres mais des reflets que les passants armés de parapluies promènent sur les pavés détrempés. Les couleurs de notre ville en sont sublimées : débarrassé de sa poussière estivale, le basalte de la rue Weygand brille d’un noir d’ébène, se détachant avec majesté du vulgaire asphalte gris délavé de la rue Riad el-Solh, dite « des banques », qui part à gauche. Je n’avais jamais remarqué que ce passage piéton, au premier plan, était souligné de pierres dures dites furni, comme si les clous posés sous le mandat ne suffisaient plus. Je comprends que la municipalité ait renoncé, depuis, à cette méthode : l’asphalte, plus friable, se détache progressivement de ces pierres qui s’en trouvent surélevées, se transformant en...
Il vient de pleuvoir sur la ville, en cette fraîche et nuageuse journée de 1958 : ce ne sont plus des ombres mais des reflets que les passants armés de parapluies promènent sur les pavés détrempés. Les couleurs de notre ville en sont sublimées : débarrassé de sa poussière estivale, le basalte de la rue Weygand brille d’un noir d’ébène, se détachant avec majesté du vulgaire asphalte gris délavé de la rue Riad el-Solh, dite « des banques », qui part à gauche. Je n’avais jamais remarqué que ce passage piéton, au premier plan, était souligné de pierres dures dites furni, comme si les clous posés sous le mandat ne suffisaient plus. Je comprends que la municipalité ait renoncé, depuis, à cette méthode : l’asphalte, plus friable, se détache progressivement de ces pierres qui s’en...
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DETRUITE,
RECONSTRUITE,
MAIS PIRE QU'ELLE NE L'AVAIT JAMAIS ETE DU TEMPS DE SA DESTRUCTION
L’acidulé
10 h 10, le 21 février 2025
L'analyse détaillée de cette photo d'un temps révolu photo en dit tant, et vous le racontez si bien... Encore !
Ca va mieux en le disant
11 h 12, le 04 juin 2023
Merci pour la description de cette belle photo ! J'ai l'impression que là ou le piéton avec le parapluie marche il y a des vois de tramways dans la rue ! En 1958 il y avait encore des trams peut-être à Beyrouth ...
Stes David
09 h 06, le 04 juin 2023
Cher Monsieur Boustani, j’aime beaucoup, beaucoup ce que vous ecrivez: vous savez regarder une photo, nous la raconter, mais aussi conter notre histoire , jusqu’à cet aujourd’hui qui est douloureux , rageant et insultant pour nous tous…..
DETRUITE, RECONSTRUITE, MAIS PIRE QU'ELLE NE L'AVAIT JAMAIS ETE DU TEMPS DE SA DESTRUCTION
10 h 10, le 21 février 2025