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Nos Lecteurs ont la Parole

Qu’importe...

La mort s’abat sur la ville sans lumière et couvre de son manteau les paupières endormies.

Tu sais bien, mon ami, que la mort est une continuité de la vie, sans la vie il n’y a pas de mort. Je sais que tu voudrais tellement encore réaliser des choses… mais tu le diras aussi dans 10 ans, dans 20 ans, dans 100 ans. On part toujours avec un sentiment de frustration, de déception, de manque. Seulement, regarde ta vie combien elle était pleine : tes réussites et tes échecs, tes sourires et tes larmes, tes amours et tes haines, les coups que tu as reçus et les coups que tu as rendus, ta fierté et ta déception, ta famille, tes amis et tes ennemis…

Qu’importe alors de traverser le chemin de la mort. Laisse l’oiseau de la nuit venir gazouiller près de ton oreille la chanson de la vie.

La vie t’a donné deux pays, celui qui t’a vu naître et celui qui t’a accueilli adolescent puis adulte. Pars avec la certitude que les chrétiens du Liban resteront libres, car leurs âmes sont moulées dans la liberté, et un peuple qui adore la liberté ne peut pas mourir.

Pars avec plein de soleil dans les yeux, avec plein d’images de ta vie : celles de ton enfance et celles de ta vie d’adulte, celles de ta famille et de tes amis, celles des hommes et des femmes qui t’ont inspiré dans la vie, celles de tes combats, multiples et variés.

Viens mon ami, viens faire un dernier tour avec moi… Marchons vers je ne sais où… Rigolons de je ne sais quoi… Souvenons-nous de tout et de rien… Parlons dans le silence. Sens-tu combien nous sommes proches l’un de l’autre, combien nous sommes complices ? Allez dansons, dansons notre dernière danse, dansons comme dans le bon vieux temps !

Qu’importe mon ami de mourir. Je te rejoindrai, c’est promis. Nous te rejoindrons tous. Si, dans un moment de solitude, tu sens couler des larmes, rappelle-toi combien de fois tu as essuyé les miennes.

Qu’importe mon ami… Qu’importe la mort… Qu’importe !

Chirurgien et diplômé en histoire

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

La mort s’abat sur la ville sans lumière et couvre de son manteau les paupières endormies.Tu sais bien, mon ami, que la mort est une continuité de la vie, sans la vie il n’y a pas de mort. Je sais que tu voudrais tellement encore réaliser des choses… mais tu le diras aussi dans 10 ans, dans 20 ans, dans 100 ans. On part toujours avec un sentiment de frustration, de déception, de...
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