Rechercher
Rechercher

Nos Lecteurs ont la Parole

Jetable, jetable, jetable...

Quelles sont les rares choses de notre quotidien qui ne le sont pas ?

Trop tôt, trop vite.

Tee-shirt jetable. Aussitôt jeté, aussitôt remplacé.

Assiette jetable. Aussitôt jetée, aussitôt remplacée.

Appareil photo jetable. Aussitôt jeté, aussitôt remplacé.

La vérité, c’est que notre monde est si jetable que tout y est remplaçable.

Trop tôt, trop vite.

À bout de souffle pensent-ils déjà à leur nouveau tee-shirt pour remplacer le dernier, jeté.

À bout de souffle pensent-ils déjà à leur nouvelle assiette pour remplacer la dernière, jetée.

À bout de souffle pensent-ils déjà à leur nouvel appareil photo pour remplacer le dernier, jeté.

Tout va trop vite.

Une meilleure qualité de tee-shirt, une meilleure qualité d’assiette, une meilleure qualité d’appareil photo.

On se lasse de tout ce que le présent nous donne, trop tôt, trop vite, dans l’avidité d’un lendemain meilleur.

Lendemain qui ne nous est pas garanti.

Qualité qui ne nous est pas garantie.

La malédiction, c’est que ce monde jetable a empesté, au-delà de nos relations matérielles, nos relations humaines.

Querelle amicale. Aussitôt jetée, aussitôt remplacée.

Querelle amoureuse. Aussitôt jetée, aussitôt remplacée.

La vérité, c’est que notre monde est si jetable que tout le monde y semble remplaçable.

Trop tôt. Trop vite.

À bout de souffle pensent-ils déjà à leur nouvel ami pour remplacer le dernier, jeté.

À bout de souffle pensent-ils déjà à leur nouvel amant pour remplacer le dernier, jeté.

Tout va trop vite.

Une amitié meilleure que la dernière, une relation meilleure que la dernière.

On se lasse de tout ce que le présent nous donne, trop tôt, trop vite, dans l’avidité d’un lendemain meilleur.

Lendemain qui ne nous est pas garanti.

Bonheur qui ne nous est pas garanti.

Et puis, on est insatisfait. Et puis, on recommence.

Souvent sans se rendre compte que le problème vient réellement de soi, et de notre incapacité à tolérer, tolérer au-delà des imperfections, et de notre incapacité à écouter, écouter que ce qui est brisé souvent cherche à être sauvé.

Habitués à la facilité, habitués à la rapidité.

On en oublie que les relations humaines ne s’achètent pas, qu’elles ne sont pas matérielles, et ne sont pas toujours des plus faciles.

Elles se construisent dans le temps et dans l’histoire.

C’est ce qui les différencie du monde matériel.

C’est ce qui les rend si précieuses.

Les japonais l’ont mieux compris. « Kintsugi ».

Restaurer des objets brisés, non pas en dissimulant les cassures, mais en les sublimant avec de l’or.

Le Kintsugi est une ode à l’imperfection et à la fragilité.

À un objet brisé est offert une seconde vie, une vie meilleure, vie où ses imperfections sont vues et appréciées, tolérées.

Pourquoi serait-il alors plus difficile à l’homme d’en faire ainsi ?

Nous autres, êtres humains, nous ressemblons plus que nous le pensons. Dans nos blessures, dans notre insatisfaction, et dans notre quête du bonheur.

Pourtant, il semble parfois que nous sommes tous incapables de se comprendre et de se tolérer. Il semble parfois que nous sommes tous incapables d’être simplement humains.

Parce que jetable, jetable, jetable…

Trop tôt, trop vite.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique Courrier n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, L’Orient-Le Jour offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.


Quelles sont les rares choses de notre quotidien qui ne le sont pas ? Trop tôt, trop vite.Tee-shirt jetable. Aussitôt jeté, aussitôt remplacé.Assiette jetable. Aussitôt jetée, aussitôt remplacée.Appareil photo jetable. Aussitôt jeté, aussitôt remplacé.La vérité, c’est que notre monde est si jetable que tout y est remplaçable.Trop tôt, trop vite.À bout de souffle pensent-ils...

commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut