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Politique - Liban

Et de neuf : le Parlement échoue encore à élire un président

Sans surprise, les députés n'ont pas élu de successeur à Michel Aoun faute d'accord politique. Nouvelle et dernière séance pour l'année 2022, le 15 décembre à 11h.

Et de neuf : le Parlement échoue encore à élire un président

Le président du Parlement Nabih Berry lors de la neuvième séance consacrée à l'élection présidentielle, le 8 décembre 2022. Photo Hassan Ibrahim/Parlement libanais

Toujours pas d'issue à l'horizon. La neuvième séance parlementaire consacrée à l'élection d'un président de la République au Liban a été levée jeudi, moins d'une heure après qu'elle ait débuté, sans aboutir à l'élection d'un successeur à Michel Aoun, dont le mandat a expiré le 31 octobre.

Comme les semaines précédentes, le président de la Chambre, Nabih Berry, a levé la séance, à peine le décompte des voix du premier tour achevé, avant d'annoncer, alors que plusieurs députés avaient déjà quitté l'hémicycle, la tenue d'une nouvelle réunion le jeudi 15 décembre à 11h. Cette séance sera la dernière pour l'année 2022.

Avant le défaut de quorum, Nabih Berry a annoncé aux groupes parlementaires qu'il compte leur demander leur avis concernant la tenue d'un dialogue autour de la présidentielle. M. Berry avait renoncé jusque-là à organiser un tel dialogue face au refus de plusieurs groupes.

Ce rituel désormais bien huilé d'un premier tour suivi d'une levée de séance, le quorum étant perdu après le départ de députés du Hezbollah, du mouvement Amal et du Courant patriotique libre, se répète inlassablement depuis la première réunion parlementaire électorale organisée le 29 septembre dernier, malgré la vacance totale de l'Exécutif dans un Liban en plein effondrement. 

Lors du premier tour, un total de 105 députés ont voté jeudi. Trente-neuf ont accordé leur suffrage au parlementaire de Zghorta Michel Moawad qui avait obtenu 37 voix lors de la huitième séance, un score en hausse légère donc par rapport à la précédente.  Trente-neuf députés ont voté blanc, contre 52 la semaine dernière, ce qui constitue une nette baisse. Parmi les autres candidats ayant reçu des voix, le professeur et universitaire respecté Issam Khalifé a été plébiscité par cinq députés (contre quatre la semaine dernière), l'ancien ministre Ziyad Baroud par un parlementaire (contre deux jeudi dernier).

Par ailleurs, neuf députés se sont prononcés pour "Le nouveau Liban",  un seul a voté "Pour le Liban", un seul aussi pour le candidat officiel Fawzi Bou Malhab, trois pour l'ex-patron des Douanes, Badri Daher (actuellement emprisonné dans le cadre de l'enquête sur l'explosion au port de Beyrouth), un seul en faveur de l'ex-député et candidat officiel Salah Honein. Un bulletin contenait l'inscription "Moawad Badri Daher", et un autre "L'entente". Quatre bulletins on enfin été annulés, dont l'un contenant le nom de l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, icône de la lutte contre l'apartheid.

Le nom de Sleiman Frangié, chef des Marada, qui avait été glissé dans l'urne il y a trois semaines, n'est pas ressorti ce jeudi.

Dialogue

Le député de Zghorta et candidat Michel Moawad a estimé que "l'attitude de certains qui font perdre le quorum ainsi que le vote à la légère (...) ennuie les Libanais et dégoûte les députés". Il a jugé que cela a pour but de "nous soumettre et nous imposer un candidat".

Le député Ali Hassan Khalil (Amal) a estimé pour sa part qu'"il n'y aura de sortie de crise qu'à travers la communication et le dialogue". "Chaque parti doit revoir sa position afin que ce dialogue soit lancé", a-t-il plaidé.

Jusque là, le CPL, le Hezbollah et le mouvement Amal ont continué de mettre un bulletin blanc dans l'urne, faute d'entente sur un présidentiable. Le parti chiite favorise officieusement la candidature de M. Frangié, un choix refusé par le CPL.

Mais mardi, le chef du CPL Gebran Bassil avait indiqué que son parti pourrait s'écarter de la stratégie du vote blanc, adoptée jusqu'à présent par son allié chiite le Hezbollah dans les séances électorales, en signe de protestation après la tenue d'une réunion du gouvernement sortant lundi avalisée par le Hezbollah.

Éclairage

Le Hezbollah part à la conquête de la scène sunnite

Les séances législatives visant à élire un nouveau président restent stériles depuis plus de deux mois, faute de consensus entre les différents blocs politiques sur un candidat unique. Une telle entente est traditionnellement considérée comme un prérequis à toute élection d'un nouveau chef de l'Etat au Liban, et est réclamée régulièrement par le Hezbollah et ses alliés qui ont, lors des dernières séances, voté blanc. Face à eux, les Forces libanaises (de Samir Geagea), le Parti socialiste progressiste du leader druze Walid Joumblatt ainsi que le parti Kataëb et des députés indépendants se sont exprimés en faveur de leur collègue de Zghorta, Michel Moawad. Mais ils peinent toutefois à rassembler plus de suffrages autour de leur poulain dont la candidature est de toute façon rejetée par le Hezbollah et le CPL.

Lors du premier tour, le président doit être élu avec 86 voix, alors qu'une majorité absolue de 65 voix est requise lors des tours suivants. Toutefois, jusque-là, la Chambre n'est toujours pas parvenue à un deuxième tour de vote, les députés du camp du Hezbollah et ses alliés se retirant de la séance à l'issue du dépouillement du premier tour, conduisant à chaque fois à la perte du quorum. A chaque nouvelle séance, M. Berry considère qu'il s'agit à nouveau d'un premier tour, et que le nombre de voix requis est de 86 pour élire un président. Une manœuvre toutefois contraire à la Constitution.


Toujours pas d'issue à l'horizon. La neuvième séance parlementaire consacrée à l'élection d'un président de la République au Liban a été levée jeudi, moins d'une heure après qu'elle ait débuté, sans aboutir à l'élection d'un successeur à Michel Aoun, dont le mandat a expiré le 31 octobre.Comme les semaines précédentes, le président de la Chambre, Nabih Berry, a levé la...

commentaires (14)

Le parti iranien a toujours besoin de Bassil, et par conséquent il continue à le supporter. Viendra le jour où il l'enverra se balader quand il aura tout consommé.

Esber

19 h 32, le 08 décembre 2022

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Commentaires (14)

  • Le parti iranien a toujours besoin de Bassil, et par conséquent il continue à le supporter. Viendra le jour où il l'enverra se balader quand il aura tout consommé.

    Esber

    19 h 32, le 08 décembre 2022

  • J'aurais titré "Le parlement réussit à ne pas élire un président" qui collerait mieux à la réalité. "échec" suppose une volonté sincère.

    Céleste

    19 h 02, le 08 décembre 2022

  • Quelle mascarade et quelle honte pour le Parlement Libanais. Hier en Suisse, les parlementaires ont voté pour 2 nouveaux conseillers fédéraux (2 Ministres) et cela en une seule séance. Paula

    Paulette Mathys

    17 h 36, le 08 décembre 2022

  • LOSERS! Traitors! Servants to their master! No conscience nor honor!

    Sabri

    16 h 40, le 08 décembre 2022

  • Pendant que le monde se prepare pour affronter l’avenir, les émirats nagent dans l’or, les voisins « ennemis » s’apprêtent à extraire du gaz, nous le Liban on vote pour Nelson Mandela. Bravo ! Notre pays et notre peuple meurent de faim et nous jouons à la comédie au parlement, qui n’est en fait qu’un cirque diriger par le clown en chef Mr. B. Vraiment? Pour beaucoup moins que ça, il ya 24h le président Péruvien Pedro Castillo c’est retrouver en prison. Nous on continue la plaisanterie, en se moquant tous les jours des citoyens libanais qui meurent de faim, qui n’ont pas de quoi se soigner, et ce qui est pire encore, c’est d’étouffé le rêve de toute une génération de jeunes qui ne souhaitent que de partir. Liban réveille toi bon sang!

    Antoine Chouery

    15 h 52, le 08 décembre 2022

  • Franchement...que ferions-nous sans ces séances du jeudi à 11 heures de notre Théâtre National, avec le défilé des députés-acteurs souriants, dont certains très, très volubiles, avant de grimper les marches qui les conduisent à l'intérieur ? On en arrive à souhaiter qu'ils ne soient jamais d'accord...donc pas de président...pour que notre distraction préférée continue encore longtemps...longtemps !!! - Irène Saïd

    Irene Said

    15 h 06, le 08 décembre 2022

  • "… le Parlement échoue encore à élire un président …" - Si j’étais éditeur à l’OLJ j’aurais titré: "Une partie du parlement réussit à ne pas élire un président". Vous comprenez la différence?

    Gros Gnon

    13 h 46, le 08 décembre 2022

  • Pourquoi Berry n’est pas évince de son poste pour manquement à son devoir de président du parlement? Nous attendons une réaction de la part des opposants auprès de la justice de ce pays puisque la constitution est bafouée par un responsable politique qui a décidé tout seul de prendre le pays et son peuple en otage, juste parce que ça lui plaît et que ça arrange les affaires de ces alliés vendus. Pourquoi personne n’évoque sa démission ou même son licenciement. Mais dans quel monde vit on?

    Sissi zayyat

    13 h 14, le 08 décembre 2022

  • triste que les premiers titres de votre journal relaient des non-informations: échec à élire un président, accord de mar mikhael qui ne représente plus rien, y compris pour ceux-là même qui l'ont entériné et enfin, bagarres verbales et enfantillages entre partis sur un sujet qui n'apporte rien, ni au peuple ni au pays. en attendant que nos élus fassent une infime partie du travail pour lequel ils sont grassement payés (à savoir élire un président), votre journal pourrait mettre en première page des sujets autrement plus significatifs et plus importants. sans rien changer à votre contenu, ça illustrerait mieux le désintérêt de la plupart de vos lecteurs pour nos gouvernants et leurs partis.

    N.A.

    12 h 47, le 08 décembre 2022

  • C’est du nabot tout craché. Il a fait un discours en menaçant et vociférant pour se rendre à l’évidence qu’il n’est et n’a jamais rien été. Juste un pion, que dis-je un jouet aux mains de ces alliés les vendus desquels il ne pourra jamais se dépêtrer. Il a signé pour en chi…

    Sissi zayyat

    12 h 43, le 08 décembre 2022

  • La manœuvre est contraire à la constitution écrivez-vous? Qu’attendent on pour signifier au président du parlement qu’il est hors la loi et lui infliger les sanctions qui conviennent à la situation? Il peut ainsi garder le pouvoir éternellement puisque aucun de ces députés n’ose élever la voix et même l’attaquer en justice pour manquement à son devoir et acte de trahison de son pays? Où va t-on comme cela?

    Sissi zayyat

    12 h 36, le 08 décembre 2022

  • ""...dernière séance pour l'année 2022"", pour élire un nouveau président correspond aux prévisions de la météo politique mainte fois dites et écrites. Mais qu'on me parle un peu de ""l'accord politique"" à défaut d'un programme.

    Nabil

    12 h 34, le 08 décembre 2022

  • Etant donne que la manoeuvre de Berri est contraire a la Constitution, n’y a-il pas suffisamment de voix pour s’y opposer? Quant au député qui a vote pour Nelson Mandela, quel manque de sérieux! Pas de place aux métaphores, mettez-vous d’accord et qu’on en finisse. Vous jouez avec la vie, le destin de tout un peuple.

    CW

    12 h 24, le 08 décembre 2022

  • En 2025 peut-être

    Zeidan

    11 h 53, le 08 décembre 2022

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