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Nos Lecteurs ont la Parole

Au Parlement désorienté

De jeudi en jeudi c’est peine perdue, le futur président demeure hélas une équation à plusieurs inconnues difficile à résoudre avec des représentants si irresponsables et sans doute si incompétents ou plutôt si insensés.

C’est si aberrant que nombre de nos députés se réunissent pour voter bulletin blanc ou bulletin inutile. C’est si aberrant qu’ils se retrouvent bouche bée ou plutôt doigts paralysés, inaptes à voter alors que c’est bien le moment où ils devraient s’exprimer.C’est si aberrant qu’ils attendent de recevoir un ordre imposé alors qu’ils sont acculés à être libres de proposer le nom du futur président à sélectionner.

Que faut-il pour les délier et exiger d’eux un choix en vrais citoyens libanais engagés à prendre une décision ferme et assurée ?

Ce droit par nous leur a été octroyé, ils semblent l’avoir sciemment occulté.

Cette procuration par le peuple leur a bien été confiée. De cette charge, qu’ont-ils fait ?

Mais non, paraît qu’il faut attendre le mot de passe de l’étranger.

N’est-il donc pas venu le moment de montrer un peu de dignité et de prouver notre maturité pour exiger un président par nous révélé ?

Honte à vous qui insultez notre intelligence ! Honte à vous qui nous mésestimez !

Ne savez-vous donc pas que c’est de l’intérêt de nos enfants dont vous conspirez !

Ne savez-vous donc pas que c’est l’intérêt de notre patrie que vous bafouez !

Ne savez-vous donc pas que c’est du pouvoir dont vous abusez !

Arrêtez de vous comporter comme des enfants dans une cour de récré qui vont dans tous les sens avant le sifflet du surveillant pour les sommer en rangs de se ranger, et de se remettre à l’ordre, par leur supérieur imposé.

Pour le moment c’est téléphone cassé au Parlement désorienté. Sans doute que la cloche n’a pas encore sonné. Jusqu’où allez-vous nous prendre pour des poires ? Est-il écrit sur nos fronts ignorants, illettrés et inexpérimentés ?

Cessez cette comédie qui n’en est pas une ! C’est plutôt un drame qui montre votre inconscience, votre cupidité et votre incapacité.

N’auriez-vous pas honte vis-à-vis de vos concitoyens qui vous ont fait foi et crédibilité ?

Cessez de les trahir, eux qui attendent soulagement pour un peu souffler !

Mais la patience a ses limites. Sachez que le peuple à tout moment serait capable de se soulever pour vous encercler et à l’hémicycle vous enfermer jour et nuit jusqu’à ce que vote final soit confirmé.

Est-ce cela que vous souhaitez ? Ne voyez-vous donc pas combien le peuple souffre de votre rapacité ?

Nous n’attendons pas votre pitié mais nous attendons que votre devoir fassiez.

Vous êtes rémunérés pour œuvrer et non pour vous produire sur scène, en spectacle à intriguer.

Et vous, président du Parlement, au lieu de mener les députés tel un chef d’orchestre avec respect et virtuosité, vous agissez plutôt tel un chef de milice qui réprimande les élus comme des enchaînés.

C’est nous que vous humiliez. C’est nous que vous offensez. C’est nous que vous écrasez.

N’avez-vous pas conscience du rôle qui vous incombe de contribuer, avec sagesse et perspicacité, au confort du peuple libanais pour à bon port naviguer, jeter l’ancre et amarrer ? À vau-l’eau notre patrie vogue aujourd’hui prête à se noyer avec tous ses passagers si le sauvetage ne la ramène à quai en toute sécurité.

Voilà où nous en sommes réduits et vous continuez à vous jouer de nos vies, de nos biens et de nos deniers.

Quant à vous nouveaux élus, fruits de notre soulèvement spontané dont nombre d’entre vous sont aujourd’hui discrédités.

Vous avez tenté de citer les noms par vous souhaités, mais à votre choix nul n’a plié.

Il est temps de vous ranger à l’opposition plurielle qui offre une position par nous souhaitée.

Vous pourriez par la suite à l’hémicycle vous opposer si un traité, une décision ou un décret vous déplaisaient.

Qu’attendez-vous pour nous délivrer de la hantise d’à nouveau sombrer entre les mains de l’enfer qui guette à nous rattraper. Déjà deux des vôtres ont été par le Conseil constitutionnel radiés et par d’autres personnes remplacés sachant qu’au camp opposé ils vont se rallier.

Encore des voix gaspillées avec la perte du temps écoulé.

Reprendre les paroles de l’académicien Gustave Michaut dans l’introduction de Marc-Aurèle dans Pensées pour moi-même rapportées par Mario Meunier me semblent adéquat et adapté : « Maîtresse de former ses opinions, l’âme essayera de trouver cette vérité que possède l’âme du tout. Elle découvrira la loi de la nécessité, et la comprendra ; elle saura ainsi qu’elles doivent être ses relations avec le tout… Elle distinguera les choses qui sont en notre pouvoir, les choses qui ne sont pas en notre pouvoir (...) Elle n’estimera donc que la vertu, ne redoutera que le vice, regardera tout le reste, vie et mort, plaisir et douleur, gloire et infamie, comme des choses indifférentes. Enfin, elle saura que toutes ces vérités lui appartiennent et que nulle force au monde ne peut les lui ravir : l’indépendance de son jugement restera absolue. »

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique Courrier n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, L’Orient-Le Jour offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires ni injurieux ni racistes.


De jeudi en jeudi c’est peine perdue, le futur président demeure hélas une équation à plusieurs inconnues difficile à résoudre avec des représentants si irresponsables et sans doute si incompétents ou plutôt si insensés.C’est si aberrant que nombre de nos députés se réunissent pour voter bulletin blanc ou bulletin inutile. C’est si aberrant qu’ils se retrouvent bouche bée...

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