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Économie - Emploi

Compétitivité des talents : la dégringolade libanaise se poursuit

En un an, le Liban a perdu 13 places au classement de l’Insead sur la compétitivité des talents dans le monde (GTCI) et occupe désormais la 84e place sur 133 pays retenus.

Compétitivité des talents : la dégringolade libanaise se poursuit

En se classant 84e sur 134 pays dans le classement de 2022 de l’Insead sur la compétitivité des talents dans le monde, le Liban perd 13 places en un an. Photo Bigstock

Encore un indicateur qui atteste de la dégradation de l’emploi et des conditions de vie au Liban. En un an, le pays a perdu 13 places au classement de la compétitivité des talents dans le monde (GTCI) de 2022, publié le 3 novembre par l’Insead (Institut européen d’administration des affaires), en collaboration avec Portulans Institute et Human Capital Leadership Institute. Le Liban occupe ainsi la 84e place parmi les 133 pays retenus dans la 9e édition de ce rapport intitulé « La tectonique des talents : le monde dérive-t-il vers davantage d’inégalités en matière de talents ? » En 2021, le Liban était classé 71e sur 134 pays.

Selon l’Insead, cette publication joue le rôle de « rapport annuel d’analyse comparative » qui permet de mesurer « la manière dont les pays et les villes cultivent, attirent et retiennent les talents ». L’Institut considère que ce rapport fournit des informations aux décideurs nationaux qui leur permettent de « comprendre le panorama mondial de la compétitivité en matière de talents » et donc de « développer des stratégies pour stimuler leur compétitivité ». Les pays inclus dans cette étude représentent plus de 93 % de la population mondiale et près de 98 % du PIB global, selon les auteurs du rapport.

De par son score de 36,62 points (contre 44,45 points en 2021), le pays du Cèdre se situe en dessous de la moyenne mondiale de 43 points et se retrouve ainsi entre la Turquie (37,67 points, 81e), l’Indonésie (37 points, 82e), le Kirghizistan (36,74 points, 83e), le Paraguay (36,59 points, 85e), l’Égypte (35,84 points, 86e) et l’Équateur (35,79 points, 87e). Au niveau régional, le Liban se classe au 8e rang parmi les 13 pays arabes retenus dans le classement. Les Émirats arabes unis (59,67 points, 25e mondial), le Qatar (50,99 points, 38e) et l’Arabie saoudite (48,78 points, 43e) occupent les trois premières marches du podium des pays arabes. Le trio de tête mondial est lui constitué de la Suisse (78,20 points) – à cette place depuis la 1re édition du classement en 2013 –, de Singapour (75,80 points) et du Danemark (75,44 points).

Dégradation des conditions

La dégringolade du Liban dans le classement GTCI en 2022 s’explique par les effets de la crise multiforme dans laquelle le pays patauge depuis mi-2019. Car si les données qui avaient servi à établir le rapport de 2021 avaient été collectées sur la période allant de 2018 à 2020, soit avant et juste après le début de la crise, celles du rapport 2022 tiennent compte des données de l’après-crise.

Dans le détail, l’indice GTCI évalue les étapes et décisions prises par les gouvernements pour encourager les compétences individuelles, comme la capacité des États à apporter des aptitudes nécessaires à une économie innovante, productive et compétitive. Il est calculé à travers la moyenne pondérée de six sous-indices regroupés en deux catégories qui reflètent ces différents aspects. La première catégorie rassemble les quatre sous-indices relatifs aux politiques appliquées, ainsi qu’aux ressources employées pour accueillir de nouveaux talents. La seconde mesure la « qualité » des talents que les moyens déployés par un État donné ont permis d’attirer.

Pour mémoire

Compétitivité des talents : le Liban en milieu de tableau, selon l’Insead

Les scores obtenus par le Liban pour chacun de ces sous-indices sont plutôt en phase avec la réalité du terrain. Dans le sous-indice Enable, qui mesure la qualité de la réglementation et les conditions du marché du travail, le pays occupe par exemple une médiocre 92e place, avec un score de 35,31 points, contre la 88e place en 2021. Sans surprise, le Liban affiche de piètres scores pour les variables mesurant l’efficacité du gouvernement (12,98 points), la stabilité politique (13,81 points) et le niveau de corruption (7,25 points), ce qui le place parmi les pires élèves mondiaux : 128e, 127e et 124e respectivement.

Le constat est encore pire en ce qui concerne les sous-indices de la catégorie Retain, qui note la capacité du Liban à conserver les talents sur place, le pays enregistrant une note de 37,28 points, pour laquelle il se classe 100e, alors qu’il était 98e l’année passée.

Le bilan est en revanche meilleur pour les sous-indices des catégories Attract, qui mesure la capacité à attirer des travailleurs dans le pays, et Grow, qui évalue le niveau d’éducation et de formation, dans lesquelles le pays enregistre des améliorations. S’agissant de la première, le Liban passe de la 88e place en 2021 à la 80e place cette année, en obtenant un score de 47,89, alors qu’il passe de la 69e place en 2021 à la 68e place en 2022 pour la seconde catégorie, y obtenant un score de 31,70 points.

Enfin, ce sont les sous-indices des catégories Vocational Training, qui englobe le niveau moyen de compétences, et Global Knowledge, qui cible les compétences de haut niveau et la productivité des talents, qui tirent la note globale du pays et son classement vers le haut. Toutefois, dans cette première catégorie, le Liban perd 14 places (74e en 2022 avec 42,85 points, contre 60e en 2021) et 9 places dans la seconde (55e en 2022 avec 24,72 points, contre 46e en 2021).


Encore un indicateur qui atteste de la dégradation de l’emploi et des conditions de vie au Liban. En un an, le pays a perdu 13 places au classement de la compétitivité des talents dans le monde (GTCI) de 2022, publié le 3 novembre par l’Insead (Institut européen d’administration des affaires), en collaboration avec Portulans Institute et Human Capital Leadership Institute. Le Liban...

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