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Nos Lecteurs ont la Parole

Deux spectacles : du courage, du talent et de l’audace

Nous avons eu le droit d’assister à deux spectacles qui coupent le souffle la semaine dernière.

Le premier était un one-woman-show, une mise en scène sombre mais audacieuse, une entrée des plus singulières et une performance surprenante.

Le second était une représentation spectaculaire, d’une beauté prodigieuse, tellement proche de la perfection qu’on dirait une image animée, un rêve prolongé, un tableau peint méticuleusement avec une palette de couleurs vives.

Deux spectacles, des femmes libanaises et un seul fil rouge : du courage, du talent et de l’audace.

Une Sally qui n’avait rien à perdre, qui s’est levée un bon matin du mois de septembre, dans un pays qui bouillonne, et a décidé, avec quelques potes, d’aller braquer une banque. Oui, aussi simple que ça, paraît-il, une Casa del papel version libanaise.

Peu importe les péripéties politiques autour de ce braquage, ce fait divers des plus surréalistes, cette science-fiction en plein cœur de Beyrouth est un merveilleux message sur l’héroïsme de la femme libanaise.

Nous l’avons souvent sous-estimée, avons négligé ses capacités et prise pour une créature faible et secondaire. Nous l’avons souvent associée à une puissance masculine : sœur de, fille de, femme de… alors qu’elle existe à part entière, indépendante, surprenante et autonome. Sally nous l’a prouvé et des « Sally » il en existe beaucoup, qui tous les jours, incarnent cette image au quotidien à travers leur rôle indispensable dans la société et les batailles qu’elles mènent en silence, ou pas.

Sally d’un côté avec un plan bien ficelé jusqu’au plus petit détail et les Mayyas de l’autre en ficelant des pas de danse comme de la couture, de la haute couture.

Des femmes de toutes les religions, de tous les coins de ce pays perdu, ruiné, oublié. Elles ont en commun le talent et la détermination, et avec cette formule gagnante on peut bouger des montagnes.

Nous les avons suivies, scotchés devant nos écrans, à jouer en boucle leurs performances, éblouis en soufflant des « wow » toutes les 2 secondes.

Les Mayyas ont rêvé car sans rêve le monde ne bouge pas… et elles ont bougé dans tous les sens, sur le plateau, dans nos têtes, pour pénétrer notre âme à travers ces chorégraphies singulières.

Des « Mayyas » il en existe beaucoup, des femmes talentueuses, déterminées, rêveuses et capables. Je les croise tous les jours, je les salue, je les respecte et qu’est-ce que ça change de cette image superficielle des blogueuses au contenu vide et insignifiant.

Un seul petit mot de fin aux artistes des deux spectacles : merci.

Merci d’avoir prouvé, encore une fois, au monde arabe et à la terre entière qu’on existe et qu’on existe trop. Ça peut intimider, déranger et menacer les uns, mais c’est une lueur d’espoir aux autres et une fierté inconcevable.

Pour toutes les femmes libanaises et arabes qui se lèvent le matin avec un petit cœur, en questionnant leur pouvoir, leur talent, leur détermination et leur courage, il suffit de penser aux « Sally » et « Mayyas » du monde en vous regardant dans le miroir et en criant avec toute l’énergie que vous cachez secrètement derrière cette féminité : je veux, je peux et je fonce !


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique Courrier n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, L’Orient-Le Jour offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires ni injurieux ni racistes.


Nous avons eu le droit d’assister à deux spectacles qui coupent le souffle la semaine dernière.Le premier était un one-woman-show, une mise en scène sombre mais audacieuse, une entrée des plus singulières et une performance surprenante.Le second était une représentation spectaculaire, d’une beauté prodigieuse, tellement proche de la perfection qu’on dirait une image animée, un...

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