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Campus - DISTINCTION

Le prix Sara Khatib à une jeune pharmacienne de la LAU

Loulwa Abi Saad, jeune diplômée en pharmacie de l’Université libano-américaine, est la récipiendaire de la récompense cette année pour son esprit combatif, sa force et sa résilience lors de la maladie de sa mère décédée des suites d’un cancer en 2020.

Le prix Sara Khatib à une jeune pharmacienne de la LAU

Adib et Rolla Khatib, de Look Forward: The Sara Khatib Cancer and Amputee Association, remettant le prix Sara Khatib à Loulwa Abi Saad (au milieu). Un prix annuel instauré en 2015 en mémoire de leur fille fauchée par un cancer à 22 ans. Photo DR

Voir sa propre mère se battre jusqu’au bout contre un ennemi aussi sournois et perfide que le cancer est une expérience à la fois épuisante et déchirante. Des moments faits de douleur souvent insoutenables mais que Loulwa Abi Saad a affrontés avec courage. En effet, en dépit des peines engendrées par cette épreuve, la jeune pharmacienne de 22 ans a réussi à accompagner et soutenir sa maman jusqu’à son dernier souffle tout en poursuivant sa formation en pharmacie à l’Université libano-américaine (LAU) et en s’occupant de l’officine de sa mère. Et c’est précisément pour ce courage infaillible et la détermination remarquable dont elle a fait preuve que cette jeune fille de Douma (Batroun) a reçu le Prix d’inspiration Sara Khatib. Une reconnaissance instaurée en 2015 par Look Forward: The Sara Khatib Cancer and Amputee Association, pour récompenser tout étudiant en pharmacie ayant fait preuve d’une attitude exemplaire, en mémoire de Sara Khatib, jeune étudiante en 4e année de pharmacie à la LAU fauchée à 22 ans par le cancer.

Ne pas baisser les bras

Diagnostiquée d’un cancer gastrique durant l’été 2019, Sabah, la maman de Loulwa, a succombé à ce mal neuf mois plus tard. Mais pendant ce temps, elle a eu une attitude extraordinaire face à sa maladie, la prenant de front. En effet, faisant le choix de ne pas bouleverser son quotidien, elle a décidé de continuer d’exercer son activité professionnelle en tant que pharmacienne dans sa propre officine à Dbayé, conciliant travail, traitements et rendez-vous médicaux tout en remplissant ses jours et semaines, et ce jusqu’aux deux derniers mois de sa vie qu’elle a passés à l’hôpital. Bien que dévastée par la perspective de perdre sa mère, Loulwa Abi Saad a refusé de laisser ces circonstances pénibles saper son moral ou son énergie. Tout comme sa maman. « C’était pendant ma quatrième année en pharmacie, l’année la plus importante mais aussi la plus difficile où les étudiants traversent une étape charnière et basculent vers les études spécialisées. Le programme devient alors dense », confie la jeune lauréate, en ajoutant : « J’ai commencé à aider maman dans tout ce qui a rapport aux finances, à la gestion, à l’inventaire. Elle m’a initiée aux bases de la profession mais est venu un moment où elle n’arrivait même pas à signer la paperasse », raconte-t-elle.

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« Durant tout ce temps, je l’ai accompagnée. Je lui donnais la toilette et à manger, je l’aidais dans ses besoins quotidiens, secondée par mon père et ma sœur qui est rentrée des États-Unis pour être présente à nos côtés. Parallèlement, je poursuivais mes études et mes tâches à l’officine. » À l’époque, alors que le confinement en raison de la pandémie pesait lourd sur le moral des gens, cette mesure représentait une aubaine pour Loulwa Abi Saad. « Cela me permettait d’éviter les allers-retours entre mon domicile à Adonis, la LAU à Byblos et la pharmacie à Dbayé, de poursuivre mes études et de travailler en ligne tout en restant auprès de ma mère », ajoute-t-elle. S’il est souvent fort ardu de survivre à la mort de l’un des parents, d’autant qu’à l’intérieur de soi, une part intime disparaît à jamais avec lui, faire son deuil ne veut en aucun cas dire oublier. « Suite à sa disparition, à un moment donné je me suis dit que je devais aller de l’avant, que j’avais besoin de tourner la page et ne plus regarder en arrière », explique-t-elle. « C’est grâce à l’appui de ma sœur, de mon père, de mon copain et de tous mes amis que j’ai réussi à traverser cette phase, à surmonter le sentiment de perte et de vide », a-t-elle encore précisé. Son diplôme en poche depuis le printemps passé, Loulwa n’a pas encore le droit d’exercer son métier, mais elle continue néanmoins son travail à l’officine familiale dans les coulisses où deux pharmaciens opèrent déjà. La jeune fille, qui se dit « extrêmement honorée » d’avoir été primée, croit dur comme fer que « tout arrive pour une raison ». Elle assure vouloir rester au pays, « en tout cas pour les cinq années à venir », glisse-t-elle. Le message qu’elle adresse aux jeunes Libanais ? « Garder toujours un état d’esprit positif, quoi qu’il arrive, viser haut et bosser dur. C’est notre unique arme. C’est notre seul espoir », conclut-elle.



Voir sa propre mère se battre jusqu’au bout contre un ennemi aussi sournois et perfide que le cancer est une expérience à la fois épuisante et déchirante. Des moments faits de douleur souvent insoutenables mais que Loulwa Abi Saad a affrontés avec courage. En effet, en dépit des peines engendrées par cette épreuve, la jeune pharmacienne de 22 ans a réussi à accompagner et soutenir...

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