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Campus - INCLUSION

Next Step AUB prépare les jeunes à besoins spécifiques au monde du travail

Depuis 2016, une formation offerte à l’AUB, d’une durée de trois ans, adaptée du programme américain The Life Centered Education, aide les jeunes ayant des handicaps à accroître leur autonomie.

Next Step AUB prépare les jeunes à besoins spécifiques au monde du travail

Cette formation permet aux jeunes ayant des besoins spécifiques de vivre l’expérience universitaire et leur offre des outils pour devenir autonomes et intégrer le marché du travail. Photo DR

Dans cette classe un peu particulière, deux professeurs et quatre étudiants volontaires de l’Université américaine de Beyrouth (AUB) expliquent patiemment aux 12 étudiants présents différentes notions liées à la vie quotidienne. Ces jeunes atteints de différents handicaps, telles la trisomie, la dyspraxie ou une déficience intellectuelle, écoutent les explications de leurs professeurs, pour capter ces concepts qui les aideront à mieux se préparer au monde qui les entoure. « À travers cette formation, nous voulons, d’une part, donner la chance à ces jeunes de vivre l’expérience universitaire et, de l’autre, leur offrir l’opportunité d’apprendre et de se former dans des filières de carrière qui répondent à leurs préférences et à leurs compétences, et surtout les munir d’outils qui les rendraient autonomes et leur permettraient d’avoir un emploi ultérieurement dans la société », explique Mona Agha Maktabi, directrice de la formation Next Step AUB. Étalé sur trois ans, le programme vise à répondre aux besoins individuels et au choix de carrière de chaque étudiant, en lui assurant les outils et les stratégies adaptés à sa condition. « Il a fallu pour cela adapter les cours en fonction des besoins de chacun, de son handicap et de la langue qu’il comprend », précise encore Mme Maktabi. « Certains assimilent par exemple plus facilement les notions lorsqu’elles sont basées sur le visuel, nous utilisons alors le dessin et les schémas graphiques. D’autres ne comprennent pas trop l’anglais, les étudiants volontaires de l’AUB qui secondent les professeurs se chargent alors de leur communiquer les explications dans leur langue maternelle. » La directrice du programme précise avoir également modifié « certaines notions utilisées dans le programme américain initial, pour les adapter à l’environnement et à la manière de vivre des jeunes Libanais ». « Aux États-Unis, les personnes ayant des déficiences mentales sont habituées à vivre seules, conduire et faire leurs courses, alors qu’au Liban, ces jeunes n’ont aucune indépendance et sont encore sous la protection de leurs parents. C’est cette autonomie que nous cherchons à leur procurer, pour les aider et surtout soulager leurs parents de l’angoisse qu’ils ressentent en ce qui concerne l’avenir de leurs enfants », poursuit-elle.

Étalé sur trois ans, le programme vise à répondre aux besoins individuels et au choix de carrière de chaque étudiant. Photo DR

Tous les diplômés de la 1re promotion sont actifs professionnellement

Pour être admis au programme, « les jeunes doivent être âgés de 18 ans, avoir au moins suivi des cours jusqu’à la classe de 7e dans une école spécialisée, et être capables de lire et d’écrire », précise Mme Maktabi, avant d’ajouter : « À la rentrée, ils devront passer une sorte de test qui évaluera leurs compétences et déterminera leurs capacités en matière de lecture et d’écriture. Ils passeront également un test psychique et physique à l’Hôpital américain de Beyrouth, pour déceler l’éventuelle présence de certains comportements violents qui risqueraient de perturber le déroulement de la classe. Par la suite, ils seront regroupés dans une même classe de 12 étudiants au maximum, divisés en binômes qui seront pris en charge par un professeur spécialisé, lesquels seront secondés par quatre étudiants de l’AUB. » Trois années durant ces jeunes seront formés aux métiers qui les attendent. « La première année, axée uniquement sur la théorie, vise à familiariser ces étudiants avec des notions de base qui ciblent la vie quotidienne, l’éducation à la citoyenneté, le respect de l’environnement, les règles de vie en groupe et en communauté. Ils seront également initiés à tout ce qui a trait au domaine de l’art, du sport, de la musique, de la danse, se familiariseront avec les outils d’internet, et apprendront à gérer leur budget et leurs finances », explique encore la responsable de la formation. Au cours de la deuxième année, ces jeunes entreprendront, deux jours par semaine, des stages dans des entreprises au Liban qui leur permettront de se confronter au monde réel du travail. Lors de cette formation dans les entreprises, l’équipe pédagogique et les professeurs, en collaboration avec les directeurs des stages, surveillent le bon déroulement de cette étape pratique, s’assurant que les jeunes stagiaires utilisent à bon escient toutes les compétences qu’ils ont acquises au cours de leur formation et qu’ils respectent les codes de travail qu’ils ont appris. « Les autres jours de la semaine, les étudiants poursuivront des cours théoriques dans le cadre desquels ils rencontreront des intervenants issus du monde professionnel : des médecins de l’AUB, des jeunes ayant déjà à leur actif des années d’expérience dans le domaine professionnel », poursuit Mme Maktabi. « Il y a quelques années, la société libanaise n’était pas encore prête à accepter des personnes à besoins spécifiques au sein de leurs entreprises et il a fallu batailler en 2016 pour changer le regard des gens et faire accepter ces jeunes », relève Mme Maktabi en précisant qu’aujourd’hui les choses ont changé. « Un grand nombre de sociétés a très vite réagi et a accepté de coopérer avec nous, en ouvrant les portes des entreprises : certains de ces jeunes ont travaillé dans des centres de diététique, d’autres dans des hôtels, d’autres encore au sein de la librairie ou de la cafétéria de l’AUB… » En 2020, les douze jeunes qui composent la première promotion ont obtenu leur licence après trois années d’études et se sont lancés dans le monde du travail. « Aujourd’hui, tous ces jeunes travaillent, et certains ont pu même réaliser leurs rêves, à l’instar de Zeina, une jeune femme atteinte de trisomie qui vient de lancer sur le marché sa gamme de produits de cup cakes. Cette réussite est notre plus grande fierté, et c’est cela le but de cette formation », conclut Mona Agha Maktabi.



Dans cette classe un peu particulière, deux professeurs et quatre étudiants volontaires de l’Université américaine de Beyrouth (AUB) expliquent patiemment aux 12 étudiants présents différentes notions liées à la vie quotidienne. Ces jeunes atteints de différents handicaps, telles la trisomie, la dyspraxie ou une déficience intellectuelle, écoutent les explications de leurs...

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