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Nos Lecteurs ont la Parole

Vous voulez oublier ce fameux 4 août messieurs ?

Vous croyez pouvoir effacer, deux ans plus tard, de votre mémoire (et de la nôtre) les 200 morts causés par votre négligence. Vous pensez pouvoir occulter les 6 500 blessés qui portent toujours en eux les séquelles de votre crime. Vous pensez pouvoir effacer aussi facilement de votre inconscient (et du nôtre) les hurlements de ces blessés baignant dans leur sang dans ces lambeaux de chair, effacer les larmes et l’inconsolable douleur des parents qui pleurent la perte de leurs enfants, oublier ces vieux que vous avez arrachés de leurs abris à la fin de leurs jours, parce que vous saviez et que vous n’avez rien fait ? Vous pensez pouvoir rayer de votre mémoire (et la nôtre) la vue de notre ville détruite, de ces immeubles éventrés, de ces rues délabrées ? Et deux ans plus tard, vous jubiliez de nous revoir prendre goût à la vie, vous jubiliez de voir ces jeunes danser à Batroun, s’éclater à Mar Mikhaël, eux qui ont été chassés de leur terre et privés de leurs rêves ! Vous jubiliez de nous voir, nous, ce vaillant peuple que nous sommes, ces battants qui aiment la vie, ces fonceurs qui se relèvent après chaque coup que vous nous assénez depuis trente ans, ces hommes et ces femmes qui soulagent la douleur des plus démunis, à votre place, calment la faim des autres et lancent à la face du monde le courage d’un peuple résilient qui poursuit sa vie comme si ce jour n’avait pas existé. Mais détrompez-vous messieurs. Ne vous fiez pas à nos apparences. Car derrière nos rires, gronde une immense colère. Derrière cette façade d’insouciance se terre la terrible rage d’un peuple meurtri et humilié. Derrière la joie de vivre de ces jeunes, se cache la fureur d’une jeunesse perdue et désespérée qui n’oublie pas que vous les avez arrachés de leurs terres et de leurs familles. Et même si vous cherchez à détruire de notre mémoire et de notre vue ces monuments de la mort que sont ces silos, ce 4 août restera longtemps, très longtemps gravé dans notre mémoire, car la vengeance d’un peuple à genoux et meurtri ne s’efface pas du jour au lendemain, la douleur des parents éplorés ne pardonne pas facilement ce crime commis à l’encontre de leurs enfants, jusqu’à ce que justice soit faite, jusqu’à ce que vous payiez le prix de votre silence. Alors ce jour-là, nous oublierons peut-être, mais nous ne pardonnerons jamais ce crime qui restera longtemps gravé dans nos mémoires et dans l’histoire de ce pays !

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique Courrier n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, L’Orient-Le Jour offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires ni injurieux ni racistes.


Vous croyez pouvoir effacer, deux ans plus tard, de votre mémoire (et de la nôtre) les 200 morts causés par votre négligence. Vous pensez pouvoir occulter les 6 500 blessés qui portent toujours en eux les séquelles de votre crime. Vous pensez pouvoir effacer aussi facilement de votre inconscient (et du nôtre) les hurlements de ces blessés baignant dans leur sang dans ces lambeaux de...

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